Le Repas de bébé
Un métrage, une image : Les Années Super 8 (2022) « Fiction familiale », « fragment d’autobiographie » homonyme, le film intime se situe sous le signe des « commencements », pas seulement ceux des enfants, affiche l’épiphanie des premières et uniques fois, met en « récit » la « trace » d’autrefois, mais il documente a posteriori des disparitions en série, celles d’un désenchanté Chili, d’un Portugal apparenté à Tanner, d’une Cergy associée à Rohmer, celles d’une mère au carré, de grands-parents du paternel côté, d’un mari fumeur et filmeur. Ce cinéma dit amateur, jamais mateur, dépourvu de pathos, manie aussi l’étymologie, l’amour et le désamour, le couple en route puis en déroute, la publication et la séparation. Durant une décennie, (re)voici la France de mon enfance, prise à travers le prisme et l’objectif subjectif d’une caméra « désirable », (em)portée là-bas, sur soi, en train d’enregistrer du « temps...