Articles

Affichage des articles associés au libellé Katy Perry

Folk : Je t’aime mélancolie

Image
Leroy ? La reine. I’ve looked at life from both sides now From win and lose and still somehow It’s life’s illusions I recall I really don’t know life at all Joni Mitchell Nolwenn émeut, ne reprend pas, réinvente, ne revient pas en arrière, va de l’avant, délivre un disque à écouter en boucle, ici et maintenant. On peut tricher en permanence, partout, à propos de tout, en politique, en matière de sentiment, pourtant la voix ne ment jamais, au microphone, au téléphone, nous identifie mieux que l’ADN. Tant pis pour les paresseux, les épiciers, Folk , sorti l’automne dernier, doré, à roder sur la route au mois de mars, ah, le temps passe, se caractérise par son absolue sincérité, sa grâce d’un autre âge. La fille de l’eau, certes celte, la fille du feu, sous le soleil noir nervalien, carbure à la mélancolie, c’est-à-dire se situe dans une perspective personnelle, partagée, un vrai point de vue sur la vie, le métier, de chanter, de vivre, rajoute Pavese, qui incl...

Dionysus : Le Chant des terres

Image
L’os dressé de Dionysos ? Un tendre feu lumineux. À Patrick Peillon, mélomane remercié En deux « actes » et trente-cinq minutes, DCD, tout sauf décédé, parvient à retrouver la valeur évocatrice de la musique, sa dimension mystérieuse, mélodieuse, de cérémonie intime. Certes, le tandem , il le reconnaît lui-même, ne prête point foi aux dieux, hélas pour ceux de l’antiquité grecque – en 1983, Paul Veyne s’interrogeait déjà, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ? Essai sur l’imagination constituante , répondait via la relativité de la vérité, de son « programme » historicisé, passons – mais qu’importe puisqu’il emporte l’auditeur vers des rivages crus abolis, au risque de l’inouï. N’écoutons pas les corbeaux révisionnistes remplis de cynisme : les découvertes de l’adolescence ne vieillissent pas toujours mal, Lisa Gerrard & Brendan Perry le démontrent assez superbement au sein de ce disque séduisant, stimulant, frémissant, auquel on pourrait peut...

Stop Making Sense : Control

Image
Au foot , 11 joueurs + 1 entraîneur ; au ciné mélodique, un groupe de 9 + 1 œil neuf.    Tandis que David Byrne me remémore un Ian Curtis délesté de ses tourments, que sa gestuelle substitue l’énergie à l’épilepsie, je me dis que Jonathan Demme sut en effet filmer cette (triple) prestation hollywoodienne, sise en décembre, des Talking Heads, que son documentaire mérite son excellente réputation, même si je ne raffole guère des superlatifs de saison, d’occasion, du style « le plus grand film de concert du monde », amen . Désormais en ligne et en 480 p, s’il vous plaît, Stop Making Sense débute par un générique en écho à Giacometti dû au spécialiste Pablo Ferro, qui s’auto-cite au service de Kubrick, revoyez donc celui de Docteur Folamour . Ensuite, le longiligne David entre en scène, littéralement, immaculé, en solo, accompagné d’une cassette de tempo (puis d’une console quasiment hors-champ). Un homme, une guitare, un micro , une caméra : voici D...

Une fille et des fusils

Image
Quelques écoutes estivales… Depeche Mode/ Spirit Un disque lumineux car d’une noirceur singulière, sans équivalent courant : cela pourrait s’avérer dépressif, complaisant ou suicidaire, ceci séduit immédiatement et stimule constamment. Même si Dave Gahan en solitaire (ou presque) ne démérite pas, les chansons désenchantées de Martin L. Gore, mécaniques, lyriques, mélancoliques et lucides, cartographient un monde absolument désespérant et désespéré – aucun secours ne viendra rédimer, adoucir, notre esprit depuis longtemps blessé, sali, enfui. Si l’on savait, surtout grâce à Kraftwerk, que les machines musicales possèdent aussi une âme, l’art poétique (et politique) de Depeche Mode trouve ici une sorte de sommet. L’édition limitée propose une seconde galette de remixes très anecdotiques + un luxueux livret signé Anton Corbijn, photographe fidèle et drolatique. Pour faire court, il s’agit d’un CD indispensable et de l’un des meilleurs albums parus cette année. ...

Salé, sucré

Image
L’écran e(s)t la carte. Let me take you Under candle light We can wine and dine A table for two And it’s okay If you take your time Eat with your hands, fine I’m on the menu Katy Perry, Bon Appétit Les mots, d’abord matière sonore, possèdent aussi un sens, éventuellement un goût, en bonne synesthésie rimbaldienne, et sans doute en eux-mêmes se trouve déjà la solution du problème, à tout le moins une possible réponse à cette interrogation métaphysique, voire gastronomique : pourquoi mange-t-on du pop-corn au cinéma ? D’ailleurs, l’on n’y grignota pas toujours cela, naguère, avant-guerre, disons la Seconde, mont(r)ée alors à vingt-quatre images par seconde en « actualités », même un peu après, des ouvreuses souriantes passaient entre les rangées, munies d’un petit panier en osier au lacet passé autour du cou, chaperons pas rouges et loin de leur mère-grand, dans lequel s’entassaient, sur le point de succomber à quelque obscure décongéla...

Et tu vivras dans la terreur

Image
Topographie de l’euphorie par un cartographe du désastre. Qui pourrait m’empêcher De tout entendre Quand la raison s’effondre À quel saint se vouer Qui peut prétendre Nous bercer dans son ventre Si la mort est un mystère La vie n’a rien de tendre Si le Ciel a un enfer Le Ciel peut bien m’attendre Dis-moi Dans ces vents contraires comment s’y prendre Plus rien n’a de sens plus rien ne va Mylène Farmer, Désenchantée Trois lieux caractérisent le vingtième siècle : la salle de cinéma, le parc d’attractions, le supermarché. Chacun représente et concrétise trois moments-avènements : la « société du spectacle », la « société des loisirs », la « société de consommation ». Avec des accommodements locaux, culturels, ce paradigme architectural déborde du cadre occidental pour s’étendre à l’ensemble de la planète. Une fois encore, l’esthétique rejoint le politique, l’économique le ludique, l’abondance la désespéran...