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Affichage des articles associés au libellé Jiří Menzel

Alouettes, le fil à la patte : Papa est en voyage d’affaires

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Jiří Menzel. Drôle et tendre, cette satire disons sidérurgique entrecroise ersatz de STO et love stories . Elle remémore Affreux, sales et méchants (Scola, 1976) ou Street Trash (Munro, 1987), mais bye-bye au bidonville excessif, exit la casse auto scato : Alouettes, le fil à la patte (1969) se déroule sur une petite partie tristounette, dédiée au tri métallique, d’un complexe industriel parcouru en incipit , à cartons contextuels, par un panoramique gauche-droite puis un travelling avant surplombant, la caméra imaginée suspendue à la manière d’une berline usitée aussi, registre certes différencié, par le guilleret Damnation (1988) de Béla Tarr. Ici bossent des bourgeois et travaillent des fugitives, séparation des sexes guère inflexible, merci au gardien prénommé Ange, ange gardien mari d’une Gitane amusée par le cadeau du confort moderne d’un appartement, lui préférant le sommet d’une armoire avec...

Les Nuits blanches du facteur : La Dame du lac

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Suie à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Andreï Kontchalovski. Imaginez dans Le Miroir (Tarkovski, 1975) le reflet de Paranormal Activity (Peli, 2007) mais mettez de côté le chromo et les trémolos de Il postino (Radford, 1994). Bientôt octogénaire, l’auteur du scénario de Andreï Roublev (Tarkovski, 1969), frangin de l’épique et poutinien Nikita Mikhalkov, signe un film d’une jeunesse et d’une sagesse enviables, fréquentables. Muni de ses deux caméras Red, d’un script co-écrit avec l’ex-journaliste Elena Kiseleva, retrouvée pour Paradis (2016) à la bande-annonce refroidissante, du concours des habitants d’un hameau essaimé autour d’un grand point d’eau, le second AK, un salut à Akira Kurosawa, aiguilleur de l’argument de Runaway Train (1985), cartographie une autre Russie, pas celle de Vladimir, pas celle de la station Mir, quand bien même une base aérienne élance dans le ciel sa fusée surréelle. Blancheur des peaux, de l’alcool qui console, qui p...

La Belle et la Bête : Bloody Bird

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Interdiction de Jésus, injonction de Morrison ? Ramage-plumage d’otage tactile.   Oubliez illico Cocteau, à peine cité le temps d’un plan de rideaux volants : La Belle et la Bête tchèque dialogue davantage avec Herzog, Franju, De Palma, Ridley Scott. Le titre original précise d’ailleurs les choses ; il s’agit de la rencontre d’un « monstre » et d’une « jeune fille », comprenez donc une vierge. Adieu au masque velouté, à la crinière léonine, de Jean Marais magnifiquement défiguré par son amant polyvalent et le maquilleur Hagop Arakelian, bonjour à une tête de piaf inspirée de la party déguisée de Judex (1963) autant que du volatile vengeur de Phantom of the Paradise (1974), ailes de cape à la Batman incluses. Quant au château de huis clos, il annonce bien sûr le petit théâtre de la cruauté transalpin de Bloody Bird (1987), autre item orné d’un oiseau sado. Juraj Herz, décédé au meurtrier mois d’avril, Heynemann opine, paix à son âme ...

Mon cher petit village : Partie de campagne

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Jiří Menzel. Une comédie tchèque ? Cela sonne comme un oxymoron, non ? Prague, son printemps, ses chars, ses performeuses de pornographie (que devient Silvia Saint ?), Kafka, De Palma (le début de Mission impossible ), voilà, voilà (qui guère n’incite à se gondoler, pas vrai, même si les aventures de Gregor Samsa ne manquent pas d’humour, certes aussi noir qu’un cafard). Mais la Bohème – tout un imaginaire surgit de ce seul mot, en écho à la madeleine proustienne sensorielle – sut sourire, pas seulement dans les années 60, quand l’Ouest découvrit, assez ébahi, ce qu’il qualifia, paresseusement, d’après le sursaut de Truffaut and Co ., de « Nouvelle Vague » venue de l’Est (Věra Chytilová, Miloš Forman, Jaromil Jireš, Jan Němec ou Ivan Passer, et j’en passe, notamment Jan Švankmajer, Jiří Trnka & Karel Zeman dans l’animation ou Gustav Machatý en pionnier polisson, c...