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Affichage des articles associés au libellé Tim Whelan

Couronne ou Caroline

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  Exils # 181 (17/03/2026) Un p’tit truc en plus multiplie les « putain » ; Le Voyage fantastique de Sinbad (1973) accumule les « Allah ». Cet islam de nocturne conte oriental arbore des Arabes aux yeux bleus. Le féminisme s’y affiche, affranchissement confiant, traversée partagée du tumulte occulte, in extremis mariage à l’écart du pouvoir, puisqu’un « roi jamais libre » en définitive, a fortiori d’épouser celle qu’il « prend plaisir (réciproque) à regarder ». Il convient d’ajouter que le voyageur et « voleur » conquiert le cœur (et le corps, et quel corps) de Caroline, qui relativise (dévitalise) toutes les connes couronnes. « La magie purge l’âme » mais l’amour aussi, sorcellerie laïque à laquelle le souple couple Law & Munro confère sans forcer un romantisme pragmatique, physique, mâtiné de respect, humoristique « s’il te plaît ». L’œil peint sur la paume de Margiana, trois ans avant Sur le glo...

L’Ombre et la Couronne

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  Exils # 106 (06/05/2025) « Il n’y guère de quoi rire » parmi « l’hystérie » maccarthyste, mais la « comédie » à moitié terminée sur les larmes du gamin renouvelle une trouvaille originelle ( L’Arroseur arrosé , Lumière, 1895) pour laver le sale procès. Au cabaret où ne craquer, gaffe à l’effroyable lifting, un tandem de mecs retravaille l’increvable modèle de la tarte à la crème. Voici du physique, du slapstick , comme un effort encore, avant de revenir en volant vers la patrie révolutionnée, volée, décor et hublot de studio, truquage de paysage d’un autre âge. Certes le scénariste/réalisateur/acteur/producteur/compositeur ridiculise sa cible, (dé)montre l’immoralisme de la « Commission » à la con, ne pratique cependant le prosélytisme, « roi et communiste » impossible indeed , jadis déjà le drapeau rouge ramassé, en tête de cortège porté, ne consistait à être encarté ( Les Temps modernes , 1936). Ironie terrible et au carré,...

L’Homme de la tour Eiffel

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  Un métrage, une image : De l’or en barres (1951) Heureux ne rend l’argent assurent les riches aux démunis qu’ils dévalisent et De l’or en barres , au demeurant aimable et estimable comédie, ne les contredit. Débuté par une prodigalité drolatique et tragique, à quoi tient la popularité, à une poignée de billets, l’ opus lui-même à succès du cinéaste-scénariste de Un poisson nommé Wanda (1988), bien avant du co-monteur du Voleur de Bagdad (Berger, Powell, Whelan, 1940), s’achève via un dessillement du spectateur-auditeur, le pseudo-cerveau évadé à Rio en vérité à son interlocuteur-confesseur menotté, amen . Moralité morale, où quatre hommes non misérables convoitent en réunion, sur sélection, selon l’urgente occasion, l’enviable ou vaine, voire vilaine, belle vie, loin de l’ennui, du gris, des lendemains bientôt very angry ( young men , cinema ) de la guerrière pénurie, sans voir ni s’apercevoir que les vraies valeurs, n’en déplaise aux voleurs, professionnels ou amat...

Le Voleur de Bagdad : Le Prince oublié

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Raoul Walsh. Raoul Walsh n’est pas quelqu’un dont nous avons envie de parler au passé. Jean-Patrick Manchette D’emblée didactique, doté d’une délectable direction artistique, Le Voleur de Bagdad (Raoul Walsh, 1924) s’avère en sus un ouvrage exotique, un opus politique. Il commence comme Fog (John Carpenter, 1980), c’est-à-dire par une mise en abyme de la situation du spectateur, gamin guère gredin, auquel un immaculé imam destine un conte moral, le film lui-même, dont le résumé s’inscrit sur un ciel étoilé, à l’instar d’une leçon de vie sur un tableau noir d’écolier. Le bonheur, ça se mérite, ça nécessite une « poursuite », étasunienne caractéristique, aimant d’immigrants, chez Charlie Chaplin, Elia Kazan ou James Gray, allez. Souple et espiègle, le détrousseur charmeur écoute son cœur, en repenti se convertit, ressemble à Persée, Siegfried ou Ulysse, délocalisés en Irak. Pour sa princesse à pro...

