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Affichage des articles associés au libellé Caroline Munro

Couronne ou Caroline

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  Exils # 181 (17/03/2026) Un p’tit truc en plus multiplie les « putain » ; Le Voyage fantastique de Sinbad (1973) accumule les « Allah ». Cet islam de nocturne conte oriental arbore des Arabes aux yeux bleus. Le féminisme s’y affiche, affranchissement confiant, traversée partagée du tumulte occulte, in extremis mariage à l’écart du pouvoir, puisqu’un « roi jamais libre » en définitive, a fortiori d’épouser celle qu’il « prend plaisir (réciproque) à regarder ». Il convient d’ajouter que le voyageur et « voleur » conquiert le cœur (et le corps, et quel corps) de Caroline, qui relativise (dévitalise) toutes les connes couronnes. « La magie purge l’âme » mais l’amour aussi, sorcellerie laïque à laquelle le souple couple Law & Munro confère sans forcer un romantisme pragmatique, physique, mâtiné de respect, humoristique « s’il te plaît ». L’œil peint sur la paume de Margiana, trois ans avant Sur le glo...

Evil Baby : Elle voit des nains partout !

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Pardonner les parturientes, se délivrer de leurs ventres… « Ne me tue pas ! Je suis ta mère ! » : à nouveau, comme souvent, le sublime s’associe au risible, et inversement. Piloté en mode automatique par Peter Sasdy, jadis prouvé plus inspiré, cf. La Fille de Jack l’Éventreur (1971), fracassé par la critique locale en dépit du « plaisir coupable » post -moderne, Evil Baby , aka I Don’t Want to Be Born , The Devil Within Her , The Monster et même Sharon’s Baby , une pensée d’épicier pour le tandem Tate & Polanski, mérite néanmoins un article. Il s’agit, en résumé, d’un conte de culpabilité, d’une parabole puritaine, d’un bibelot britannique, aussi sérieux que tongue-in-cheek . Ex -effeuilleuse, la svelte Lucy épouse un Italien nanti, of course catholique, dont la sœur, scientifique, s’avère en sus... une bonne sœur, Seigneur. Après une naissance au forceps, la mère amère, détestant sa belle-mère, s’aperçoit fissa, jusque dans sa chair...

Le Retour de l’abominable Docteur Phibes : Le Prince d’Égypte

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Toutankhamon quasiment tout en carton, pour nécropole pop … Avant Aphrodite (1982), revoici Orphée : Robert Fuest, fanatique des mythes ? En tout cas, en l’absence de Valérie Kaprisky, le cinéphile amateur de (très) jolies filles se consolera avec la complice Valli Kemp, la délaissée Fiona Lewis ou la mutique Caroline Munro, quel beau trio. Sinon, ce film sympathique mais anecdotique, baigné d’humour britannique, donc dans le direct sillage de son prédécesseur d’horreur, farceur, nous transporte cette fois-ci au pays des pharaons fascinés par l’éternité, après les fameuses dix plaies égyptiennes détournées de manière criminelle pendant le premier opus sorti en 1971. En 1972, l’Espagne sert de mirage à sarcophage, viva Ibiza sans David Guetta, et les studios d’Elstree donnent à nouveau dans l’Art déco, bravo au boulot évocateur du set designer Brian Eatwell, collaborateur de Roeg, Lester ou Fuller, bien mis en valeur par le lumineux Alex Thomson, DP sur Excalibur ...

Contamination : L’invasion vient de Mars

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Au pays de Shakira, nul ne vous verra sauver (provisoirement, loi mercantile et lucide du « genre ») vos semblables (qui ne le méritent guère, en vérité). « Tout s’harmonise » (Stephen King, 22/11/63 ) : l’ouverture de Contamination rime avec Le Vaisseau de l’angoisse de Steve Beck (dans le sillage, expression idoine, du Dracula de Stoker, certes), l’un de ses prédécesseurs mentionnés au détour d’un ligne de dialogue : un bateau fantôme pénètre dans les eaux calmes de New York, survolé par un hélicoptère dont le co-pilote, pressé par un opérateur de la tour de contrôle, rappelle qu’il ne se trouve pas à bord du Concorde, mais à proximité de la Statue de la Liberté. Dès ce prologue crépusculaire, littéralement, Luigi Cozzi (rebaptisé Lewis Coates pour l’exportation) met en place les principaux éléments de son histoire, le danger venu d’ailleurs, un humour discret, constant, une féminité davantage éclairée, éclairante, que la masculinité souvent ...

La Guerre de Murphy : V pour Vendetta

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 « Pas de prisonniers ! » hurlait le cheik blanc, pas celui de Fellini ; Murphy, moins narcissique, lui répond, à fond.   Drôle de type, ce Peter Yates. Après le bondissant Bullitt (1968) et avant le peu profond Les Grands Fonds , 1977 (Jackie Bisset bis en brune décorative, éventuellement humide), le voilà parti au Venezuela, du côté du delta de l’Orénoque (à vos atlas , cancres géographiques), dans ses bagages un scénario mal aimé par la Paramount, pour un tournage de trois mois, fatiguant, dangereux, spectaculaire (et littéraire, Sian Phillips, pour l’heure encore Madame O’Toole & Philippe Noiret alors lecteurs de Proust perdu en VA ou VO !). Le pitch , comme disent les gens pressés ? Un cuistot de cargo goûte aux délices de la vengeance, plat froid, réchauffé, à déguster glacé, excité, de préférence armé d’un coucou bleu ou d’une barge grise, les deux véhicules lancés, croyez-le ou non, contre un teuton sous-marin taquin....

Dangereuse(s) sous tous rapports : Médaillons de Jenny Agutter, Edwige Fenech et Caroline Munro

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Ouvrons aujourd’hui un nouveau chapitre de la politique des acteurs , comprendre, des actrices… Après Rebecca De Mornay, Marlène Jobert ou Laure Marsac, parmi toutes les autres louées ici et ailleurs, voilà trois grâces brunes et blonde, rayonnantes dans l’éclat inaltéré de leurs meilleurs films, remontés en cérémonies pas si secrètes afin de célébrer leur beauté, leur talent, leur générosité de comédiennes et donc de femmes. On s’en souvient : dans Les Quatre Cent Coups , l’ado Léaud, avatar de Truffaut, volait sur la façade d’un cinéma une photo de la plantureuse et solaire Harriet Andersson, glorifiée par Bergman dans Un été avec Monika . Ces brefs éloges prolongent et corrigent son geste à l’ère de la cinéphilie numérique. Il ne s’agit plus de dérober une relique laïque pour la contempler, l’idolâtrer dans l’obscurité d’une chambre masculine, propice aux rêves humides , ni de plaquer sur leurs traits le (trop) cher fantôme d’un amour passé, tel ce vrai coupable de ...