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Adieu au langage

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  Adages, radotages, sabordages… Talk is cheap Dicton ricain D’abord je veux avec ma langue Natale deviner tes pensées Plus tu cries plus profond j’irai Dans tes sables émouvants sables Où m’enlisant je te dirai Les mots les plus abominables Serge Gainsbourg, Love on the Beat Dans Les Hommes le dimanche (Siodmak & Ulmer, 1930), du body language en mode Miss Minogue ; dans Permis de construire (Fraticelli, 2022), des onomatopées au café ; dans Les Sans-dents (Rabaté, 2022), de régressifs borborygmes contre la déprime et, tangente évidente, dans L’Homme au crâne rasé (Delvaux, 1966), une voix off fatiguée : à travers les décennies, les pays, les titres réunis ici, se pose ainsi la question de l’expression, de la langue, du langage, donc de l’identité, de l’individualité, de son dialogue et de sa dialectique avec la communauté. Face à la solitude infinie, faussée – je voudrais être au moins une fois enfin moi-même – de l’anti-héros d...

Mémoires de nos pères

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  Un métrage, une image : Permis de construire (2022) En tout cas Colonna échappa à cela ? Pas totalement, car moment de basculement, quand le chevrier, reflet fictif du « berger de Cargèse », se confie à la gracieuse Anne Consigny, croisée chez Lioret ( L’Équipier , 2003), Marchal ( 36 quai des Orfèvres , 2005), Schnabel ( Le Scaphandre et le Papillon , 2007), Richet ( Mesrine , 2008) ou Resnais ( Les Herbes folles , 2009), au sujet de rochers, de solitude, d’apprendre à se connaître puis à s’aimer, Pagny opine. Ensuite, un éleveur syndicaliste, aussi loueur de grosse bagnole, sur sa carte de visite on avise Auto Nomi, pardi, caméo amical de Jean-Claude Acquaviva, l’un des chanteurs de A Filetta, prononce cette phrase à la fois lucide et terrible, en effet digne d’un « philosophe anonyme » : « En Corse, on respecte plus les morts que les vivants », qui vient percuter l’actualité, c’est-à-dire le décès de « l’assassin présumé du préf...