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Affichage des articles associés au libellé Orson Welles

Dorota 1880

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  Exils # 124 (02/09/2025) En dépit du pronom, Mon XX ème siècle (Enyedi, 1989) n’appartient pas à un personnage, plutôt à sa cinéaste, même s’il ne s’agit ni d’un film historique ni d’un film autobiographique. En découvrant ce noir et blanc, on se dit revoici de l’ arty , du ciné usagé, du simulacre primé à Cannes. Mais le premier essai de cette réalisatrice et scénariste peu prolifique, universitaire et festivalière passée par Montpellier, mariée à un Allemand, le pays co-produit, ne se réduit Dieu merci à ceci, alors tant pis s’il (dé)tourne assez vite à vide, se termine entre deux rives livides, lent travelling avant à contre-pied de l’exposition éclatée. Au générique style La Femme publique (Żuławski, 1984) de l’obsolète Annette (2021), autre conte (« de fées ») méta qui peut laisser de bois, Carax remercie Béla Balázs (et « Edgard Allen Poe »), célèbre théoricien exilé de Berlin et fissa professeur au VGIK, au retour recadré par des autorités so...

Les Rôles d’Errol

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  Exils # 62 (28/11/2024) Homme libre, toujours tu chériras la mer ! Baudelaire, L’Homme et la Mer Puisque Flynn se fiche de ses films, on évacuera Les Aventures de Robin des Bois (Curtiz & Keighley, 1938), au demeurant divertissant, mais l’on ne fera fi de l’autobiographie, au titre d’insistance, à lire à double sens. Ses mauvaises manières, ou bien mauvais chemins, les voici sous l’aspect d’un pavé, que résume une plume démasquée [1] . Longtemps avant de se costumer, de prendre l’épée, ce citoyen australien vit diverses vies. Il lit beaucoup, commet les quatre cents coups, un destin rimbaldien, aux béguins de Gauguin. Moins Casanova que cosmopolite, davantage aventurier qu’homme politique, le beau diable natif de Tasmanie ne manie l’économie, baise et se fait baiser, au propre, au figuré. Havilland & Hollywood ? Des étapes sur sa route. Son désir d’or ? De quoi payer après l’accès au théâtre et au musée, au bordel existentiel, ethnographie à parfo...

Le Testament flamand

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  Exils # 41 (26/06/2024) Encadré en boucle bouclée par deux citations de l’Alice de Lewis (souvenir subit de Alice ou la Dernière Fugue , Chabrol, 1977, sa variante féminine, Kristel versus Carrière), la seconde en écho à celle de Poe placée en épigraphe de Fog (Carpenter, 1980), voici bel et bien un ouvrage des seventies , rempli d’arrêts sur image de son âge (souvenir de l’ouverture de La Horde sauvage , Peckinpah, 1969), de zooms arrière et avant de son temps (l’Italie les apprécie), de plans classés en caméra portée, vestiges du « ciné-vérité », de plans (re)mont(r)és en replay , marqueurs d’une temporalité peu portée sur la linéarité (cf. Roeg). Le mélange de lumière blanche et d’éclairages colorés – le dirlo photo Gerry Fisher va ensuite s’occuper des climatiques Monsieur Klein (Losey, 1976), Don Giovanni (Losey, 1979) ou Highlander (Mulcahy, 1986) – évoque idem la gueule de bois (du cinéma) de ces années-là, comme si Sautet soudain virait Bava, la sé...

