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Affichage des articles associés au libellé Fritz Lang

Quelque chose de Carroll

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  Exils # 212 (24/06/2026) « Un film pour enfants – peut-être » déclare en introduction la blondinette et le titre d’origine affirme « Quelque chose d’Alice ». Švankmajer revisite l’imagerie un peu vite classée surréaliste de l’increvable Carroll, se fiche de Disney, oublions le Burton, adaptation pénible, coda capitaliste. S’il fallait trouver un équivalent au métrage entre hommage et outrage, on penserait plutôt à L’Homme qui rétrécit  : ici aussi la taille de l’héroïne déraille et dérive, sacré kolatch, une sourde menace bien bruitée, non musiquée, accompagne le parcours grotesque, cauchemardesque, auquel on accède à l’aide d’une table à écrire, à dessiner, au tiroir autant profond que le vide puis disparu horizon. A contrario des parents inquiétants de Coraline , la famille d’Alice n’existe, lectrice au cou coupé du prologue morose, s’y substitue un bestiaire en huis clos, animé comme il faut, avec une virtuosité à la fois familière et remplie d’étr...

L’Homme qui n’en savait pas assez

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  Exils # 207 (15/06/2026)   Une vingtaine d’années avant La Maison du docteur Edwardes , Les Mystères d’une âme (1926) relève de l’enquête existentielle autant que promotionnelle. Le sous-titre « film psychanalytique » indique assez de quelle méthodologie il s’agit, tandis que le métrage se livre en définitive à une lecture réflexive de ses propres images. Si le psy de service et complice ne reçoit qu’autour de midi, l’ item muet exhumé dure moins d’une heure et demie, le temps de donner à comprendre au spectateur de quoi il retourne, de quoi ce fameux et fumeux « refoulé » se fait, à savoir un cas sympa puisque sans crime de jalousie maladive, associé illico à une « phobie des couteaux », ustensile of course phallique ou homo molto. Tout ceci, souvent risible, mention spéciale à la séquence onirique et optique, qui déploie les farces et attrapes d’un symbolisme patraque, aussi scolaire que celle de Dalí aux sports d’hiver, évoque une sorte d...

Zeman I Love

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  Exils # 190 (23/04/2026) Aventures fantastiques (1958) mérite son titre, alternatifs aussi, The Fabulous World of Jules Verne et L’Invention diabolique , traduction explicite du pragmatique intitulé d’origine, auquel le fidèle Invention for Destruction rend justice en rime. Il s’agit en résumé, en bon français, d’une sorte de best of de l’univers vernesque, basé sur un roman méconnu, oublié, cause de procès, le pacifiste Face au drapeau , lui-même synthèse de plusieurs et plus célèbres prédécesseurs, aux personnages au passage cités dès le prologue en voix off . Avant de s’aventurer vers une île forcément mystérieuse, volcan en toc, tant pis pour Empédocle, ce classique à succès, un peu partout récompensé, adoubé de Bazin & Resnais, apprécié par Pauline (Kael), débute dans un asile, comme Le Cabinet du docteur Caligari (Wiene, 1920), se souvient bien sûr de Méliès, autre adaptateur classé « libre », adresse des clins d’œil à la pieuvre de Vingt Mille Lieues s...

La Croix et la Théière

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  Exils # 185 (01/04/2026) Socrate but la ciguë, Ogin déguste un dernier thé en famille, avant d’aller assiégée se suicider, une croix autour du cou. Sixième et ultime film de l’une des muses de Mizoguchi, ce mélodrame sentimental sur fond de (mauvaise) foi ne déçoit, brûle à feu lent, devient émouvant. Une telle intrigue d’intrigues (re)liées incitait au féminisme facile, à la misandrie jolie, Tanaka ne succombe à ces écueils-là, au contraire de son anti-héroïne forte et fière, au sacrifice in fine accepté, au culte occulté. Mademoiselle Ogin (1962) ne décrit une société passée régie par la domination dite masculine, dessine en huis clos, en studio, un vrai-faux vaudeville tragique et catholique, où des hommes exercent certes un pouvoir inique, où d’autres, heureusement, souhaitent le libre « bonheur » d’une femme fréquentable, capables de verser des larmes, fraternelles au sens figuré puis premier du terme. Le mari démuni, tenté de violenter sa moitié glacée, surocc...

