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Affichage des articles associés au libellé Rebecca De Mornay

Casino : No Limit

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  Un métrage, une image : Et Dieu… créa la femme (1956) Trintignant, acte II : dans Trans-Europ-Express (Robbe-Grillet, 1967), il étranglait, obsédé, Marie-France Pisier ; onze ans plus tôt, Bardot mettait le jeunot KO , comme Curd (Jürgens) & Christian (Marquand), le public et le politique, le populaire et l’universitaire, Barhes, pas à Saint-Barth, s’en empare dare-dare. À vite voir cela, une persona déjà là, ludique et pudique nudité acidulée, danse exotique d’éden sudiste, chienchien + lapin taquin de SPA, on peut se demander pourquoi. Fallait-il que la France, ne parlons pas du puritanisme américain, hein, se sente corsetée, surtout au sein du ciné, de sa sexualité, pour réserver pareil accueil au véhicule minuscule de Madame Vadim, lui-même d’ailleurs mari délaissé au profit de Jean-Louis, vie imitant l’art et tutti quanti. Épaulé par le régulier Raoul Lévy, La Vérité (1960) de Clouzot il produisit aussi, conforté par le fric de la Columbia, Cin...

Runaway Train : À nous la liberté

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Aller simple, itinéraire d’enfer… « Manheim est un animal » + « Vous êtes une bête ! »/« Pire que ça : un humain ! » puis, in extremis , une citation de Richard III , déductive, paradoxale, sur la férocité de la bestialité dotée de pitié, sur son absence chez l’homme, en tout cas ce roi-là : ainsi se résumerait la moralité de cette traque existentielle, conduite par Kontchalovski presque en Russie, sise en Alaska d’après Kurosawa, concoctée par une Cannon cannoise, alors en quête de respectabilité, à défaut de liberté, financière d’auteurisme bon teint, demandez à Altman ( Fool for Love 1985), Cassavetes ( Love Streams , 1984), Godard ( King Lear , 1987), Schroeder ( Barfly , 1987). Runaway Train (1985) ou la correspondance, judiciaire, ferroviaire, de L’Empereur du Nord (Aldrich, 1973) pour L’Évadé d’Alcatraz (Siegel, 1979), Voight & Ryan substitués à Marvin & Borgnine, Eastwood & McGoohan ? Oui et non, car une femme fait partie ...

La Passagère : Douces flammes de Darlanne Fluegel

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Une blonde et un privé ? Un brun privé d’espoir, pas de mémoire. Dieu réunit ceux qui s’aiment. Édith Piaf Je me souviens, bien sûr, de Darlanne Fluegel dans Police fédérale Los Angeles ( To Live and Die in L.A. , William Friedkin, 1985) ; je la recroisai, hier soir, dans Haute sécurité ( Lock Up , John Flynn, 1989) ; je découvre, aujourd’hui, en différé, qu’elle décéda en décembre 2017, à domicile, à Orlando en Floride, des suites d’un Alzheimer, rime amère, écho d’hosto, à « notre » Annie Girardot. Soixante-quatre ans, ceci peut certes sembler un peu prématuré, pour passer de l’autre côté, néanmoins l’ancien mannequin pennsylvanien ne chôma pas, durant une vingtaine d’années apparut itou dans Les Yeux de Laura Mars ( Eyes of Laura Mars , Irvin Kershner, 1978), Il était une fois en Amérique ( Once Upon a Time in America , Sergio Leone, 1984), Deux Flics à Chicago ( Running Scared , Peter Hyams, 1986), Coup double ( Tough Guys , Jeff Kan...

