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Affichage des articles associés au libellé Michael Crichton

Mon nom est Personne : Mondwest

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Traquenard pour « Beauregard » ? Moralité de voir, croire… Évacuons la question concon de l’attribution, de la (dé)possession : les styles (s’)identifient, ils se pastichent, se parodient aussi. Voici justement le sujet, l’énoncé, d’un item à double titre synthétique, au sens de somme, résumé, d’imitation, de simulacre. Presque pirandellien, Mon nom est Personne (Tonino Valerii, 1973) repose sur la permanence des apparences, sur une série d’illusions, donc de désillusions. Ici, une mine minable sert au blanchiment d’argent, pardon, d’or dérobé ; ici, la fraternité s’affiche en facticité, esquive la rance vengeance ; ici, le duel final ne s’affirme fatal, davantage arrangé, médiatisé, truqué, à l’instar de la fusillade finale du simultané L’Arnaque (George Roy Hill). Film de reflets, de plans surcadrés, de miroirs narcissiques, fatidiques, déformants, amusants, film où un photographe, aimable « mise en abyme », immortalise une mort...

Nightmare Island : O Fantasma

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Robinsons de saison ? Robinsonnade proche de la pantalonnade.   In this world there are only two tragedies. One is not getting what one wants, and the other is getting it. Oscar Wilde, Lady Windermere’s Fan Téléfilmé par un analphabète, écrit par trois abrutis, produit par l’imbuvable Jason Blum, Nightmare Island (Jeff Wadlow, 2020) possédait pourtant du potentiel. Cette vraie-fausse traduction ciné de la série TV L’Île fantastique se fit donc descendre par la critique et adouber par le public. Déjà responsable du dispensable Cry Wolf (2005), le supposé cinéaste actualise ainsi le glucose exotique, pseudo-philosophique, cuisiné à la fin des seventies par le classé créateur Gene Levitt. On se souvient peut-être aussi de la distinction opérée jadis par le spécialiste Edgar Allan Poe, entre fancy funeste et imagination lumineuse, au cher Usher la première, à l’artiste lucide la seconde. Un glissement lexical et sémantique se constate ici, car on passe du fantas...

Le Regard disparu : Après le cinéma

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La pellicule prenait feu ; avec le numérique, que trouve ou perd le cinéma ? Son immortalité, ou bien son âme ? Méfions-nous du prosélytisme autant que de la nostalgie : pour vivre, un art doit changer, se métamorphoser. Au risque de périr, il ne peut donc que tendre vers la renaissance...    Chronique d’une mort annoncée Lisons le final du Cid à la fois comme une métaphore et une prophétie. Que nous montre Mann avec son cadavre lourd dans son armure, hissé sur un cheval pour une dernière parade d’intimidation, puisque les guerres, de tout temps, consistent aussi en affrontements d’images et de mots, en stratégies équivalant à des mises en scène ? Ce héros mort, dans sa vaine gloire, promis à la corruption du soleil, représente le cinéma hollywoodien terrassé par la télévision, qui ne trouve son sursis que dans le spectacle et l’illusion augmentée . Pour contrecarrer l’emprise du petit écran, sa familière banalité, voici l’espace d’une Cast...

Les Femmes de Stepford : Une femme sous influence

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Cette fable sur l’aliénation s’ouvre et se clôt sur un gros plan de l’héroïne, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre : au terme de son parcours tragique, la voici devenue enfin l’image reflétée par le miroir, celle d’un insoutenable bonheur qui ne pose plus de questions. Conduite à nouveau par son mari qui l’aime, elle répétera le départ originel, dans le vide magnifique et terrible de la vie des marionnettes… Une famille fuit la grande ville et ses dangers, ne sachant lire (ou trop bien) les signes annonçant l’ironie cruelle de l’herbe plus verdoyante ailleurs – un mannequin se disloque en pleine rue, surréalisme banal qui appelle la monstrueuse banalité du dénouement. Dans l’Amérique paranoïaque des années 70, illustrée par le Nouvel Hollywood, les citadins espèrent trouver à la campagne tout ce que le Ciel promet. Le film de Bryan Forbes emprunte les chemins faussement tranquilles des paraboles rurales de la petite ville, presqu’un genre en soi, de L’Ombre d’un dout...