Couronne ou Caroline

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  Exils # 181 (17/03/2026) Un p’tit truc en plus multiplie les « putain » ; Le Voyage fantastique de Sinbad (1973) accumule les « Allah ». Cet islam de nocturne conte oriental arbore des Arabes aux yeux bleus. Le féminisme s’y affiche, affranchissement confiant, traversée partagée du tumulte occulte, in extremis mariage à l’écart du pouvoir, puisqu’un « roi jamais libre » en définitive, a fortiori d’épouser celle qu’il « prend plaisir (réciproque) à regarder ». Il convient d’ajouter que le voyageur et « voleur » conquiert le cœur (et le corps, et quel corps) de Caroline, qui relativise (dévitalise) toutes les connes couronnes. « La magie purge l’âme » mais l’amour aussi, sorcellerie laïque à laquelle le souple couple Law & Munro confère sans forcer un romantisme pragmatique, physique, mâtiné de respect, humoristique « s’il te plaît ». L’œil peint sur la paume de Margiana, trois ans avant Sur le glo...

La Fille et la Forêt

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  Exils # 156 (14/01/2026) Brillant brouillon de Princesse Monoké (Miyazaki, 1997), Nausicaä de la vallée du vent (Miyazaki, 1984) se révèle vite un film de science-fiction et d’animation sous influence française et américaine, reprenant d’évidents éléments de La Planète sauvage (Laloux, 1973) et de Dune . Il évoque aussi Lawrence d’Arabie (Lean, 1962), La Vallée perdue (Clavell, 1971) et, titre compris, Le vent se lève (2013). Placé sous le double signe sinistre de la « pollution » puis de l’atomisation, mis en abyme dès le générique de la tapisserie prophétique, il s’agit d’un film dont le pacifisme animiste transforme in extremis le messianisme promis en féminisme œcuménique. Orpheline puisque parricide, sympa Yupa ou pas, la guerrière pubère prend peur et conscience de sa propre « violence », se convertit à la diplomatie, au final se « sacrifie » – et ressuscite à la suite d’une lévitation digne du spécialiste Tarkovski ( Le Miroir , 1975...

Jetons et Dragons

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  Exils # 147 (04/12/2025) On se doute de la tête des cadres de Disney à la projo privée, surtout la scène du pied princier, par la bête bien bouffé. On entend itou parler de virginité, on entrevoit sous l’eau une nageuse nue : Le Dragon du lac de feu (Robbins, 1981) s’inscrit ainsi dans le sillage de longs métrages disons adultes, au modéré tumulte, à l’instar du Trou noir (Nelson, 1979), des Yeux de la forêt (Hough, 1980), de La Foire des ténèbres (Clayton, 1983). Si le périple initiatique, à grande lance fissa phallique, dont le nom duplique le titre d’origine ( Dragonslayer , Buffy opine), réutilise une ressassée structure mythique ; si la créature en question, détruite en définitive via un « sorcier en apprentissage » (cf. Fantasia , 1940), avec le concours de son mentor déjà mort ( Sir Ralph Richardson cachetonne, ressuscite le Moïse de DeMille) et d’une chouette amulette, procède d’un bestiaire culturel et religieux fameux ; si l’issue ne sem...

La vie est belle à Vienne

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  Exils # 139 (12/11/2025) Sans emploi et sans toit, le quidam de mélodrame, soi-disant « Jean Durand », décide recta d’un suicide à la Capra, sauve in situ la désespérée bienvenue, qui le secourt à son tour, n’en déplaise aux féministes contemptrices du motif de la « demoiselle en détresse », lesquelles soulignent le double outrage du vrai-faux mariage, l’époux « protège », l’épouse « obéit », eh oui. Après cette plongée en replay , puisque récompense à la clé, billet policier et frais transférés, notre jeune « couple de (non) mariés », condition d’annonce, astuce d’alliances pas chères, répond donc à l’impératif programmatique du titre, parcourt un périple épisodique plus hédoniste que marxiste. Gardez le sourire (Fejos, 1933) fait souvent sourire, en intérieurs et en extérieurs respire, porté par un tandem amène, candide « Gustave Froehlich » & Annabella en réel « rayon de soleil », nom de baptême ...