Épouvante sur New York : Manhattan Baby

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Longue-vue de mateur amateur et cinéaste dissident plaisamment professionnel. Comme si Le monstre est vivant rencontrait Meurtres sous contrôle  : l’aimable Larry Cohen entrecroise la préhistoire et les sacrifices mayas, voilà. Il rend hommage à Willis O’Brien & Ray Harryhausen. Il troque l’Empire State de King Kong contre l’immeuble Chrysler de sa créature dans les airs. Il filme New York aussi bien que Ferrara & Scorsese. Il survole la « ville qui ne dort jamais » et semble passer ses journées sur des toits, à bronzer, à bâtir. Voici une Amérique sympathique de laveur de carreaux et d’employée de bureau, d’oisive lascive et d’ouvriers affamés, de serveuse amoureuse et de clodo endormi, de flic documenté et de prof d’université, Columbia, bien sûr. Un piètre pianiste braque une bijouterie en compagnie, égare le magot, devient le témoin des festins nus de la monstruosité ailée. Un œuf tu trouveras, un autre se fendra en coda. Cohen convainc, Cohen surp...

Trauma : Notes sur le viol au cinéma

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Article de polémique provocatrice ? Musée imaginaire d’un tropisme pas si mortifère. He treated me as a collection of holes. Emily Watson, Apple Tree Yard […] in Deraa that night the citadel of my integrity had been irrevocably lost. Thomas Edward Lawrence, Seven Pillars of Wisdom Le cinéma souvent magnifie les femmes – parfois il les immole comme on démolit une idole adorée, comme on casse une statue sur piédestal. Le viol constitue l’un des crimes sexuels les plus ignobles commis par l’espèce humaine, que les minables humanistes se démerdent avec la violence de l’évidence. Le viol dégrade la séduction en agression, le don en profanation, la jouissance en souffrance, l’orgasme en mécanisme, une pensée peinée envers Brigitte Lahaie, un peu vite condamnée en ligne pour avoir rappelé, certes sous une formulation maladroite, une réaction automatique instrumentalisée, sinon inaudible. Le viol abolit l’esprit et détruit des vies, principales ou « collatér...

Hollywoodland

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Une oeuvre, un plan : Maps to the Stars   (2014) « Tous les agents trahissent » entendait-on jadis dans le mélancolique Festin nu  : Maps to the Stars le démontre misérablement. En partie produit par Saïd Ben Saïd, déjà financier des naufrages de Inju : La Bête dans l'ombre (Schroeder, 2008), Carnage (Polanski, 2011), Passion (De Palma, 2012), écrit par Bruce Wagner, vil avatar de Billy Wilder, scénariste discutable ( Les Griffes du cauchemar , Wild Palms ) et romancier raté ( Toujours L.A. , pavé pollué par le name-dropping ), tourné en compagnie d’une équipe solide (la sœur Denise aux costumes élégants, Carol Spier aux décors chicos, Ronald Sanders au montage millimétré, Peter Suschitzky à la direction de la photographie veloutée, un bémol pour Howard Shore, coupable d’une partition totalement anecdotique, aux accents atmosphériques, pathétiques et exotiques peu inspirés), le dernier film à ce jour (et tout court ?) du réalisateur canadien brièv...

Cold in July : Trois hommes et un couffin

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L’Été meurtrier à la sauce étasunienne ? Disons une odyssée identitaire sincère.    Dans Bushwick , des Texans sécessionnistes assiégeaient New York ; dans Cold in July , ils réalisent des snuff movies à base de batte de baseball  : Nick Damici, scénariste complice et ici caméo d’inspecteur menteur, possède-t-il une résidence secondaire à Dallas ? J’écrivais naguère sur la guerre sans fin de Jim Mickle menée à Mulberry Street  ; je découvris hier soir son Juillet de sang en mesurant aussitôt le chemin parcouru, de l’horreur désargentée, en huis clos choral, vers le polar passéiste en Scope co-produit par la France et les États-Unis. Dans un Texas d’opérette, fantasmé par un aimable tandem de New-Yorkais, que nul ne confondra avec le territoire très noir et ironique de Jim Thompson, se déroule en réalité un conte de moralité, se déploie une étude de la masculinité, de la virilité, de ce que signifie être un mec au cinéma et au-delà durant...