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Affichage des articles associés au libellé Ryuhei Kitamura

Jessica au commissariat

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  Exils # 83 (18/02/2025) Secte + fliquette = œuvrette ? Un peu, pas que, car Jessica Sula incarne Jessica Holden, voire l’inverse. Il faut à nouveau signifier aux féministes que le cinéma classé horrifique, y compris le slasher , qui rend vénères d’américaines universitaires, ne se caractérise par sa misogynie, au contraire d’une multitude de titres mainstream , ne parlons pas de la presse dite féminine. Malum (DiBlasi, 2023) le démontre à sa modeste manière, dépeint en indépendant le portrait d’une policière à bout de nerfs, portée volontaire pour occuper la permanence en soirée d’un poste plus qu’à moitié désaffecté. Autrefois, voilà un an déjà, son papa y tira en pleine tête sur deux collègues au stand de tir, avant de faire fissa sauter la sienne, a priori sous emprise maléfique. Des images d’archives de médiocre qualité documentaient en effet un groupe d’entourloupe porté sur le sacrifice en forêt, pas que de poulet, à Stomy Bugsy mélenchonistes amitiés. Il ne suff...

Hérédité

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  Un métrage, une image : Bloodline (2019) Bouse de Blumhouse ? Réponse à distance au Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (Jeunet, 2001). Filmé par un admirateur du cinéma de Brian De Palma, remarquez les clins d’œil à Carrie au bal du diable (1976) et Pulsions (1980), du split screen , in extremis , l’utilisation, ce conte tendu et sarcastique possède un titre explicite, à la fois de lignage et de sillage. Bloodline (Jacobson, 2019) nous escorte donc à la rencontre de Cole, « assistant social » altruiste, père protecteur, mari amoureux – mais finalement aussi dément que sa rousse maman. Elle-même s’occupe de son côté d’une infirmière guère exemplaire, dont la nudité frontale et dorsale risque d’irriter les cinéphiles féministes. Entre deux égorgements, entre deux enterrements, on ne se détend, on suspecte un inceste, on se souvient du géniteur de malheur, fissa enfoui au sein d’une fosse, à proximité d’anonymes prédécesseurs. De mère en fils s’exerce ains...

Nightmare Cinema : Midnight Movie

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Ticket truqué, séance sans prestance, diagnostic cinéphilique rachitique… Cette anthologie, pas si jolie, dommage, débute bien, par un vrai-faux slasher avec soudeur, segment énergique et drolatique, s’autorisant, à bon escient, à renverser la perspective du spectateur, assorti, en sus, d’un essaim d’araignées de SF, très colonisatrices, sinon dissimulatrices. Hélas, ensuite, ça se gâte, vite. Le récit de chirurgie esthétique, évidemment horrifique, presque satirique, apparaît, en effet, réchauffé, sa coda déjà devinée, avant même le commencement. Puis un épisode sarcastique, à base de possession adolescente, de luxure ecclésiastique, fait sourire autant qu’il lasse, prévisible impasse, pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font, pauvres adeptes de la levrette suspecte. Quant à la folie féminine, en noir et blanc very arty , elle reprend le suicide du précédent, mais s’étire et se noie et ennuie. Enfin, le petit virtuose, au bord de la métempsycose, indiffère fiss...

The Prodigy : La Main à couper

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Mourir, revenir, cercle cyclique, tract de no kid .   J’suis dans un État proche de l’Ohio J’ai le moral à zéro Isabelle Adjani On sait, depuis Le Tour d’écrou de Henry James (1898) et par conséquent Les Innocents de Jack Clayton & Truman Capote (1961), qu’il vaut mieux se méfier des gamins mielleux prénommés Miles. What’s wrong with Miles? se demandent l’accroche de l’affiche et surtout ses parents apparemment sans profession, toutefois propriétaires d’une confortable maison. D’abord sceptiques, ils découvrent vite la réponse impensable, insupportable : l’âme d’un tueur en série réside à l’intérieur du gosse cru précoce, sinon surdoué, tant pis pour son asocialité. Comme dans Audrey Rose (Robert Wise, 1977), clin d’œil indien compris, il s’agit donc d’une histoire de réincarnation et non de possession, range-moi fissa ce crucifix, mon ami(e), même si Tripp Vinson produisit jadis l’estimable Exorcisme d’Emily Rose (Scott Derrickson, 2005) et le di...

The Midnight Meat Train : Léon

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Costards noirs contre gilets jaunes… Il faut que je prenne ma place dans le trafic Francis Cabrel Avant de singer les American Sniper (2014) pour Clint Eastwood ou de faire chanter puis pleurer Lady Gaga selon A Star Is Born (2018), Bradley Cooper croisait donc Clive Barker, prenait son Dernier Métro (1980), guère celui de François Truffaut, sa rame en rime à celle du Métro de la mort (1972) de Gary Sherman, cannibalisme souterrain compris. Plus réussi que Downrange (2017), survival du cinéaste concerné à la fois similaire et différencié, situé en plein air, non plus sous terre, The Midnight Meat Train (2008) rappelle le David Fincher de Panic Room (2002), autre huis clos acrobatique de résistance, autre guerre de territoire urbaine, et la caméra prima donna d’un certain Brian De Palma, amateur notoire de compartiments chthoniens, renvoyons vers Pulsions (1980) ou L’Impasse (1993). Dans la scène hitchcockienne de l’hôtel, elle glisse au-dessus des pièces, se...

Hunting Emma : Mortelle randonnée

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Dormir ou mourir, mieux viser avant de nous aviser. Emma Le Roux ne « balance » pas ses « porcs », elle les poignarde, dans le ventre ou le dos, elle leur lâche un gros rocher sur la tronche, elle les embroche, elle les plante, elle les envoie à terre à coup de fer (à repasser, à trépasser), elle les descend de ses deux mains armées, olé, le duel à la Sergio Leone survolé par une guitare espagnole. Après la fille de militaire et de chasseurs de Downrange (Ryuhei Kitamura, 2017), voici celle d’un ancien des forces spéciales spécialisé dans la reconnaissance. Afin d’éviter qu’elle les reconnaisse, qu’elle les dénonce à la police en tant que témoin de l’exécution initiatique d’un flic épris de ketchup , six lascars trafiquants de came, amateurs et professionnels, la traquent une centaine de minutes durant, au sein d’un désert sud-africain valant bien l’australien, éolienne de Razorback (Russell Mulcahy, 1984) en commun. Certes plus souple et plus blonde que ...

Downrange : American Sniper

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Pneu crevé ? Film essoufflé.                 I shot the sheriff, but I did not shoot the deputy Bob Marley Unité de lieu, de temps, d’action : six passagers d’un SUV subissent les assauts d’un tireur embusqué, sur un arbre perché, en pleine journée, le long d’une route rurale isolée. Une famille, père endormi, mère au volant, enfant volante, puis, de nuit, quatre policiers motorisés, armés, les rejoignent – dans la tombe. Comme selon la comptine macabre d’Agatha Christie, l’élimination numérique et mécanique se solde par une soustraction définitive, puisque l’unique survivante, victorieuse du bourreau délogé, doté d’un gros couteau à la Rambo, sa face camouflée fracassée à coup de crosse de fusil elle-même décorée du total de ses victimes, reçoit au creux de la gorge la dernière balle décoincée par sa colère, misère. Avec un tel argument solaire et linéaire, on pouvait espérer un survival abstr...