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Affichage des articles associés au libellé Stanley Kubrick

Les Siciliens et les Romains

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  Exils # 191 (27/04/2026) Un shérif à New York (1968) faisait la transition entre Pour une poignée de dollars (1964) et L’Inspecteur Harry (1971) ; Le Cercle noir (1973) permet de passer des Collines de la terreur (1972) à Un justicier dans la ville (1974). Derrière le titre opportuniste français, au fond pas mal trouvé, merci à Melville ( Le Cercle rouge , 1970), même maître de cérémonie fatale et macabre, réalisateur de retrouvailles et funérailles, se dissimule ainsi un programme de massacre, anniversaire de cimetière, « dix avril » liquidatif. Pour faire table rase des comparses, il faut attendre plus de quarante ans, patience de Balsam, émule de Luciano. Venger la violente Saint-Valentin des « vêpres siciliennes » nécessite une équipe de « tueurs de pierre », mercenaires au cœur homonyme, vétérans du Vietnam en train de s’entraîner dans le désert avec un ascenseur à l’image de ceux de Malle & Maas. Le gang en blanc, couleur imm...

Zeman I Love

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  Exils # 190 (23/04/2026) Aventures fantastiques (1958) mérite son titre, alternatifs aussi, The Fabulous World of Jules Verne et L’Invention diabolique , traduction explicite du pragmatique intitulé d’origine, auquel le fidèle Invention for Destruction rend justice en rime. Il s’agit en résumé, en bon français, d’une sorte de best of de l’univers vernesque, basé sur un roman méconnu, oublié, cause de procès, le pacifiste Face au drapeau , lui-même synthèse de plusieurs et plus célèbres prédécesseurs, aux personnages au passage cités dès le prologue en voix off . Avant de s’aventurer vers une île forcément mystérieuse, volcan en toc, tant pis pour Empédocle, ce classique à succès, un peu partout récompensé, adoubé de Bazin & Resnais, apprécié par Pauline (Kael), débute dans un asile, comme Le Cabinet du docteur Caligari (Wiene, 1920), se souvient bien sûr de Méliès, autre adaptateur classé « libre », adresse des clins d’œil à la pieuvre de Vingt Mille Lieues s...

Dernière neige

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  Exils # 173 (26/02/2026) Petite pépite en partie polonaise, Chopin opine, on applaudit un pastiche de la scie des Choristes (Barratier, 2004), un faisceau de français, preuve du passé partagé, de la valeur sociale de la langue hexagonale, Le Masseur [1] (Szumowska & Englert, 2020) évoque Edward aux mains d’argent (Burton, 1990), ne ramène à Théorème (Pasolini, 1968), car l’étrange étranger, s’il révèle aussi à eux-mêmes les résidents et surtout les résidentes d’une banlieue bourgeoise sécurisée, au gardien imbibé, aux habitations dupliquées, chérie sa chasteté [2] , ne s’en délivre in extremis qu’en compagnie d’une jeune mère complice [3] , veuve point joyeuse et amante généreuse, scène sexuelle éclairée de manière mordorée, en rime à La Double Vie de Véronique (1991) du compatriote Kieślowski. Une seconde influence cinéphile irrigue l’intrigue simple et répétitive, au risque du tressage de saynètes au sous-texte psychanalytique, reliée au premier fil précité, celle ...

Le Sang de la Présidente

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  Exils # 172 (25/02/2026) Tu dois avoir très peur, citoyen spectateur : (re)voici l’extrême droite aux portes du pouvoir (hôte mis à la porte), à liquider dare-dare, « bonimenteur dangereux » à mettre hors-jeu, maté en vidéo avec sa maîtresse, mais tous les dimanches à la messe. En 2022, le secrétaire général amoureux, baiser volé d’adieu douloureux, informait l’aristocrate patraque des méfaits d’une « internationale fasciste », rime prophétique à la même « réactionnaire » de l’actuel ministres des Affaires étrangères. Puisque « Paris vaut bien une messe », votre démocratique altesse, que le peuple déteste, « l’antifascisme » mérite un homicide, pragmatisme cynique applaudi par les nervis de LFI. La royale Élisabeth de Raincy résiste puis reprogramme le meurtre in extremis , en partance vers la Suisse, où vient d’être commis un attentat terroriste, pardon du pléonasme, massacre causé par un « Français » suicidé, «...