Zone morte

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  Exils # 21 (15/02/2024) Déjà responsable de l’ arty et risible Under the Skin (2013) – le fameux et freudien « continent noir » de la sexualité féminine relooké en tache d’huile, puits de pétrole pas drôle où périssent les prédateurs devenus proies, les féministes s’en félicitent, ça va de soi –, l’austère Glazer remet le couvert, telle la servante tétanisée, maltraitée, de la maudite maisonnée. De Scarlett Johansson, autant transparente que dans l’insipide pudding du Dahlia noir (De Palma, 2006), in fine transformée en Jeanne d’Arc en forêt, aux crématoires à concevoir, améliorer, jour et nuit utiliser (la mère de la mère s’en désespère, se carapate en catimini, laisse un mot cramé illico , occupation locale oblige), puis pendant l’épilogue interpolé contemporain, sis au musée malsain, astiquer en silence et au féminin, en rime à l’hygiénisme de la funeste famille – baignoire miroir, car les os à l’eau, ça salit, la baise d’une prisonnière rousse pas farouche...

Les Fantômes du miroir

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  Exils # 13 (22/12/2023) J’écrivis, on le vit, sur Vecchiali, désormais (tré)passé de l’autre côté du miroir mouroir, du regard et des égards, comme quelques autres réalisateurs plus ou moins de mon cœur : Deville, Friedkin, Lado, Saura, cohorte pas en toc, à retrouver itou sur ce blog . Idem décédées cette année de ciné, déjà par moi miroitées, Mesdames Laurie, Lollobrigida, Stevens, Welch. Ainsi va la (sur)vie, de la nécrophile, dénommée cinéphilie aussi, vers la nécrologie, arts funéraires en reflet, sis sous le signe de l’éphémère, du lapidaire. Si les salles, croyait Artaud, pas trop marteau, ressemblent illico à des caveaux, certes confortables et climatisés, hédonisme et hygiénisme de la modernité, empreinte de pseudo-pandémie, les soi-disant vivants, souvent à demi mourants, zombies du mercredi, station d’évasion placée entre la famille, le domicile, le métier, le supermarché, emploi du temps occupant, préoccupant, mascarade macabre à la Romand, menteur errant rac...

Les Gens de Mogador

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  Dur à cuire ? Pas dur à (d)écrire… Orpheline « émotive », « forêt enchantée », prince charmant au rêve « inconvenant » : davantage qu’au roman noir à la Dashiell, on songe à l’homonyme de Radcliffe, d’ailleurs mis en abyme en sourdine et mode moqueur. Si la juvénile Janine, pensionnaire émancipée, rapatriée, d’établissement forcément suisse, de dévergondage ou de subversion hexagonales, aucun risque, vive la neutralité rémunérée, souffre d’une forme de funèbre bovarysme, puisque lectrice avouée, assumée, d’ouvrages « tendancieux », mon Dieu, occultisme de gros sous, de filous, notre Nestor donc croque-mort connaît ses classiques et méconnaît le « nouveau-roman » du temps, réduit à une occupation à la con dépourvue de ponctuation, passons (la gomme m’ordonne Robbe-Grillet, olé). Le détective s’avère aussi, en catimini, cinéphile, c’est-à-dire au courant des alcoolisés agissements d’Orson Welles & Alexandre Astruc, t...

La Petite Bande

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  Un métrage, une image : The House of Seven Corpses (1973) Celle de Hawthorne & May ( The House of the Seven Gables , 1940) possédait donc sept pignons ; celle du sieur Harrison dispose de sept macchabées in fine portés au carré, car la vie imite l’art dare-dare, non le contraire, ma chère. Téléaste pour les enfants petits et grands, notre Paul, point apôtre, signe ainsi un film orphelin, seul essai au ciné, pourtant coproduit par la Television Corporation of America, pardi. Au croisement du contemporain La Nuit américaine (Truffaut, 1973) et de l’increvable Agatha Christie, ce huis clos rococo, construit en boucle bouclée, désormais disponible en ligne, via une version (française) assez superbe, qui met en valeur le beau boulot du dirlo photo Don Jones, mérite son exhumation, métaphore à saisir ici au sens littéral, létal. Un réalisateur spécialisé dans les opus dits horrifiques, obsédé par le fric, le sien, time is money , prière de se presser, investit une ...