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Les Bonnes Manières : Les Nuits de la pleine lune

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Marco Dutra et Juliana Rojas. Pour commencer, comment entrer ; pour finir, comment (s’en) sortir : le mélodrame maternel brésilien et lesbien repose donc sur la clôture, l’imposture, les corps, leurs accords puis désaccords. Prison dorée de l’appartement à payer, modeste meublé de banlieue paupérisée, chambre forte calendaire aux grosses chaînes en fer, centre commercial glacial baptisé Bois de cristal – autant d’espaces autarciques qui dupliquent une fermeture d’un autre type, anatomique, amniotique, lycanthropique. En dépit de l’épouvante de la parturiente, malgré l’amour de la mère guère intérimaire, voire élveuse volontaire, la chair du cher (se) déchire la chère, envahit le nid rebondi, s’en extrait sans pitié, innocente s’endort, dévore en carnivore. Il ne suffit d’aspirer sa soupe en silence, marcher un livre sur la tête posé, avoir recours au végétarisme, à l’amnésie jolie, afin de s’affranchir ...

Elizabeth : But What Do You Know About Elexis Monroe?

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Poisson de saison ? Hommage de marasme… Ceux qui trouvent de laides intentions en de belles choses sont corrompus sans être séduisants. Et c’est une faute. Oscar Wilde, Préface du Portrait de Dorian Gray Moins connue que quelques consœurs, Elexis Monroe mérite quelques lignes de votre serviteur. Elexis exerce la profession de « cascadeuse », euphémisme anal-ogique assez judicieux d’une certaine Brigitte Lahaie, ensuite récemment (et inconsciemment) repris par la Jeune et Jolie (François Ozon, 2013) Marine Vacth, pour laquelle les scènes sexuelles, certes cette fois-ci simulées, s’apparentent à des « cascades » à exécuter la tête froide et le reste aussi, merci. Depuis longtemps, disons deux décennies, spécialisée dans le lesbianisme soyeux ou presque audacieux, on pense en particulier à un tandem attentif, attentionné, avec une Alicia Silver enceinte, aux inoffensives démonstrations d’incestes entre (belles-) mères et (belles-) filles, Mademo...

Becoming Elsa: A Coming of Age Story : Elsa, Elsa

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Partir, (se) découvrir, grandir. « Deviens qui tu es ! » Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra En country girl esseulée, en étudiante boursière à UCLA, en vierge réservée, Elsa Jean séduit assez. Certes, tout ceci, étiré autour de deux heures vingt, découpé en épisodes à la fois prospectifs et récapitulatifs, s’avère trop long, manque d’émotion, ce « passage à l’âge adulte » – notez le jeu de mots inclus sur come – ne déploie pas de passion, et le twist vite deviné, in extremis dévoilé, d’une amie imaginaire, dédoublement d’audace explicité par l’intéressée, à l’attention des étourdis, ne saurait suffire à rivaliser avec les fantasmes méta de Naomi Watts selon Mulholland Drive (Lynch, 2001), qui lui-même, d’ailleurs, comporte une mémorable scène d’onanisme dépressif, passons. Le scénariste/réalisateur/monteur Rick Greenwood se conforme pour sa part, en professionnel anonyme, au cahier des charges de l’estimable studio spécialisé, co-cré...