Lavande volante

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  Exils # 170 (12/02/2026) Production indépendante à financement participatif, Valensole 1965 (Filhol, 2025) corrige le comique archaïque du Gendarme et les Extra-terrestres (Girault, 1979). Le sujet, on le sait, relève du fait divers stellaire, comme le démontrent les cartons en conclusion, NASA & CNES à la rescousse, extrait du reportage in situ , que le métrage à l’identique reconstitue, archivé via l’INA, inclus en coda. Ce désir assumé de traitement au premier degré esquive le cynisme, lui substitue un céleste sentimentalisme. L’ opus évoque en vitesse de plus connus et reconnus ancêtres, Take Shelter (Nichols, 2011), Rencontres du troisième type (Spielberg, 1977) et 2001, l’Odyssée de l’espace (Kubrick, 1968). Pas si à la masse, Maurice Masse, massif Matthias Van Khache, ne s’occupe d’apocalypse, de sculpter sa purée, n’accomplit aucun trip psychédélique et pourtant éprouve à son tour un révélateur parcours, aux prises avec l’indicible, l’incrédible, le risibl...

Ivan le Risible

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  Exils # 167 (09/02/2026) Vous souvient-il de « l’américanisation d’Emily », de la britannique Julie (Andrews), titre d’origine des Jeux de l’amour et de la guerre d’Arthur Hiller (1964) ? Voici celle d’Ivan, saisie cinquante-deux années auparavant, par la productrice, scénariste et réalisatrice elle-même « émigrée » de L’Américanisé (1912). Alice (Guy) au pays des merveilles de l’Oncle Sam commet une courte tragi-comédie, un exercice didactique et drolatique de thérapie, comme si la violence conjugale, forcément masculine, s’apparentait à une sorte de maladie d’Europe centrale. Si le sieur Orloff dispose d’une nationalité indéterminée, ses compatriotes à barbe blanche et enthousiasme désarmant annoncent avec leurs visages et leurs vêtements le voyageur à mal au cœur de L’Émigrant (Chaplin, 1917), le casting choral d’ Un violon sur le toit (Jewison, 1971). Alice antisémite ? Pacifions les sophistes : la cinéaste émancipée du patron Léon Ga...

To be (dis)continued

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  Exils # 157 (19/01/2026) Vingt-cinq années après la fin heureuse et miséricordieuse de Twin Peaks: Fire Walk with Me (1992), la coda karma de Twin Peaks: The Return boucle la boucle du doute et de la déroute. L’odyssée du lui-même dédoublé Dale se solde donc par un échec au carré, car il ne parvient à sauver au passé Laura dans les bois, à ramener « à la maison » Carrie aujourd’hui, replay de Piper Laurie compris ( Carrie au bal du diable , De Palma, 1976), avatar vieilli, fugitive amnésique, au macchabée de canapé, jadis « trop jeune pour se méfier » dit-elle ensommeillée, de qui, de quoi, sinon de son possédé papa, conduite encore à la place du mort, sur une (auto)route autant nocturne et désolée que celle de Lost Highway (1997). Le cinéaste ici téléaste se souvient de la dernière rencontre, décevante et dessillante, entre Sue Lyon & James Mason, le loué Lolita (Kubrick, 1962) autre conte de doppelgänger pervers. Il confère à un univers co-inventé...

Game (to redisc)over

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  Exils # 151 (16/12/2025) Redécouvrir WarGames (Badham, 1983) en 2025 finissante, sinon inquiétante, possède un certain piquant et démontre deux choses : 1) John Hughes dut le voir avant de réfléchir à l’hédoniste effronté de La Folle Journée de Ferris Bueller (1986) ; 2) en dépit d’un catalogue – j’allais écrire arsenal, terme très connoté – technologique déjà dépassé, le conte moral conserve son actualité. La bataille finale de tartes à la crème (coupée au montage, dommage) de Kubrick & Southern ( Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe , 1964) ? L’ordinateur placide et néanmoins homicide de Clarke & Kubrick ( 2001, l’Odyssée de l’espace , 1968) ? Le cinéaste et les scénaristes ne s’en soucient, délaissent au tandem d’illustres ancêtres la satire en situation et l’ironie d’anticipation. Ils s’intéressent au « réel », au jeu sérieux, à ce qui les différencient, cf. l’épiphanie collective de...

New Yorke

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  Exils # 146 (02/12/2025) Howard Hawks se moquait de la sentimentalité de John Ford, mais Rio Grande (1950) s’avère presque pudique et modéré par rapport à l’expressivité de Pagnol ( Marius , Korda, 1931), c’est-à-dire de Raimu & Fresnay, père et fils enlacés. Dans un plan-séquence assez intense, la remarquable Maureen O’Hara essuie une larme, son rejeton embrassé à trois reprises – front, nez, lèvres – ne désarme. Néanmoins l’émotion irrigue tout le film, tel le fleuve qui le baptise, se rebaptise Bravo du côté de Mexico, Howie dit oui, frontière liquide à ne pas franchir au jeu dangereux « du chat et de la souris », finalement franchie afin de secourir des enfants captifs rassemblés à l’abri d’une église, croix de volets en meurtrières fissa transformées, comme si Oradour se délocalisait, contre-attaquait. Du chœur ecclésiastique au chœur acoustique, voire l’inverse : les hommes chantent, enchantent, déchantent ; ils « massacrent » aussi les Apach...

