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Affichage des articles associés au libellé Daniel Myrick

MaXXXine

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  Un métrage, une image : Antrum (2018) La tente, l’attente, une forêt, des affolés, un opus posthume ou présumé « mortel » : moins malin que le tandem américain Myrick & Sánchez, le canadien Amito & Laicini séduit à demi. Plus méconnu, aussi indie , que le fameux et inoffensif Projet Blair Witch (1999), Antrum (re)connaît ses classiques, s’amorce selon un montage des ouvrages de Christensen, De Liguoro & Padovan, Méliès, démonologues du muet via votre serviteur ailleurs miroités. Encadré d’un documenteur dispensable et un peu racoleur, marketing malhabile muni d’une philosophie riquiqui sur le pouvoir mouroir de la peur, Antrum se met ainsi en abyme, associe sorcellerie et survie, trivial et fatal. S’il se situe au sein malsain du ciné spécialisé des seventies , en possède en partie le radical réalisme, l’essai réussi à moitié s’autorise à être réflexif, à carburer à la consolation et à la catharsis. Le conte pas con fait illico écho à Cu...

Le Projet Blair Witch

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  Un métrage, une image : Les Rues de l’enfer (1984) Comme si Class 1984 (Mark L. Lester, 1982) croisait Le Retour de l’inspecteur Harry (Clint Eastwood, 1983) + un soupçon de Osterman week-end (Sam Peckinpah, 1983) avec, à cause de l’arbalète… La sœurette sourde et muette d’une lycéenne peu sereine se fait déflorer, défigurer, dans les toilettes par plusieurs mecs. Cette revanche violente, évidemment inadaptée – les filles farouches transformèrent leur bagnole en poubelle, bien fait – ne saurait cependant suffire aux gars du gang  : le chef des bien-nommés Scars, qu’elle osa balafrer, attaquée, au café, se débarrasse fissa de l’amie Francine, future mariée, déjà disons inséminée, il la course sur la route, il la soulève aussi sec puis du haut du pont la jette. Ensuite, il écrase le contrit Vinnie, agresseur de peur rempli et néanmoins témoin malgré lui, explique-t-il en pleurs à la survivante pas vaillante, danseuse vandalisée, comateuse hospitalisée, par sa maman t...

Rio Grande

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  Un métrage, une image : Zumiriki (2019) Filmer ? « Vivre deux fois ». Ce film ? « Un garde-fou ». Muni de multiples caméras, « yeux de la forêt » tout sauf ceux de Disney (John Hough, 1980), quoique, notre naufragé point affligé, sorte de sauvage volontaire, partage une parenthèse douce-amère. Île liquide, enfance enf(o)uie, dernière nuit à la bergerie, aphone fin de vie : tout ceci pourtant se situe du côté de l’envie, ne gémit en nostalgie. Prosaïque, poétique, un peu drolatique, guère dogmatique, l’ouvrage renverse le barrage, ranime les images, celles, paternelles, des home movies documentaires, celles, originelles, du tout premier film basque non sonorisé, donc muet, bruité de manière exemplaire par trois corps en parfait accord. La leçon de synchronisation, de résurrection, outre constituer un petit traité méta, à trio de voix, symbolise la sensorialité, la sensualité de l’ensemble. Cette solitude ne verse vers l’hébétude, l...