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Affichage des articles associés au libellé Stephen Frears

John Weak

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  Exils # 70 (15/01/2025) À Franck Construit en boucle bouclée, John Wick (Stahelski, 2014) s’ouvre sur un souvenir doux-amer sur cellulaire : une Eurydice marine, plus animée que le spectre en replay de La Jetée (Marker, 62), demande à l’amoureux désormais en sursis s’il la filme. Ensuite des inserts silencieux annoncent et donc redisent le désastre intime d’un décès prématuré. Confrère d’Orphée de film endeuillé, l’ancien assassin rédimé selon sa dame de mélodrame se voit vite offrir un toutou d’outre-tombe, manière de demeurer au monde, puisqu’une Mustang bientôt volée ne suffit à se maintenir en vie. Dans l’ Odyssée , Argos reconnaissait son maître déguisé, lui-même dépourvu de pitié envers d’entreprenants prétendants. Wick ne s’avère pas si « vulnérable » que le lui dit la barmaid amicale, retourne en arrière, au royaume des Enfers, surtout celui d’une mafia russe moins tatouée mais autant tourmentée que celle des Promesses de l’ombre (Cronenberg, 200...

Jason X

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  Un métrage, une image : La mort sera si douce (1990)   Thompson au ciné, ancienne histoire, on le sait, depuis les scripts coécrits de L'Ultime Razzia (1956)/ Les Sentiers de la gloire (1957), d’après deux romans précédents, point les siens, jusqu’aux incontournables Guet-apens (Peckinpah, 1972), Série noire (Corneau + Perec, 1979), Coup de torchon (Tavernier, 1981), modèles de fidélité infidèle, voire l’inverse, en passant par les plus davantage dispensables Guet-apens (Donaldson, 1994), Liens secrets (Oblowitz, 1997), The Killer Inside Me (Winterbottom, 2010), n’omettons de mentionner une curiosité intitulée Hit Me (Shainberg, 1996), avec Elias Koteas & Laure Marsac. En 1990 sortit aussi le remarquable et remarqué Les Arnaqueurs de Frears, scénarisé selon le spécialiste Westlake, produit aux bons soins d’un certain Scorsese, au terme duquel le trop sentimental et un peu incestueux Cusack succombait à son implacable maman, donc Anjelica Huston, dé...

L’Idole d’Acapulco

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  Un métrage, une image : Buster (1988) De ce buster ni block ni ghost , même si Collins y casse une vitrine, y vole un costard, on connaissait surtout une célèbre chanson sentimentale, coécrite par deux dames, Toni Wine & Carole Bayer Sager, sur une mélodie mimi de Muzio Clementi, thème de double départ, instrumental et vocal, ici servi par les cordes ad hoc d’Anne Dudley, déjà directrice d’orchestre puis compositrice de The Crying Game (Jordan, 1992), The Full Monthy (Cattaneo, 1997), Oscar à la clé, olé olé, ou Elle (Verhoeven, 2016). Mais le métrage un peu trop sage, en tout cas au goût relou de critiques conservateurs, (pré)occupés à dénoncer son révisionnisme supposé, ne se limite Dieu merci à une comédie romantique, sur fond de fait divers de naguère. La reconstitution d’hier, les Britanniques savent parfaitement faire, au ciné, à la TV, les costumes, les décors, les accessoires, ressuscitent ainsi les sixties du Royaume-Uni, où l’on regarde, essaie d...

Les Vieux

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  Story-board à la gomme, à fissa effacer ? Dessin du destin, élégie sans nostlagie…   En vieillissant, on se calme et on vote à droite ? Certes, peut-être, mais la vie va moins vite, le corps redécouvre la mort, le rétroviseur s’avère une vanité, habitacle d’Ecclésiaste. En 1985, Barron adoube donc trois norvégiens larrons. Le réalisateur de Electric Dreams (1984) ou Pinocchio (1996), le clipeur de Billie Jean , Rough Boy , Do You Really Want to Hurt Me , Karma Chameleon , For Your Eyes Only ( Rien que pour vos yeux , Glen, 1981), le producteur (exécutif) de L’Expert (Llosa, 1994), aussi, immortalise le trio illico , manie la rotoscopie, remporte un prix MTV. Il signera ensuite, toujours pour ce groupe, l’épilogue dépressif et punchy de The Sun Always Shines on T.V. , le lyrisme métamorphe de Hunting High and Low , un second Bond en BO ( The Living Daylights , Tuer n’est pas jouer , Glen idem , 1987). À Londres tourné, par le DP Oliver Stapleton éclairé,...

