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Affichage des articles associés au libellé Sissy Spacek

Que c’est triste Venise

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  Aznavour, mon amour ? Donaggio, en morceaux… Caro Pino, d’aucuns diraient que tu reviens de loin, mais tes crooneries pas si conneries, de « dernier romantique » assumé, revendiqué, surent séduire Mina, Dusty (Springfield), Elvis, jadis. Balavoine invitait les « chanteurs de charme » à « nous rendre nos femmes » ; quand le succès décrut, tu ne rendis les armes, tu composas au pied levé, producteur paraît-il croisé, anecdote de bord de flotte, pour un remarquable et remarqué mélodrame dû à Roeg, qui attira l’oreille d’un cinéaste mélomane nommé De Palma, oui-da. Que deviendraient ses films sans tes musiques ? Question rhétorique, sinon stupide. Ni ersatz de Herrmann, ni émule de Morricone, plutôt couple privé d’entourloupe, à la Montaigne & La Boétie, des différences d’idiomes, faisons fi, tes contributions beaucoup (de toi) leur accordent, précises, précieuses, logiques, lyriques. Sissy & Angie sous la douche, au lycée, au mu...

Carrie au bal du diable : A Bucket of Blood

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  Le succube et le chevalier, le dissimulé du (dé)montré… Comme John Travolta en coda de Blow Out (1981), Amy Irving arrive trop tard pour déjouer le désastre ; elle part aussi trop tôt, mise aussitôt à la porte par sa prof de sport , afin d’assister au massacre en huis clos, aux allures de frénétique fourneau, spectacle cependant point perdu pour la principale intéressée ensanglantée, sidérante et sidérée, implacable et (presque) pardonnable, ni pour le couple apeuré, tireur de ficelles, plutôt de corde, pas celle de Hitchcock, témoins malsains d’un gymnase en effet d’enfer, fissa transformé en cruel et drolatique cimetière. Sous tous ces yeux n’en croyant pas les leurs, dont les nôtres ad hoc , se déploient et se dédoublent un cauchemar matérialisé, une leçon de réalisation, une punition collective de vraie-fausse sorcière very vénère, reine truquée de promo pas très catho, devenue illico dingo. Dans cette scène assez sublime, au sens kantien du terme, donc mélang...

Le Voyage de la peur : Desperado

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Beauté(s) de la série B – à propos d’Ida Lupino (II)… Inspiré d’un fait divers, The Hitch-Hiker ne donne pas dans le spectaculaire mais au contraire dans la répétition et les variations, tout au long d’une funeste odyssée vers un éden incertain, rêve irréel de hors-la-loi aux abois. « This is the true story of a man and a gun and a car. The gun belonged to the man. The car might have been yours » nous avertit le lapidaire carton d’introduction, avant qu’un canon de revolver présageant celui de L’Impasse ne s’impose en gros plan, sur tout l’écran, moins directement dirigé vers le spectateur que pour Carlito Brigante, à l’agonie proustienne sur sa civière mémorielle. Le Voyage de la peur , traduction française hyperbolique et pourtant point inexacte, invite à se positionner à la « place du mort », littéralement, et peut apparaître en matrice apocryphe d’une longue et sanglante lignée matérialisant les noces nocives de l’asphalte et de la folie. On pense ici à R...

L’Homme qui aimait les femmes : Le Sérail érotique et tragique de Brian De Palma

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Sept femmes pour un très grand cinéaste (« féminin ») – et non plus six pour l’assassin, comme chez Mario Bava ! – injustement taxé de misogynie… ·          Margot Kidder dans Sœurs de sang (1973) Le parcours de Margot Kidder pourrait servir d’illustration au précepte de Wilde : « La vie imite l’art ». Celle qui interpréta si brillamment la schizophrénie dans Sisters devait en effet connaître bien plus tard des « troubles bipolaires ». Compagne éphémère du réalisateur et d’un certain Philippe de Broca, la belle et talentueuse actrice canadienne connut aussi quelques tracas pour son opposition à la guerre du Golfe et à l'intervention américaine en Irak (« raccord » avec Redacted , donc). Pour les cinéphiles, elle demeure bien sûr la fiancée mutine et midinette, sous ses allures de garçonne à la mode des années 80, de Superman, nouvel Orphée inversant la rotation terrestre pour ressusc...