Clair obscur

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  Exils # 133 (13/10/2025) Dans sa biographie de l’« auteur de films », mention (im)précise de plaque commémorative, à l’intitulé contradictoire ( Le Mystère René Clair ), Pierre Billard parle à juste titre de « morale libertaire », rappelle que le cinéaste répugnait au message, c’est-à-dire au film homonyme, cite l’auto-critique de l’intéressé « ironique » : « ambitieux mais écrit et réalisé trop vite ». Ressorti et à peine retouché en 1951, désormais restauré, disponible en ligne, À nous la liberté (1931) assume sa légèreté, son irresponsabilité, sa sécession en chansons. Sympathique et un peu vain, il dure une heure vingt, héritier du muet, exploitant le parlant, donc le son, accessoire réflexif du phonographe inclus. Escorté d’une dream team peu propice à la déprime, Auric à la musique, Meerson aux décors, Périnal à la photographie, l’« écrivain » dispose d’une caméra plus mobile que celle de Chaplin, vrai-faux plagiai...

L’Ombre et la Couronne

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  Exils # 106 (06/05/2025) « Il n’y guère de quoi rire » parmi « l’hystérie » maccarthyste, mais la « comédie » à moitié terminée sur les larmes du gamin renouvelle une trouvaille originelle ( L’Arroseur arrosé , Lumière, 1895) pour laver le sale procès. Au cabaret où ne craquer, gaffe à l’effroyable lifting, un tandem de mecs retravaille l’increvable modèle de la tarte à la crème. Voici du physique, du slapstick , comme un effort encore, avant de revenir en volant vers la patrie révolutionnée, volée, décor et hublot de studio, truquage de paysage d’un autre âge. Certes le scénariste/réalisateur/acteur/producteur/compositeur ridiculise sa cible, (dé)montre l’immoralisme de la « Commission » à la con, ne pratique cependant le prosélytisme, « roi et communiste » impossible indeed , jadis déjà le drapeau rouge ramassé, en tête de cortège porté, ne consistait à être encarté ( Les Temps modernes , 1936). Ironie terrible et au carré,...

L’Évangile selon saint Mars

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  Exils # 92 (13/03/2025) Après quatre années de « boucherie héroïque », voici enfin un film pacifiste, entre utopie et pédagogie : A Trip to Mars ( aka Le Vaisseau du ciel , Holger-Madsen, 1918). Ici la science-fiction s’associe au sermon, non pas de manière imposante et menaçante ( Le Jour où la Terre s’arrêta , Wise, 1951), mais au sein très sain d’une communauté costumée, remplie de ruralité, de sérénité, sorte d’antidote aux sectes suspectes de The Wicker Man (Hardy, 1973) ou Midsommar (Aster, 2019). Ces Martiens aux traits humains s’avèrent végétariens et leur justice rapide tout sauf expéditive. Pas de prison à l’horizon, sinon en mentale incrustation, plutôt une barque dépourvue de Charon, une « île des morts » plus ancienne que celle du spécialiste Zelazny, où apprécier en compagnie de spectres immaculés un preste « happiness of death ». Pendant le premier des deux uniques travellings du titre, la caméra s’avance vers un écran dan...