Alors on danse

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  Un métrage, une image : Carmen (1983) Sur le papier, à cigarette, ça fonctionnait, enfin peut-être ; sur un écran, ça sent l’antan, l’essai raté, le « pas marqué ». Co-écrite et chorégraphique, cette vaine version de l’increvable création de Mérimée puis Bizet nous refait fissa le coup relou des (en)vies et de l’art en miroir, du psychodrame avec dame, de l’autarcie assortie d’essorés soucis. Commencé in media res , on danse ensemble, on s’observe de conserve, terminé en toute inconscience, indifférence, Carmen selon Saura carbure à la relecture, sinon à l’imposture, sa mise en scène de mise en scène, sa mise en abyme du fameux féminicide, relèvent presque du piètre post -moderne, du recyclage d’un autre âge. Disons-le d’emblée, en termes modérés : Carlos recase ses castagnettes et nous casse les coucougnettes. Une comédie musicale classique, assurerait un structuraliste, respecte un déroulement en trois temps – présélections, répétitions, représent...

La Marche nuptiale

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  Un métrage, une image : Docteur Jekyll et M. Hyde (1931) Longtemps avant Bob Clark ( Black Christmas , 1974) ou John Carpenter ( La Nuit des masques , 1978), Rouben Mamoulian commence cette remarquable et remarquée (rare Oscar concédé à un film horrifique, la brillante performance de Fredric March l’explique) relecture de Stevenson (scénario de Percy Heath & Samuel Hoffenstein, auteur du Magicien d’Oz , de Laura , d’un diptyque pour le délocalisé Duvivier) via un virtuose et troublant travelling avant, en POV bien épaulé par Karl Struss   ( Le Dictateur , Les Feux de la rampe , La Mouche noire ) à la direction de la photographie & William Shea (plusieurs Lubitsch) au montage, tandis que Wally Westmore ( Les Dix Commandements + six titres pour Hitchcock, dont Sueurs froides ) s’occupera de maquiller l’acteur en homme des cavernes victorien, de Miriam Hopkins amant puis assassin, excitante et innocente putain (merci à l’époque bénie du Pré-Code Hays), sa...

London Calling

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  Un métrage, une image : Les Promesses de l’ombre (2007) Cinq années après Spider (2002), Cronenberg re-tourne en Angleterre, illustre un script signé Steven ( dark ) Knight, joli récit de nourrisson, prostitution, traduction, infiltration, rédemption, consécration. A History of Violence (2005), avec encore l’évocateur et laconique Viggo Mortensen, aussi une histoire de présent pollué par le proche passé, de double et douloureuse identité, de famille dé- puis recomposée, idem doté d’un moment d’affrontement tétanisant, mais alors à main armée, pas au couteau près de la peau, prenait congé via un repas attablé, pardon (des rejetons) ou non. Les Promesses de l’ombre (2007) se termine sur une gamine adoptée, un homme esseulé, « roi » de désarroi, tandis que la voix off d’outre-tombe rappelle au spectateur les raisons de son exil (intérieur) de malheur, à base d’illusions d’adolescence, de désir d’une « meilleure » existence, coda davantage tragiq...

La Môme vert-de-gris

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  Un métrage, une image : La Fille de Hambourg (1958) Par et pour Jacqueline Ils boivent à la santé Des putains d’Amsterdam De Hambourg ou d’ailleurs Enfin ils boivent aux dames Brel Bientôt pornographe, le réputé Bénazéraf imagine un moment minuté, à réveil envolé, à manteau démodé, d’amitié tourmentée. Comme dans le contemporain Sueurs froides (Hitchcock, 1958), un idéaliste triste souhaite ressusciter le passé ripoliné, périt en proie à l’impitoyable « principe de réalité ». Le cinéaste anglais relisait Eurydice & Orphée ; l’estimable Allégret ne se moque de Tristan und Isolde. En coda, Maria se suicide aux somnifères, s’endort du « grand sommeil » en souriant, son amour invisible serrant, pendant que Pierre décède sur son palier, à quelques centimètres à peine de la porte bouclée. Auparavant, instant assez superbe et poignant, en sus symbolique, sinon didactique, il épongeait, contre son gré, la catcheuse malheureuse et boueuse...

