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Au non du père

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  Exils # 135 (20/10/2025) Dragons d’introduction, affrontement sanglant, auquel répondra la main coupée de la sorcière aristocratique et mélancolique, sens médical du terme, puisque liquide noir au lieu de rouge. Après ce prologue, écho de chaos, « l’instabilité règne sur le royaume de Terremer », réplique en rime avec celle, économique et politique, de la France d’aujourd’hui, pardi, un père royal se fait planter par son fils infernal, scène originelle, quasiment « primitive », dont la dimension symbolique stimule bien sûr l’interprétation psychanalytique. Si ceci ne suffit, voici aussi du marché esclavagiste et du commerce addictif, première dose offerte, dépendance à perpète. Cette noirceur délestée cependant de complaisance, à relativiser lorsque comparée aux histoires du soir des Grimm, Perrault and Co. , constitue l’un des motifs thématiques et dynamiques du film. La quête d’équilibre ne saurait par conséquent occulter l’obscurité au cœur des adultes co...

I, Robot

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  Un métrage, une image : Daft Punk’s Electroma (2006) Plus d’une trentaine d’années après le déjà languissant La Cicatrice intérieure (Philippe Garrel, 1972), vous revoici à errer au désert, souvent mystique et assez suicidaire. Exit Nico, place à Daft Punk, ou plutôt à deux doublures presque en armure. Fable affable au sujet de l’uniformité, du conformisme casqué, pour le masqué, cf. notre contaminée modernité, Daft Punk’s Electroma résonne en surface à l’unisson du Gerry (2002) de Gus Van Sant, prédécesseur idem ensablé, à déguster ou à esquiver en exercice de patience cinéphile. En profondeur, certes sans grande surprise et pourtant pas sans cœur, doté d’une insouciante sincérité, écrivons, filmons, de la réception évitons de nous soucier, il matérialise une polysémique « traversée du désert », locution nominale notamment applicable à l’amitié masculine ou à l’univers des disquaires. Avec une cohérence d’évidence, une logique symbolique tragi-comique, l’e...