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Affichage des articles associés au libellé Film érotique

Eyes Wide Shut

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  Un métrage, une image : Frustration (1971) La « femme de chambre » (étranger intitulé) fait du mauvais café, se fait à domicile son mental et in extremis meurtrier, suicidaire ciné, rêve éveillé (« dream » idem ) à faire rougir l’onaniste « Madame » soyeuse et songeuse, à main chercheuse et baladeuse, de Bashung ; toutefois Bénazéraf ne fait un mauvais film. Doté dès sa sortie d’un sous-titre explicite, géographique et un brin rimbaldien,  Les Dérèglements d’une jeune provinciale , affligé désormais, en édition DVD, d’une jaquette suspecte, miséreuse et racoleuse, le confidentiel et conflictuel Frustration s’affirme en sourdine tel le troisième volet moins renommé d’une trilogie apocryphe de féminine psyché très tourmentée, commencée par Polanski ( Répulsion , 1965) puis poursuivie par Buñuel ( Belle de jour , 1967). Se substitue donc à une Deneuve dédoublée, au propre et au figuré, la patiente et pertinente, un peu perruquée, un soupçon prostituée, gentiment congédiée...

Le Royaume des fées

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  Un métrage, une image : Morgane et ses nymphes (1971) « L’amitié ne se vit pas à moitié », en effet, mais la beauté, la juvénilité, l’immortalité se paient de la liberté, allez. Françoise philosophe, Anna dessine, les deux étudiantes se perdent, passent de la route à la déroute. Juste avant, une curieuse excommunication donnait le ton. Comme dans Dracula , l’aubergiste leur conseille de s’agiter, de s’éloigner ; elles n’iront loin, ne savent s’écarter en nuitée du rural et circulaire chemin. Après des baisers lesbiens parmi la paille, vient le matin et la réalité déraille. Un nain malsain, ensuite amoureux, malheureux, amène Françoise auprès de Morgane, de son matriarcat : à la suite de Cassandra (Peterson), « d’un château l’autre », opine Céline. Le Diable, dit une dame, se limite à « un conte inventé par l’Homme pour lui faire peur. » Ici, entre amies, plus de « mal », plus de mâle, et la vieillesse vite esquivée, à...

Joy et Joan

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  Un métrage, une image : Émilienne (1975) On se vouvoie, chez ces gens-là. On se préoccupe d’art, nul hasard. On possède de l’argent et du temps, cependant on ne prend point d’amant, plutôt des amantes et guère marrantes. On glisse avec un soupçon de malice du saphisme vers le triolisme, mariage-ratage de ménage à trois et à outrage(s), dommage. Un enfant n’affole, indiffère sa mère ; à l’ultime instant, l’épouse paraît pardonner, (re)monte l’escalier : la promesse souriante d’une troisième chance ? Dans le méconnu Émilienne , commis par Guy Casaril, on reconnaît Claudine Beccarie, la vraie-fausse Cosette du presque exceptionnel Exhibition (1975) de Jean-Claude Davy, on s’émeut aussi et surtout de la présence permanente de Betty Mars, à laquelle je consacrai en début d’année quelques lignes non nécrophiles, néanmoins énamourées. En partie écrit par Éric Losfeld, entre autres rôles l’éditeur d’un certain Emmanuelle , à moitié musiqué par feu Nino Ferrer, mon...

Emmanuelle 4 : La Femme aux deux visages

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  Naufrage d’enfantillages ? Hommage à dommages… Chirurgie du récit et charcutage du montage : Emmanuelle 4 (1984) démontre en lui-même la division de son sujet, film dit érotique assorti de trois instants « interdits au moins de dix-huit ans », contamination à la Caligula (Brass, 1979), voilà. Ponctué de vrais-faux fondus enchaînés aux allures de pages tournées, il constitue comme une chronique pas si exotique, s’apparente à un périple à rebours, de retour à l’amour, s’apprécie en portrait de femme tourmentée, transformée. Accompagné de l’espiègle Mademoiselle Nygren, substituée à la regrettée Sylvia Kristel, qui s’interprète elle-même, Leroi relit, de manière littérale, médicale, La Femme aux deux visages (1941), où Cukor dirigeait/dédoublait Greta, compatriote de Mia, s’inspire de Sueurs froides (Hitchcock, 1958), seconde Carlotta incluse, adresse un clin d’œil de cinéphile zoophile à The Devil in Miss Jones (Damiano, 1973), débauche d’outre-tombe...

