Terminus : Divagations à propos d’un évanouissement
The End, Ende, Fine, Fin, enfin… Puis la mention polyglotte disparut, suivie bientôt par le générique d’ouverture et/ou de fermeture. Comme si le mot de la fin littéralement ne revenait plus à l’écran. Comme si la tautologie lexicale s’ouvrait sur un infini au-delà de la salle. Comme si la liste des artisans, pas encore intermittents, n’intéressait personne si pressé de sortir du mausolée. Le rite funéraire du cinéma se passerait donc désormais d’épitaphe. La fin, a fortiori définitive, il fallait la chercher ailleurs, par exemple à Auschwitz ou à Hiroshima. Ici et là l’Histoire mit fin à toutes les histoires. Le traumatisme insurpassable mit un terme à toutes les formes d’humanisme et démontra à l’humanité sa malédiction, sinon sa disparition. Le cinéma sismographe ne pouvait pas ne pas enregistrer cette césure du siècle, abjecte, inédite et vertigineuse. Gardons-nous cependant de l’identifier en naissance de sa modernité, rappelons-nous des prouesses et des promesses du m...