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Affichage des articles associés au libellé Guy Maddin

Dorota 1880

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  Exils # 124 (02/09/2025) En dépit du pronom, Mon XX ème siècle (Enyedi, 1989) n’appartient pas à un personnage, plutôt à sa cinéaste, même s’il ne s’agit ni d’un film historique ni d’un film autobiographique. En découvrant ce noir et blanc, on se dit revoici de l’ arty , du ciné usagé, du simulacre primé à Cannes. Mais le premier essai de cette réalisatrice et scénariste peu prolifique, universitaire et festivalière passée par Montpellier, mariée à un Allemand, le pays co-produit, ne se réduit Dieu merci à ceci, alors tant pis s’il (dé)tourne assez vite à vide, se termine entre deux rives livides, lent travelling avant à contre-pied de l’exposition éclatée. Au générique style La Femme publique (Żuławski, 1984) de l’obsolète Annette (2021), autre conte (« de fées ») méta qui peut laisser de bois, Carax remercie Béla Balázs (et « Edgard Allen Poe »), célèbre théoricien exilé de Berlin et fissa professeur au VGIK, au retour recadré par des autorités so...

The Parts You Lose : Après la tempête

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  « Syndrome de Stockholm » ? Communication laconique. Le cinéma contemporain, pas seulement américain, ne vaudrait rien ? Révisez vite votre jugement injuste en visionnant le valeureux The Parts You Lose (Christopher Cantwell, 2019), parties perdues qui ne vous feront pas perdre votre temps, même probablement affranchis de votre activité/profession, estimée non nécessaire à la Nation, par le contradictoire confinement. Ce premier opus prometteur, filmé de manière millimétrée, (dé)cadré idem , manifestation angoissante de l’isolement, du champ apaisant des possibles, appréciez l’art de la composition des plans en widescreen , tourné chez Guy Maddin, c’est-à-dire, précisons, à Winnipeg, dans le Manitoba, doublure délocalisée de nordiste Dakota, OK, s’inscrit au sein d’un sillage muni d’hommages, rempli d’outrages, je vous renvoie fissa vers Les Contrebandiers de Moonfleet (Fritz Lang, 1955), La Nuit du chasseur (Charles Laughton, itou) et Comme un c...

Détour : Doom

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Indy et son Temple of Doom  ; Al et son Euménide guère magnanime… À côté de Détour (Edgar G. Ulmer, 1945), Le facteur sonne toujours deux fois (Tay Garnett, 1946) confine à la comédie ; face au damné Tom Neal, John Garfield se déguise en gagnant et comparée à la bien nommée Ann Savage, Lana Turner se métamorphose en bonne sœur. Un « film noir » ? Une « femme fatale » ? Je me gausse des genres, je me fous des figures : Détour décrit un enfer miniature, dont la radicalité ne laisse pas de séduire ni de sidérer. Au sortir de la guerre, on devrait, victorieux, s’égayer, se divertir, « boire un verre », « manger un morceau », écouter une chanteuse heureuse au cabaret du coin, hein, de surcroît papoter avec le premier venu, supporter qu’il choisisse sur la machine du resto ce morceau, aussi maudit que la rengaine autant mémorielle de Casablanca (Michael Curtiz, 1942). Pour vous dévoyer du chemin de votre choix, vou...

Les Deux Anglaises et le Continent : Polaroïd de Charlotte Rampling

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Charlotte for ever , of course . Talentueuse, audacieuse, chaleureuse : trois épithètes parmi d’autres pour définir une actrice, une persona une femme. Charlotte Rampling vécut plusieurs vies, sur et au-delà de l’écran. Mannequin pour Helmut Newton, épouse de Jean-Michel Jarre, soutien de Nicolas Sarkozy (cherchez l’erreur) et, surtout, avant tout, collaboratrice de Visconti, Boorman, Liliana Cavani, Chéreau, Dick Richards, Boisset, Michael Anderson, Deray, Joy Fleury (ménage à trois entre Myriem Roussel & Andrzej Żuławski, oui, oui), Ōshima, Parker, Ozon, Cantet, Michael Caton-Jones, von Trier ou Maddin – liste chronologique et subjective, sa filmographie compte aussi des rencontres avec Lester, Annakin, Corman, Richard C. Sarafian, Adriano Celentano (Dio mio !), Ripstein, Allen, Lumet, Lelouch, Cacoyannis, Irvin, Tony Scott, Marion Hänsel, Michel Blanc, Mike Hodges, Jewison, Enki Bilal, Gianni Amelio, Dominik Moll, Julio Medem, Kassovitz fils, Maïwenn, Todd So...

Ulysse, souviens-toi ! : La Maison des otages

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Dans Le Loup des steppes , Harry Haller, au risque de perdre la raison, avec l’espoir d’une renaissance, ouvrait les portes innombrables de sa psyché ; dans le train fantôme de Maddin, le revenant pseudo-homérique parcourt une bâtisse un peu trop lisse, hélas… À notre Pénélope du Nord Genève, ses banques, son lac, sa placidité chocolatée à toute épreuve – la capitale des coucous ne connut jamais d’attentats autres que « pâtissiers », tel celui infligé à ce pauvre JLG – accueillait le week-end dernier la septième édition du Festival International du Film d’Auteur (FIFA, donc, mais rien à voir, on s’en doute, avec le foot , sport de millionnaires plébiscité par les prolétaires, y compris un certain Albert Camus). Cette manifestation élitiste, à l’aimable confidentialité au temps de l’hégémonique transparence numérique, regroupait un aréopage conséquent et représentatif : on y croisa ainsi le kolossal Michael Kaneke, le phobique (des transports) Lars von...