Corps (d’)étranger

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  Exils # 131 (02/10/2025) Dans L’Inconnu (Browning, 1927), l’amoureux et dangereux Lon Chaney, lanceur de couteaux avec ses pieds, se faisait amputer des deux bras, fi de la phobie tactile de Joan Crawford, hélas éprise d’autrui, tant pis pour lui. Presque une centaine d’années après, dans Above the Knee (Bøe, 2024), Freddy Singh, acteur, co-scénariste et co-producteur, ne supporte plus sa jambe gauche, c’est-à-dire diabolique, qu’il perçoit en train de pourrir, qu’il prépare au pire. Incarnation à son corps défendant et obsédant de notre époque, celle du DIY, le quidam de domestique et médical mélodrame souffre du syndrome de la DIC (dysphorie de l’intégrité corporelle), que détaille à la TV une vraie-fausse aveugle, victime vite complice pas jusqu’au-boutiste, portée sur les piqûres d’anesthésiant et le vaudeville malséant, en écho aux dingos de Misery (Reiner, 1990) et Liaison fatale (Lyne, 1987). À l’écart de sa compagne compatissante, l’ancien alcoolique dépressif, r...

Pollack paranoïaque ?

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  Exils # 126 (09/09/2025) Redford au téléphone et face à Dunaway presque adepte du syndrome de Stockholm : « Je ne suis pas un espion ». Cependant Les Trois Jours du Condor (1975) commence comme Mission impossible (De Palma, 1996), par l’élimination de l’équipe, histoire de faire table rase pour sa star . Avant d’aller suer à Langley, suspendu et non plus perché, Cruise transpire et conspire dans La Firme (1993). Il utilise aussi le mot « conspiracy », que la VF transforme illico en « complot », que les sous-titres de juriste traduisent d’un « entente délictueuse ». Parmi d’autres diptyques apocryphes, disons Les Chasseurs de scalps (1968)/ Jeremiah Johnson (1972), Yakuza (1974)/ Out of Africa (1985), les productions dialoguent à distance, dessinent des individus tendus, témoignent de leur temps. Les choses changent et demeurent les mêmes, la mafia remplace la CIA, Memphis New York (horizon Washington), le blanchiment d’argen...

Une inconnue et Delluc

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  Exils # 116 (08/07/2025) Le « cinéaste » cinéphile filme donc (fissa) les « fantômes de l’écran », le « pèlerinage » d’une « épave », à défaut de la Duse souffrante, revoici Ève Francis, muse complice et de Marcel L’Herbier aussi la collaboratrice ( El Dorado , 1921). Ils s’aimaient ces deux-là, cela se sent et se voit, même si leur divorce point précoce survient ensuite, a contrario de la coda conservatrice. Dans Eyes Wide Shut (Kubrick, 1999), un autre couple en crise se retrouve et se regarde in extremis , en tout cas devant la caméra, puisque Cruise & Kidman se dirent « adieu » loin de nos yeux. Ici, Roger Karl ( L’Homme du large , L’Herbier, 1920), lequel ressemble un brin à Michael Lonsdale, se casse à Gênes, empli de gêne, file y faire affaire, intermède documentaire, ne succombe à la tentation à la con d’une danseuse, d’une entraîneuse, de confetti riquiqui. Le scénariste réalisateur débuta au théâtre et l’histoir...

Veni vidi Fidji

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  Exils # 114 (26/06/2025) Adaptation de Dick ? Mélodrame drolatique, où un « adulescent » découvre soudain que depuis sa naissance tout le monde de son petit monde lui ment. Il suffit d’une interférence à la radio d’auto, de la résurrection rapido du pseudo papounet trépassé en bateau, traumatisme et culpabilité de minot à trafiquée météo, pour que le simulacre se détraque, que la « star » décide de passer derrière le miroir (salut Alice), de monter l’escalier (type Magritte), de sortir du studio, réplique et révérence respectueusement insolentes en prime ( time ). L’agent d’assurance accomplit ainsi une seconde (re)naissance, quitte la matrice (sur)protectrice et « manipulatrice », petit paradis WASP pastel et pasteurisé, à rendre caduc celui du miston Burton ( Edward aux mains d’argent , 1990). Point de pilule, de complot, de Neo ( Matrix , les Wachowski, 1999), plutôt la révolte non violente (couteau écarté illico ) et individuelle du héros...