Les Cauchemars naissent la nuit + Exorcisme : Francofonia

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  En mode Belmondo : « Vous n’aimez pas Franco ? Allez vous faire foutre ! »… Titre poétique, pour opus onirique : dans Les Cauchemars naissent la nuit (Jess Franco, 1970), escortée par le score inspiré de Bruno Nicolai , Anna narre à un médecin malsain, à silence de sacristain, in extremis assassin, son destin lesbien, un brin brechtien, en vain indien. Victime (in)volontaire d’une voleuse machiavélique, la voici vite, programme hypnotique, malédiction cinématographique, conduite au suicide, antidote ad hoc , molto baroque, remarquez les multiples miroirs mouroirs, superbe, spectral, droit au creux des yeux malheureux, monté en alternance avec un accouplement de perdants, à sa supposée insanité, à ses mains par les mauvais rêves, par la réalité, elle ne le sait, le lendemain ensanglantées. Muni d’un monologue off , oh, les innombrables maux du monde immonde, son trépas personnel cependant se développe, jusqu’à endosser une culpabilité décuplée, ...

Black Candles : Orgie en noir

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  Soufre et sperme, cire et sang… Madame rêve ad libitum Comme si c’était tout comme Dans les prières Qui emprisonnent et vous libèrent Alain Bashung En vive voiture, en pleine nuit, en petite compagnie, son Robert, latiniste désabusé, ancien du séminaire, avec elle arrivé en Angleterre, sa belle-sœur esseulée, endeuillée, séductrice, conductrice, Carol se met à songer : Black Candles ( aka Los ritos sexuales del diablo , José Ramón Larraz, 1982) met en images d’un autre âge son rêve érotique, exotique, à la semblance britannique, à la trompeuse panoplie patronymique, de production hispanique. Comme la Laure/Lily un brin Marat, plutôt assoupie, because pause de baignoire, pré-histoire dans le brouillard, de Femme fatale (Brian De Palma, 2002), elle se réveillera, elle revivra les événements d’avant, spectatrice puis actrice du film de sa vie, voui. Mais moins optimiste que la prolongée, précipitée, apaisée, punaisée coda du De Palma, celle de ce métrage-là res...

Histoire d’O + Histoire d’O, numéro 2 : La Débandade + Maîtresse

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Initiale infernale, d’orifice à offrir, de tandem cinématographique à fuir…   Comment minorer un roman majeur, l’amoindrir en modèle de cinéma bourgeois ? En pasteurisant Pauline, pardi, en modifiant le possible suicide en final féministe, fichtre. Toutefois les reflets en soft focus pouvaient presque fonctionner, car raccord avec la dimension onirique du conte initiatique, mystique, avec le parcours éprouvant, voire bouleversant. Hélas, l’érotisme inoffensif, la superficialité de publicité, le fastidieux défilé des vains mannequins, caractéristiques de pseudo-style, lassent fissa et le film ne s’en remet pas. Histoire d’O (Just Jaeckin, 1975), illustration d’une transposition de Sébastien Japrisot, dont l’Elle vengeresse et « névrosée » de L’Été meurtrier (Jean Becker, 1983) renverse et victimise la volontariste et extrémiste O, se voit donc co-éclairé par Robert Fraisse, qui dirigera dix-sept ans après la photographie du fumiste L’Amant (Jean-Jacque...

À nous les lycéennes + Les lycéennes redoublent : Gloria

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Mauvaises notes de films médiocres ? Appréciations de saison(s)…    Et tu recherches dans le vague Une ombre un sourire qui soulage Une voix sans image Un refrain qui voudrait crier Toute première fois Jeanne Mas Incontournable « comédie érotique à l’italienne », À nous les lycéennes (Michele Massimo Tarantini, 1975) conserve sa mélancolie, car irréductible à une collection de culottes scolaires, portées-ôtées par des élèves d’ailleurs largement majeures, rassurons les censeurs de l’éducation, nationale ou non. Désormais prohibée pour des raisons de victimisation, mesurez le chemin moralisateur des mœurs, l’imagerie fait joujou avec la lingerie et mumuse avec le voyeurisme du spectateur, mise en abyme magnanime, via des professeurs fissa suffoqués par une paire de jambes écartées. Au siècle dernier, des adolescents désœuvrés, délestés de perversité, durent sans doute s’astiquer en solitaire, en salles, à domicile, fesse VHS, devant le dive...

Quartier haute sécurité pour femmes : La Captive

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La tendresse et le string , la rébellion et les mamelons… Au-dessus du grillage on voit L’arrogance de leurs armes tu vois Je ne suis pas à plaindre crois-moi On s’occupe de moi Bernard Lavilliers Prose ou poésie Tout n’est que prétexte Pas la peine de t’excuser Muse ou égérie Mes petites fesses Ne cessent de t’inspirer Mylène Farmer Prends garde Sous mon sein la grenade Clara Luciani Ce WIP transalpin tourné au Portugal mérite mieux que les moqueries du mépris : pour résumer, il s’agit d’un divertissement souvent hilarant, merci à la VF vintage , assez soigné, estimable direction de la photographie due à Renato Doria, dont la médiocrité assumée se voit transcendée par un sens du surréalisme latinisé, constitue en soi une forme de sublime insensé. Caged Women (1991) cristallise une série de films qui jamais ne connaîtront les honneurs des cérémonies respectables, autarciques, incestueuses, César ou Oscars dérisoires, qui toujours...