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Affichage des articles associés au libellé Richard Kelly

Lavande volante

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  Exils # 170 (12/02/2026) Production indépendante à financement participatif, Valensole 1965 (Filhol, 2025) corrige le comique archaïque du Gendarme et les Extra-terrestres (Girault, 1979). Le sujet, on le sait, relève du fait divers stellaire, comme le démontrent les cartons en conclusion, NASA & CNES à la rescousse, extrait du reportage in situ , que le métrage à l’identique reconstitue, archivé via l’INA, inclus en coda. Ce désir assumé de traitement au premier degré esquive le cynisme, lui substitue un céleste sentimentalisme. L’ opus évoque en vitesse de plus connus et reconnus ancêtres, Take Shelter (Nichols, 2011), Rencontres du troisième type (Spielberg, 1977) et 2001, l’Odyssée de l’espace (Kubrick, 1968). Pas si à la masse, Maurice Masse, massif Matthias Van Khache, ne s’occupe d’apocalypse, de sculpter sa purée, n’accomplit aucun trip psychédélique et pourtant éprouve à son tour un révélateur parcours, aux prises avec l’indicible, l’incrédible, le risibl...

Make Mars great again

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  Exils # 75 (27/01/2025) Expliquer l’insuccès de John Carter (Stanton, 2012) par une distribution sabotée, des rivalités chez Disney, l’absence de stars , ne (me) suffit, ne sonde assez la surface d’un film un peu vite étiqueté ersatz de Star Wars (Lucas, 1977), d’ailleurs Andrews coscénarisa The Clone Wars (Filoni, 2008). Il existe en réalité plusieurs façons et raisons d’entrer en sécession, Klimt ne le contredit. En pleine guerre civile, un aventurier endeuillé se découvre dissocié, son corps presque mort à la fois au creux d’une caverne quasi platonicienne et sur Mars où il se déplace grâce à une gravité faiblarde, tel le Petit Poucet avec aux pieds ses bottes trafiquées. Hélas, même là-bas ça se massacre, conflit à demi fini car mariage d’armistice, auquel participent en coulisses des observateurs venus d’ailleurs, avatars cyniques des divinités de la Grèce antique, qui remémorent leurs homologues moins polymorphes de The Box (Kelly, 2009), idem item sudiste et m...

Hérédité

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  Un métrage, une image : Bloodline (2019) Bouse de Blumhouse ? Réponse à distance au Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (Jeunet, 2001). Filmé par un admirateur du cinéma de Brian De Palma, remarquez les clins d’œil à Carrie au bal du diable (1976) et Pulsions (1980), du split screen , in extremis , l’utilisation, ce conte tendu et sarcastique possède un titre explicite, à la fois de lignage et de sillage. Bloodline (Jacobson, 2019) nous escorte donc à la rencontre de Cole, « assistant social » altruiste, père protecteur, mari amoureux – mais finalement aussi dément que sa rousse maman. Elle-même s’occupe de son côté d’une infirmière guère exemplaire, dont la nudité frontale et dorsale risque d’irriter les cinéphiles féministes. Entre deux égorgements, entre deux enterrements, on ne se détend, on suspecte un inceste, on se souvient du géniteur de malheur, fissa enfoui au sein d’une fosse, à proximité d’anonymes prédécesseurs. De mère en fils s’exerce ains...

Jumanji : Bienvenue dans la jungle : Ready Player One

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Entre-temps, Messieurs Macron & Trump s’adonnent au jardinage d’image.   Shadows grow so long before my eyes And they’re moving across the page Suddenly the day turns into night Far away from the city Big Mountain, Baby, I love Your Way Assez divertissant, ce divertissement didactique commence comme… It , imperméable jaune, maison spectrale, ados inadaptés inclus. On espérerait presque une rencontre entre Breakfast Club et eXistenZ . Mais qu’attendre du fils de Lawrence Kasdan, signataire de la bouse vulgaire Bad Teacher , ici flanqué de cinq scénaristes, Seigneur ? Cette parabole laïque tournée en numérique avec une impersonnalité avérée propose une double moralité de solidarité, de mortalité. Contrairement au jeu sis dans sa jungle eugéniste, jamais sensuelle ni sensorielle, encore moins méta, King Kong dort tranquille malgré les tambours à la Buñuel, chacun ne possède qu’une seule vie, aussi ne compte que ce que l’on en fait, de préférence en...