Le Clan des clandestins

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  Exils 90 (28/02/2025) L’identité, surtout celle d’un exilé, ne tient à rien ou à peu, à une couleur ou à une coupe de cheveux. Lorsqu’en coda Nino revoit Elena, on ne la reconnaît presque pas, son front dégagé durcit ses traits. L’Italien toujours sur le point de partir, de revenir, ô gare, ô désespoir, arbore une crinière bicolore, un pansement blanc, des cicatrices sombres : peu de temps avant, il fracassait sa face dans un miroir de bar, sillage de match de foot à la TV, de supporters insultant l’équipe transalpine (« pourris » et « chiens » parce qu’ils le valent bien), de méprise homophobe (« Je ne suis pas une tante » qu’il se lamente). Si le blondinet adore d’abord l’imposture de sa teinture, paraît enfin trouver sa place et trouver grâce auprès des indigènes germanophones, gueule parmi la meute, « à Rome fais comme les Romains », crétin, il ne résiste au cri, au « goal » de sa gorge, instant surdécoupé de silenc...

Drôle de Tram

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  Exils # 76 (28/01/2025) Défense d’Enfers, embarcation à la Charon : chez Hadès on ne baise, si tu forniques tu te fais fissa refroidir, cf. la justice expéditive réservée au toubib abuseur, à ses « salope » de cloporte. De la petite mort à la grande, il suffit dans le métro de descendre, de monter dans une tour, de troquer le béton qui trop « rend marteau » contre une campagne sépulcrale. Se mettre au vert sent le sapin, personne n’échappe au Destin, y compris un pékin kafkaïen, doté d’un cran d’arrêt à donner de « drôles d’idées », alourdi d’une hitchcockienne culpabilité d’altérité. Le chômeur en quête de contact patraque se demande s’il planta le comptable, un suicidaire l’en assure, l’héritière altière au cabriolet corbillard venge en définitive son père. Avant de se retrouver à faire du tir au pigeon sur le pont de Brion, de naviguer sur les gorges de l’Ébron, Alphonse croise un flic en train d’emménager, porté sur la conserve de cassoulet, la vio...

Les Bonheurs de Sophie

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  Exils # 30 (19/04/2024) D’un château l’autre, disait Céline : après le (tout) premier, du comte Cagliostro, en 1979, ensuite celui déjà dans le ciel (1986), proie de pirates, voici la piaule de Howl, le personnage au nom très connoté de la romancière anglaise Diane Wynne Jones, devenu en France Hurle et au Japon Hauru. Emily Brontë doublerait ainsi Allen Ginsberg, hurlement (et Hurlevent) en tandem  ? Plutôt l’écho illico des Aventures fantastiques du baron Münchhausen (von Báky, 1943), plaisante pièce montée européenne, allemande et non alsacienne, préférable à l’épuisant et indigeste pudding suiviste de Gilliam (1988), sorti pendant un autre conflit, la Seconde hécatombe substituée à l’Irak patraque, au creux duquel retrouver, outre le magicien italien précité, supposé, le même mélange pas si étrange de guerre et de paix, de féminisme soft et de reversement du vieillissement, et d’airs explorés, d’amants éplorés. Miyazaki connaissait-il tout ceci ? Peu imp...

L’Angélique et l’Hypnotique

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  Exils # 26 (20/03/2024) Pour Catherine presque Portinari L’Eucharistie inversant, cannibalisme adjacent, le cinéma désincarne le monde, le réduit à un (im)pur esprit. Parmi la forêt des films, pétrifiée, néanmoins animée, mobilis de l’immobilité, Nemo KO, jadis suites d’images pelliculées pas si sages, désormais fichiers de données numérisées, plus rien ne prend corps, ne (se) sent encore, y compris au creux des trois imageries, des belles âmes bien sûr honnies, de l’horreur, du mélodrame et de la pornographie, cependant censées carburer au sang, à la sueur, au sperme et aux larmes. Entre apparence de résistance au virtuel à la pelle, au simulacre matraque, et gadgets obsolètes, Odorama et tout le tralala, le ciné se bouche le nez, assume sa sinusite chronique, tant pis pour la poignée d’Italiens un brin malsains portés sur la coprophilie, revoyez vite avant de mourir, de vomir, les cadavres excrémentiels et exquis de Ferreri ( La Grande Bouffe , 1973) & Pasolini ( Sal...