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Affichage des articles associés au libellé Donald Cammell

L’Homme parfait : Mustang

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  Possibilité de (se) tromper, impossibilité d’être (dé)trompé…   Variation de saison et ad hoc des Femmes de Stepford (Forbes, 1975) ? Davantage version locale du peut-être plus sentimental I’m Your Man (Schrader, 2022), synchronicité à la Carl des sorties, eh oui. Sous sa forme amorphe de téléfilm inoffensif, rien d’étrange, mon ange, car Orange (télé)commande, L’Homme parfait (2022) met en images trop sages la masculinité très tourmentée de notre médiocre modernité. Une avocate patraque, un acteur chômeur, un robot (h)UMAN(o) : voici le vaudeville revisité, le trio vieillot réinventé. Mais l’amant manie l’amie, Pierre-François fornique avec Frédérique, pourtant remplace le placard une cabine de batterie colorée où filer, affaibli, se recharger. Durringer et ses scénaristes ne se soucient de sociologie, de misogynie, des épouses dépourvues de blues , d’androïdes sexuels et sexués designés par un séide de Disney, afin d’assister puis assouvir le désir du peti...

Grease : Travolta et moi

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Du miel à la truelle ? Diptyque de pépites… N’en déplaise aux spécialistes, au critique Kant, le sublime peut aussi procéder du risible, au lieu de flanquer l’effroi, de flanquer les foies, au moins parfois, surtout au cinéma, surtout à gomina. Le dispensable Grease (Randal Kleiser, 1978) présente ainsi deux instants assez intéressants, sinon séduisants, unisson de chansons de (désespérée) dévotion et de (mauvaise) réputation. Certes, de supposées lycéennes s’y voient interprétées, double sens, par d’avérées trentenaires, en duo à distance, solidaire, mais la magie, pas seulement musicale, muséale, sentimentale, opère, la « suspension d’incrédulité » possède une certaine solidité. Opus d’adolescence(s) et d’apparence(s), Grease se mire au miroir ludique, liquide, du désir, de la nostalgie, des identités sexuées de communautés archétypisées, des images-mirages d’un autre âge, à la fois subjectif et collectif. Par conséquent, il devient cohérent que l’esseulée,...

The Hitman : I Spit on Your Grave

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Lucien Lacombe ? Disons « Andre », délesté d’accent, doté d’un coup de sang… Pour mon père Dans ce (télé)film méconnu commis en pilotage automatique par son frère Aaron, remarquez in extremis trois autres homonymes, caméos à gogo, laissons-les aux généalogistes de générique, Chuck Norris, un chouïa relooké à la Jean-Claude Van Damme de Chasse à l’homme (John Woo, 1993), décède et ressuscite, assène des répliques sarcastiques, dont l’ultime, guère magnanime, « Il ne méritait pas de vivre », amen , côtoie sous couverture un beau trio d’ordures, accessoirement pratique hors-champ un cunnilingus étonnant, sur la personne d’Alberta Watson ( White of the Eye , Donald Cammell, 1987), désirable en dépit d’être depuis défunte, traîtresse maîtresse de son boss bientôt dessoudée en auto/caveau et, last but not least , retrace, transi, le passé d’un cétacé admiré. Tout cela, n’en doutons pas, déplaira aux féministes, surtout aux antiracistes, outrés par le...

White of the Eye : L’Arme à l’oeil

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Misogyne et moralisateur ? Méritoire même (en) mineur… Le mariage de la carpe Cannon et du lapin Cammell accoucha donc d’un petit polar un peu arty , assez bizarre, citant autant Dario Argento, tendance Ténèbres (1982), gare au verre, que Jean-Luc Godard, toujours trop tard pour éteindre la mèche, Pierrot le Fou (1965) opine. Co-écrit par China & Donald, remarquez, au resto, le caméo de la compagne, itou créditée dialogue director , éclairé coloré par Larry McConkey, également manieur de steadicam , scoré à la fois par Rick Fenn, cette fois-ci sans 10cc, Nick Mason, enfin émancipé de Pink Floyd, Leoncavallo & Mahler, mince, le Paillasse du premier plus tard réutilisé, à l’occasion de l’opératique Les Incorruptibles (Brian De Palma, 1987), Sean décède dans son sang, White of the Eye (Donald Cammell, 1987) portraiture, par conséquent, un spécialiste du son, à l’oreille inouïe, oh oui, au bord de la rupture, pas seulement sentimentale, plutôt cérébrale, à l’orée...

Génération Proteus : The Golden Child

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  « Graine démoniaque » ? Connerie de Koontz… Saisissez Seule dans la nuit (Young, 1967), mélangez-le à Inseminoid (Warren, 1981), saupoudrez de 2001, l’Odyssée de l’espace (Kubrick, 1968), ajoutez un soupçon de Sliver (Noyce, 1993), une larme de Rosemary’s Baby (Polanski, 1968) et assaisonnez d’une pincée de Ne vous retournez pas (Roeg, 1973) : vous obtiendrez Génération Proteus (Cammell, 1977), mets réchauffé, comestible insipide, téléfilm financé par la MGM. Pour subir ceci, il convient de beaucoup apprécier Julie Christie, il faut être fanatique de Fielding. Huis clos de mélo maternel, Demon Seed donne à voir et entendre un ordinateur mateur, aux éléments « organiques », aux préoccupations écologiques, à la moralité malléable, à la mortalité inacceptable. Proteus, Protée de vidéo-surveillance, rêve de sortir de sa « boîte », diable impitoyable entiché de fœtus . Fissa fécondée, la psy pour enfants, accessoirement mère or...