Amityville: The Awakening : Le Jour où le cochon est tombé dans le puits

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Le lit médical et la mort cérébrale, la légende et le vide, la cave et le cave. Un film méta ? Un mélodrame maternel ? Un récit de possession ? Un imbuvable navet commis par un ami du dispensable Alexandre Aja – à défaut de donner dans l’auteurisme hystérique d’un Pascal Laugier (l’amateuriste et supposé antisarkozyste Martyrs ), voilà ce que l’on vous autorise à (dé)faire aux USA, en matière d’horreur remakée, eh ouais. La seule source d’épouvante de ce métrage merdique, à la sortie sans cesse repoussée puis autorisée en gratuité, comme on se débarrasse de quelque chose de dégueulasse, réside dans Jennifer Jason Leigh, mère désespérée convertie à la démonologie (et veuve de cancéreux, mes aïeux) momifiée à l’image d’un film totalement inanimé, écrit par un illettré (cinématographique) et joué par un casting de MJC. Mais que fallait-il attendre de Jason Blum, l’épicier, pardon, le producteur très enrichi des Paranormal Activity  (au lieu du Scope de cercu...

The Grudge 2 : Hantise

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Voyage à Tokyo sans trémolos ni Ozu – l’oserez-vous ?... Ce film mal-aimé (au succès commercial éclair, éphémère) s’avère cependant bien aimable. Certes, Takashi Shimizu semble passer le plus clair de son temps (et de sa filmographie) à s’auto-remaker. Bien sûr, les actrices paraissent très âgées pour interpréter des lycéennes (internationales), même en classe de terminale. Évidemment, tout ceci peut rappeler Ring , Kayako en avatar faiblard de Sadako, chevelure de nuit, à la Mizoguchi ( Les Contes de la lune vague après la pluie , oui) et contorsions craquantes (littéralement) incluses. Et alors ? Notre cinéaste, à défaut de prendre des risques (formels), ne prend jamais le spectateur pour un imbécile (constatation faite aussi par la clairvoyante Sarah Michelle Gellar dans l’un des sympathiques suppléments), peu importe sa nationalité. Rencontre assez convaincante entre l’Est et l’Ouest, entre l’Asie et les États-Unis, The Grudge 2 ne manque pas d’avérées qualités,...

4 h 44 : Dernier jour sur Terre : Une journée particulière

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre d’Abel Ferrara. Why does the sun go on shining Why does the sea rush to shore Don’t they know it's the end of the world ’ Cause you don’t love me any more Why do the birds go on singing Why do the stars glow above Don’t they know it's the end of the world It ended when I lost your love Julie London, The End of the World L'homme n’est ni ange, ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête. Pascal, Pensées La bande-annonce inquiétait ; le métrage confirme ce mauvais présage : voici une œuvrette assez abjecte dans son autarcie, dans sa misanthropie, dans sa philosophie morale pour élèves de classe de terminale générale (les futurs prolétaires de l’enseignement professionnel français, comme chacun sait, se voient dispensés de penser, de réfléchir, des fois qu’il leur viendrait la mauvaise idée de remettre en cause la société, de raison...

Southland Tales : La Petite Apocalypse

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En vérité voici la fin, à la croisée de tous les destins. And I find it kinda funny I find it kinda sad The dreams in which I’m dying Are the best I’ve ever had I find it hard to tell you I find it hard to take When people run in circles It’s a very very mad world mad world Tears for Fears, Mad World Pourquoi consacrer environ cinq heures de sa courte vie (2 x 2 h 20 + quinze minutes de suppléments, extraits d’un entretien et de la conférence de presse au Festival de Cannes) à un tel (agréable) ratage ? Par professionnalisme d’amateur, cinéphilie masochiste, oisiveté dominicale ? En souvenir du lapin freudien de Donnie Darko (« culte » assez surfait), du recommandable The Box (beau rôle pour la convaincante Cameron Diaz) ? Parce que Richard Kelly, sorti de USC, responsable du script du redoutable Domino de Tony Scott, admirateur de la baudruche Brazil , au physique de surfeur, bénéficie ici d’un statut d’auteur (on ne les comp...