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Affichage des articles associés au libellé Bruce Lee

Big Brother : L’Art du mensonge

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  La grande illusion du lucide dragon… « Quelle ville de voleurs, Hong Kong ! » s’exclame Jackie Chan, mais lui-même ne dérobe la grosse somme du cher Raymond Chow, loin s’en faut. Insuccès critique et financier entrepris et réussi par défi, Big Brother (1989) séduit aussitôt en raison de sa générosité, de sa sincérité. Durant plus de deux heures, l’acteur-réalisateur expose ses passions et précise pourquoi, en quoi, ce cinéma-là, celui de HK en ce temps-là, tant compta pour lui et moi. Film historique, film de gangster , film d’action, comédie sentimentale, musicale, mélodrame, Big Brother accumule les imageries, d’ailleurs, d’ici, tandis que le scénario de l’amical Edward Tang reprend et retravaille largement l’argument et la trame de Grande Dame d’un jour (1933) puis Milliardaire d’un jour (1961), diptyque de Capra, oui-da. Adieu à la Grande Dépression, fi de la guerre froide, retour aux triades, au collectif et au local, à l’étranger en train de s’intégrer...

Les Fantômes de Hurlevent : La Maison des mille morts

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  Marguerite antique ? Traité d’actualité… Antonio Margheriti s’auto-remake en couleurs, sa caméra mobile, comme envahie par l’ivresse, en véhicule la vitesse. Film méconnu, mal aimé, y compris par le principal intéressé, bien sûr comparé au précédent, à son détriment, Danse macabre (1964), Les Fantômes de Hurlevent (1971) possède, pourtant, plusieurs arguments, en sa faveur de frayeur. Il s’agit, en résumé, d’un item méta, d’une mise en abyme de l’imagerie, d’un huis clos claustro de sperme, de sang, où discerner un Bal des maudits (Edward Dmytryk, 1958), où découvrir un Bal des vampires (Roman Polanski, 1967). Romancier meurtrier bientôt chez Dario Argento ( Ténèbres , 1982), déjà au centre (de la toile) d’un titre « animalier », en témoigne l’arachnéen étau de l‘intitulé en VO, à savoir Nella stretta morsa del ragno , tradition datée de la décennie en Italie, l’intense et souriant Anthony Franciosa veut papoter en compagnie de Poe, caméo alcoolique, ...

Ip Man 4 : Le Dernier Combat : Chinatown

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Symbolisme sportif versus « Crabe » increvable… Vu en VO dans une salle estivale, provinciale, hélas déserte, voici l’ultime item d’une tétralogie à succès, érigée-étirée sur une dizaine d’années. Tourné en Angleterre, en Chine, toujours signé Wilson Yip, qui dirigea entre deux chapitres le supérieur Paradox (2017), (re)lisez-moi ou pas, Ip Man 4 : Le Dernier Combat (2019) permet idem de retrouver le chorégraphe Yuen Woo-ping, le compositeur Kenji Kawai , le décorateur Kenneth Mak, le directeur de la photographie Cheng Siu Keung, le monteur Cheung Ka-fai, le producteur Raymond Wong, les scénaristes Chan Tai-li, Jill Leung, Edmond Wong, ici associés à Hiroshi Fukazawa. Devant la caméra, on revoit Scott Adkins, Danny Chan, Kent Cheng, Chris Collins, Yue Wu, Donnie Yen, on découvre Vanda Margraf, Simon Shiyamba, Vanness Wu. Dès le départ, on se croit fissa face à un mélodrame médical, familial, mais l’ouvrage vintage vire vite vers la démonstration didactique, la ...

La Fureur du dragon : Les Félins

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Bruce Lee by Bruce Lee + l’excellent complice Chuck Norris… Deux hommes à Hong Kong, deux combattants au Colisée, deux façons de s’affronter, une nouvelle manière de filmer – un chat au milieu, comme un modèle, comme un écho. Si le duel légendaire de La Fureur du dragon (Bruce Lee, 1972) persiste à séduire presque cinquante ans après, il le doit à sa beauté, à sa moralité. Lee, polyvalent, puisque acteur, auteur, réalisateur, producteur, doubleur et en plus percussionniste, ne se contente pas de concocter une castagne anthologique, sociologique, où l’Orient dérouille l’Occident, où les « Jaunes » mettent à genoux les « Blancs », en correspondance contextuelle, colorée, avec les Black Panthers simiesques de La Planète des singes (Franklin J. Schaffner, 1968). Il cogite, dirige puis participe à une chorégraphie de nécrologie, irriguée de respect, de gravité, de dignité : sa fureur affirme sa grandeur, son corps en accord avec son cœur. La baston sado-m...

Légendes d’automne : The Chow Must Go On

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Nécrologie jolie ? CV à saluer. La discrétion médiatique du récent décès de Raymond Chow ne surprend ni ne choque : art amnésique, y compris lorsqu’il pratique le piètre recyclage post -moderne, le cinéma ne se souvient pas, oublie vite, chaque mercredi fait table rase en espérant faire salle pleine. Passons sur cette situation, méprisons les épiciers, congédions aussi la nostalgie – se remémorer Raymond revient à revisiter une trentaine d’années de cinéma chinois et ceci ne sent la poussière, point le sapin. Chow, on le sait, s’émancipa des frères Shaw, exécutif homophone, créa la Golden Harvest en compagnie de Leonard Ho, second transfuge spécialisé dans la publicité. Auparavant, le natif de Canton reçut une éducation catholique, suivit des études de journalisme, étudia les arts martiaux, trouva sa voie à la radio, via le Voice of America de HK. Artisan d’une suprématie asiatique, celle de la Shaw Brothers, enfin victorieuse de sa rivale la Cathay, Chow finit par s’ins...

Ip Man : La Légende est née : Un mauvais fils

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Herman Yau. D’une légende à l’autre, de 1904 à 1905 : adieu à Dracula délocalisé par Chang Cheh (quoique), revoici une figure nationale et nationaliste portraiturée à quatre reprises par Wilson Yip puis Wong Kar-wai, alors en tandem avec l’irremplaçable Yuen Woo-ping. Si Bruce Lee, d’ailleurs élève de Ip, on le sait, équilibrait la phobie japonaise de La Fureur de vaincre par son CV, son ouverture de culture et de cœur ; si Tsui Hark, formé aux States , ensuite travailleur émigré, avec plus ou moins de succès, l’imitait, compensait ainsi la xénophobie de Il était une fois en Chine , évocation(s) de Wong Fei-hung, autre totem asiatique, Herman Yau opte pour la pacification et la convention. Jamais raciste, toujours volontariste, cf. la réflexion sur les jeux réversibles, apprenons donc à nous comprendre par-delà les pays, les idéologies, Ip Man : La Légende est née transforme f...