Moi, Daniel Blake : Un monde sans pitié

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Ken Loach. Dès le début, un modèle de dialogue dérisoire et drolatique, la voix du survivant s’élève d’entre les ténèbres et donc d’outre-tombe : Moi, Daniel Blake (2016) ou la « chronique d’une mort annoncée », durant un instant de ciné, de solidarité(s) dissipée, in extremis , sur le seuil de la justice, vite définitive, au miroir mouroir, aux toilettes suspectes. Blake ne se prénomme William et ne cède au Ciel, se fiche de l’Enfer, de leur mariage, le sien, tout sauf parfait, fi d’enfant, démoli par la cyclothymie, la maladie, puis par un deuil le laissant « perdu », démuni. Ce charpentier ne s’appelle pas non plus Joseph et sa Marie Madeleine à lui répond au nom de Katie, elle fera in fine la putain afin d’alimenter, de réchauffer ses attachants gamins. Tandis que le pharisaïsme du capitalisme étudie son dossier, que Cameron mime Caïphe, Daniel, peste d’ancêtre prophète, ne fuit des fauves, Suza...

Élémentaire, mon cher... Lock Holmes : Le Prête-nom

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La pipe et la plume ? La loupe et l’épée… Vraiment divertissant, ce divertissement renverse donc les rôles, entre Watson & Holmes, s’autorise davantage, puisqu’il associe Pirandello & Stevenson. Si le dissimulé, l’infâme Mister Hyde, représente la part sombre de Londres, piétine, de manière malsaine, le puritanisme hypocrite (pléonasme) de la période victorienne, au-delà matérialise la monstruosité intime, guère magnanime, de l’humanité divisée, l’anonyme Reginald Kincaid en incarne une version douce, se contente d’être un coureur de jupons concon, un buveur obstiné, un joueur endetté. Marionnette peu malhonnête, du « docteur en criminologie », insupporté par son succès, du romancier de ses aventures vécues, très romancées, l’obscur cabot va devoir se réinventer, merci Moriarty, c’est-à-dire devenir le divin (et endeuillé) détective, se transformer fissa en son fameux modèle. Le personnage pourvu d’un auteur, suspendu en hauteur, saura se hisser sur les...

Le Dernier Empereur : Sur les fusillades de Scarface

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Le monde ne t’appartient pas et tu ne t’appartiens plus… When you have to shoot, shoot. Don’t talk. Tuco dans Le Bon, la Brute et le Truand Diversité de l’unité – avec Scarface (1983), Brian De Palma se repose la même question qu’à l’époque de Phantom of the Paradise (1974) : comment varier visuellement un similaire matériau thématique ? Les chansons chassées, les fusillades s’affichent. Réalisateur moral et moraliste, De Palma ne verse jamais dans l’apologie du gangstérisme, pas plus que le Sergio Leone de Il était une fois en Amérique (1984). Si l’odyssée de Bob De Niro, bientôt cruel Al Capone ( Les Incorruptibles , De Palma, 1987), s’apparente à une traversée proustienne des USA, de leur cinéma, de l’amitié massacrée, de l’amour malaisé, le parcours d’Al Pacino, récemment « parrain » pour le copain Coppola (1974), ressemble à un chemin de croix, chaque shootout en station de déperdition. Les cinq scènes célèbres, ponctuées de répliques ...

Elizabeth : But What Do You Know About Elexis Monroe?

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Poisson de saison ? Hommage de marasme… Ceux qui trouvent de laides intentions en de belles choses sont corrompus sans être séduisants. Et c’est une faute. Oscar Wilde, Préface du Portrait de Dorian Gray Moins connue que quelques consœurs, Elexis Monroe mérite quelques lignes de votre serviteur. Elexis exerce la profession de « cascadeuse », euphémisme anal-ogique assez judicieux d’une certaine Brigitte Lahaie, ensuite récemment (et inconsciemment) repris par la Jeune et Jolie (François Ozon, 2013) Marine Vacth, pour laquelle les scènes sexuelles, certes cette fois-ci simulées, s’apparentent à des « cascades » à exécuter la tête froide et le reste aussi, merci. Depuis longtemps, disons deux décennies, spécialisée dans le lesbianisme soyeux ou presque audacieux, on pense en particulier à un tandem attentif, attentionné, avec une Alicia Silver enceinte, aux inoffensives démonstrations d’incestes entre (belles-) mères et (belles-) filles, Mademo...