The Devil Rides Out : La Chevauchée fantastique

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Révéler les vices de la high society  ? User de sa caméra en admirable sorcier. En 1968, une véritable révolution advient, au moins au cinéma : l’irremplaçable Christopher Lee passe du côté du crucifix, fout le bazar dans une messe noire, parvient à renverser le Temps, à revenir en arrière, tel Superman chez Richard Donner (1978). La Cité des morts (John Llewellyn Moxey, 1960) semble enterrée, son professeur-pourvoyeur enfin conjuré. Le changement de registre, héroïque au lieu de maléfique, affecte itou Terence Fisher, qui découvre le zoom , les transparences, le ralenti, les gros plans (de visages). Adieu au Scope et bienvenue à un pragmatisme pertinent, une efficacité en partie possédée, terme idoine, par l’esthétique express , désargentée, de la TV. Si The Devil Rides Out peut parfois rappeler un épisode en mode sataniste de Chapeau melon et bottes de cuir , série contemporaine, portée par un identique humour very britannique, la chevauchée en effet fantastique...

Le Tigre du Bengale : Europa

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Fritz Lang. Film d’architecte sur un architecte, comme (presque) Metropolis d’ailleurs, Le Tigre du Bengale interroge en outre l’identité indienne à la rencontre de l’Europe. L’Inde ? Deux tigres, dit la danseuse sacrée, rescapée du « mangeur d’hommes » (et de femmes, donc), dont le visage blanc se reflète sur l’eau intérieure. Son soupirant allemand lui exprime ses origines étrangères, une (funèbre) ballade irlandaise remémorée + une guitare paternelle pour preuves évidentes. Quant à l’entourage comploteur (laïc/religieux) du type à turban, il ne supporte guère sa présence exogène et moins encore l’importation de coutumes-réformes lointaines. Avec malice, le récit (d’après Thea von Harbou) inverse l’exotisme attendu, sinon convenu : voici le souverain veuf contaminé par des sentiments ( a priori ) d’ici, la jalousie puis l’impatience (d’une double vengeance d’amour univoque et d’amitié tr...

Le Voleur de Bagdad : Le Petit Prince a dit

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Ludwig Berger, Michael Powell et Tim Whelan. « Il faut être prudent à Bagdad » : l’avertissement vaut toujours, mon amour, soixante-dix-sept ans après, sans Saddam, n’empêche, Daech. Il ne faut pas chercher, en petit propriétaire critique, à qui appartient Le Voleur de Bagdad (aux Korda, OK , pas que), car il appartient à tous les cinéphiles. Par contre, il convient de le chérir, de le donner à lire. Ouvre le coffre, explore la salle du trésor – que vois-tu, dis-moi ? Je vois un film enchanteur et enchanté qui ne pouvait être produit qu’en temps de guerre, quand l’imaginaire s’avère une nécessité, non plus un passe-temps de parvenus. Je vois un film méta qui démontre que « voir, c’est croire », en effet, un conte de fées enturbannées (voile de la religion) peuplé d’yeux amoureux (ou cyclopéen, apposé sur la proue d’un navire violet), de vrais regards (énamourés), de reflets narciss...

Vedettes du pavé : La Môme

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Un ogre tendre, une charmante voleuse, un musicien lucide : exhumons un plaisant trio étonnamment « moderne », dont la « petite musique » un peu triste précède un grand désastre… Certes, il manque à cette réponse insulaire à Une étoile est née (l’original de 1937) un vrai regard de cinéaste (on ne se souvient aujourd'hui de l’américain Tim Whelan que comme co-réalisateur du Voleur de Bagdad , coincé entre les écrasants Korda & Powell, aux parcours davantage glorieux, ou William Cameron Menzies et Ludwig Berger, bien moins renommés) ; cependant, même modestement servi , le duo Vivien Leigh/Charles Laughton (Rex Harrison, sans une seule fausse note, apparaît plus effacé en compositeur et rival) séduit, alors que les acteurs, semble-t-il, se « détestèrent cordialement », selon l'expression d'usage et les biographes indélicats, l’occasion de saluer leur talent de professionnels (l’une des répliques du métrage) n’en laissant rien...