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Affichage des articles associés au libellé Statut de la Seconde Guerre mondiale

The Offence

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Faire des films efficaces, se rassurer sur sa sensibilité… Ma confirmation à la question : Yes it can, and should! Voici en VO un article assez intéressant, cristallisant un basculement, du « graphique » vers l’idéologique, sans cependant paraître s’apercevoir que l’organique procède du politique, que la représentation ne saurait se passer d’une réflexion, même a minima , même inconsciente. Figurez-vous que je lus jadis L’Oiseau bariolé concerné, désormais adapté, petit catalogue horrifique, didactique, à l’authenticité discutée, sans en être traumatisé, CQFD – Survivre avec les loups de la fallacieuse Misha Defonseca suivra d’ailleurs la voie. Oui, la relativité concerne aussi le scandale, la censure, et la transgression, terme très religieux, à la Georges Bataille, se métamorphose avec les années, les sociétés, mais choquer, être choqué, constitue encore un plaisir, comme le disait un certain Pasolini, expert en ce domaine, réputation payée au prix de sa vie. ...

La prochaine fois je viserai le cœur

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Énigme limpide des Euménides, calvaire du Captain Marvel  de Jim Starlin. Quand je me détendrai enfin, quand je presserai la détente à deux mains, je reverrai peut-être tous les films que je vis, les mille et une vies traversées au passé, qui me transpercent au présent. Quel littéral final cut  ! Quel instantané en accéléré ! Quel furtif récapitulatif ! Je me planquerai dans l’impasse à palmiers de Pacino. Je sauterai avec Sigourney enceinte de l’étranger au creux de son brasier. Je m’écroulerai dans la rue indifférente à côté de Ventura, pauvre papillon épinglé. Car regarder un film, finalement, a fortiori fiché horrifique, s’apparente à entrevoir un accident, lent travelling avant puis latéral vers le point d’impact, la « scène du crime », la « scène primitive », la sculpture impure qui cristallise la collision et immortalise un événement évident, irréversible. Art mimétique, art funéraire, le cinéma représente le monde et la mort,...

Barbara : Métamorphoses du cinéma méta

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Méta quoi ? Mettons-nous au parfum métaphysique… À Michel Feur et tant pis pour le maestro Federico Le cinéma aime le cinéma et sans doute s’aime-t-il davantage que le monde alentour puisqu’il ne cesse de lui substituer le sien. Franchement, le cinéma méta en soi, cela nous passionne autant que les suppléments souvent navrants de DVD, que les doctes discours des critiques, des spécialistes, des exégètes, plus pitoyables que les proverbiaux « professionnels de la professions » ( copyright à JLG, on le sait), durant leur exercice de dérisoire délivrance du « sens », du « message », de la valeur et de la genèse des œuvres, ou que les risibles selfies d’adulescents sur liste d’attente (Emmanuelle Béart, missionnaire impossible, se prend dorénavant pour Sharon Stone, la pauvre). Le narcissisme du nombril en gros plan, contrepartie narrative des minables cérémonies onanistes et incestueuses du type Oscars ou César, laissons-le bien volontiers...

Terminus : Divagations à propos d’un évanouissement

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The End, Ende, Fine, Fin, enfin… Puis la mention polyglotte disparut, suivie bientôt par le générique d’ouverture et/ou de fermeture. Comme si le mot de la fin littéralement ne revenait plus à l’écran. Comme si la tautologie lexicale s’ouvrait sur un infini au-delà de la salle. Comme si la liste des artisans, pas encore intermittents, n’intéressait personne si pressé de sortir du mausolée. Le rite funéraire du cinéma se passerait donc désormais d’épitaphe. La fin, a fortiori définitive, il fallait la chercher ailleurs, par exemple à Auschwitz ou à Hiroshima. Ici et là l’Histoire mit fin à toutes les histoires. Le traumatisme insurpassable mit un terme à toutes les formes d’humanisme et démontra à l’humanité sa malédiction, sinon sa disparition. Le cinéma sismographe ne pouvait pas ne pas enregistrer cette césure du siècle, abjecte, inédite et vertigineuse. Gardons-nous cependant de l’identifier en naissance de sa modernité, rappelons-nous des prouesses et des promesses du m...

Train de vie : Notes sur les embarquements permanents

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Billet tapé à défaut d’être composté…  Une gare, c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien. Emmanuel Macron Le cinéma n’existe pas, pas encore. Le cinéma n’existe déjà plus, projection de progéria. Ce qu’il reste du cinéma ? Des films d’hier et d’aujourd’hui, tonneau (tombeau) des Danaïdes du mercredi. Le terrorisme en temps réel, les ouragans outre-mer, la Corée du Nord remakant Docteur Folamour  : absolument rien ne saurait abolir l’inanité sonore et guère mallarméenne des sorties inexorables ni le dédale de la Toile planétaire aux faux airs de somnifères. Demeurent en outre des gares, des trains, des trajets, reliquats de révolution dite industrielle, de dix-neuvième siècle obsolète, de transhumance de classes en masse, concurrencés par la route individualiste, voire le covoiturage à la page, bientôt gageons la téléportation façon Monsieur Spock et désormais l’ubiquité du cellulaire. Le cinéma, surtout méta, aim...

Le Débarquement au cinéma : Les Conquérants

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06/06/1944 – « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » Si, si, des paras, des soldats, une certaine idée du cinéma ! De cet album mémoriel, commémoratif, amnésique – rien, absolument rien, sur le second débarquement, culturel, cinématographique, sociétal, comme si les accords Blum-Byrnes de 1946 sur la distribution ne signifiaient rien, comme si les « US, go home ! » proférés une trentaine d’années après, ailleurs et au pays libéré, pas vainqueur, guère résistant, un chouïa culpabilisant, malgré la doxa gaulliste, des colonies, de Vichy (de son « syndrome », clôt en coda l’inévitable Marc Ferro), de la guerre d’Algérie, restaient sans portée, sans actualité –, sympathique et anecdotique, bien et plaisamment illustré (« photos inédites de La Grande Vadrouille » claironne la couverture cartonnée, vérité avérée puisque Danièle Thompson se fend de quelques tirages en noir et blanc de sa personnelle collection), on choi...

Le Musée juif de Berlin : Entre les lignes : Le Ventre de l’architecte

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Stan Neumann et Richard Copans. En vingt-sept minutes, visite d’un espace dissimulé, brisé, hanté, évidé, guidé en voix off par François Marthouret. Durant un plan solaire d’ombres et de lumière, une porte semble s’ouvrir, alors que la caméra, en réalité, se déplace et contourne un mur. Entre les verticales fatales, le réseau dynamique des diagonales, double abîme de béton et de métal, on aperçoit de la verdure, respiration vivante imprévue, (in)congrue. Cut sur des plans en noir et blanc du cimetière hébraïque (et berlinois) de Weissensee, tombes à l’abandon, certaines sans inscription, recouvertes de lierre, désert solitaire d’un calme désastre. Nul ne viendra plus identifier, remplir, les plaques pragmatiques et prophétiques. Puis l’architecte (débuts de Daniel Libeskind, avant le Run Run Shaw Creative Media Centre de HK et l’Occitanie toulousaine contemporaine, son esprit-ventre substitu...