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Affichage des articles associés au libellé Jacqueline Pagnol

Marcel pastel

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  Exils # 178 (10/03/2026) Immersif (Minnelli), naturaliste (Pialat) ou onirique (Kurosawa), le cadre de la caméra, écho du tableau, d’une toile l’autre, portraiture van Gogh et sa peinture. Marcel et Monsieur Pagnol (2025) revisite aussi une vie, sous la forme d’un dessin animé documenté, plus solaire que crépusculaire. Au soir d’une existence, l’écriture à rebours antidote à l’absence, l’écrivain académicien se souvient, fait fi du four de Fabien . Au creux de l’éclairée obscurité d’un bureau sans chat ni oiseau, le cinéaste projette un film de famille de séance intime, y assiste le reflet rajeuni, compagnon de route à l’écoute du parcours au long cours, parfois les personnages l’aperçoivent. Sollicité par une certaine Hélène (Lazareff), médiatrice des lectrices d’ Elle , le dialoguiste rétif à se considérer romancier dispose donc de trois heures pour ressusciter le passé, puisque le coursier venu récupérer l’article oublié, les psychanalystes parleraient d’acte manqué, paraît ...

Le Paria et le Pactole

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  Exils # 103 (17/04/2025) Sans doute ulcéré par le succès des adaptations infidèles et personnelles de Pagnol ( Jofroi , 1933, Angèle , 1934, Regain , 1937, La Femme du boulanger , 1938), idem né en 1895, date symbolique, Giono créé sa société de films homonyme, démarquage de celle de Marcel, productrice ensuite du languissant Un roi sans divertissement (Leterrier, 1963), s’acoquine au « conseiller technique » Claude Pinoteau, à Costa-Gavras à l’assistanat, illustre illico son propre et original scénario. Jamais si bien desservi que par soi-même ricanent quelques critiques, hormis les plutôt positifs Cahiers du cinéma , bientôt itou dépités par le tandem d’ items de l’égaré Romain Gary ( Kill , 1972). On peut en partie les comprendre tant Crésus (1960) se réduit à l’anecdotique, sous couvert de conte économique, doté d’une morale sentimentale « à deux balles ». L’estimable romancier du Chant du monde et le poète loupé d’ Il n’y avait plus qu’à marcher...

Ordet

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  Un métrage, une image : Manon des sources (1952) Pagnol apôtre de la (bonne) parole : au-delà des dialogues, des monologues, Manon des sources , sous-titres en prime, se structure donc autour de dix (dits) gros blocs verbaux, une discussion, une « malédiction », un récit, un « procès », un « discours », un « rapport », un « sermon », un « conseil de guerre », un « testament », une réunion. Le verbe se met en scène, donne à dire et ressentir le passé, l’impensé, le non prononcé, tandis que la surimpression, à l’unisson, presque d’insolation, ranime la famille de Florette, ses quatre spectres. Mélodrame moral de « crime collectif », par conséquent de culpabilité partagée, y compris par les « victimes jamais complètement innocentes », le diptyque pragmatique, doté d’un instit ironique, de l’esprit et du style de son auteur majeur emblématique, (re)connaît ses classiques, d’Œdipe à ...

Cavale vitale : Un croquis de Cathy

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  Rebelle ? Rouvel. Fille facile ? Interprète intrépide. Star sudiste ? Soleil à domicile… Actrice et comédienne, on s’en fiche, on discerne, Catherine Rouvel toujours alterne le ciné, la scène. Elle naît à Marseille, moi-même idem , elle ne représente pourtant, via la vie, en l’écran, l’on ne sait quelle Provençale provinciale dépeinte depuis la pseudo-capitale, pas davantage, case d’occase, une égérie régionale. S’il convient de la caractériser, de lui procurer un pedigree , adoptons la tactique de l’onomastique, disons donc qu’elle porte un nom de naissance ad hoc , puisque la belle s’appelle en vérité Vitale, patronyme de mouvement, de tempérament, de non-renoncement. La vitalité de l’intéressante intéressée s’incarne d’abord au creux de son corps, outil à la fois intime et expressif de sa profession d’éphémère ou filmée s(t)imulation. Les courbes d’une juvénile Catherine, vingt printemps d’antan, de tout le temps, convient Renoir à l’inviter au Déjeune...

Paulette

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  Un métrage, une image : Adieu… Léonard ! (1943) Pour Jacqueline & Jacqueline À croire Houellebecq un « con », allons bon, j’avoue volontiers que Jacques le scénariste m’indiffère, son dialogue de Remorques (Grémillon, 1941) je vois à travers, à propos des Paroles pas drôles du piètre poète je préfère me taire, par pure charité littéraire. Pourtant, puisque invitation à sa découverte signée de la cinéphile Jacqueline, je visionnai vite le métrage méconnu, dont nul ne se lamente, en tout cas pas moi, qu’il le demeure à cette heure. Point Continental production, ce conte à la con, bis , cristallise donc la pseudo-pensée politique de Prévert, qui confond à fond anarchisme et crétinisme, romantisme et sentimentalisme. Histoire d’un assassinat sans cesse imposé, refusé, repoussé, Adieu… Léonard ! constitue comme un codicille anecdotique au Crime de monsieur Lange (Renoir, 1936), autre titre préoccupé par la communauté, le cœur, le labeur, le meurtr...

La Mort d’Olivier Bécaille : De l’inconvénient d’être né

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  Six pieds sous terre, mon cher (1)… La Mort d’Olivier Bécaille , d’emblée, allez, L’Inhumation prématurée retravaille. Zola lut-il Poe ? Pourquoi pas, puisque opus original paru en 1844, quarante ans avant le sien, car traduction française, Baudelaire au vestiaire, disponible au moins dès 1882, du recueil Contes grotesques au creux. Cet extrait de Naïs Micoulin , collection qui elle-même, en 1945, inspira Pagnol, sa sublime Jacqueline, son émouvant Fernand, évoque évidemment l’enterrement vivant, crainte d’époque, débattue, voire rebattue, et documentée, on le sait. Chez le spécialiste pince-sans-rire de l’ensevelissement in situ , à bestiole, à l’instant, à survivant, (re)lisez La Barrique d’amontillado , Bérénice , Le Chat noir , La Chute de la maison Usher ou, en parallèle, Le Puits et le Pendule , le trépas programmé, en réalité imaginé, paraissait un prétexte à texte, une thérapie jolie, une traversée des apparences et de la catalepsie, en définitive tournée vers une n...

Vers la lumière : Les Instants clairs de Jacqueline Waechter

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  Surprise du samedi, relais urbi et orbi … En os et en chair je ne connais Jacqueline Waechter, cependant ceci m’indiffère, sus aux séductions éphémères, priorité à la proximité épistolaire. Des « moments éclairants », « intelligents », l’internaute point sot ni sotte en passera, en trouvera autant qu’il conviendra, via son site intitulé joliment Bright Moments . De la lumière, de la lucidité, du désir, de la légèreté, il (nous) en faut à satiété, surtout à l’heure de stupeur du ciné masqué, du monde démoralisé, soumis à sa symbolique morbidité. Impressionnant, impressionniste, poétique, politique, le miroir tout sauf fantomatique de Jacqueline – à la Pascal parions qu’elle m’autorisera de son prénom le respectueux emploi, partagé par exemple par les dear Mesdames Audry, Bisset, Pagnol – reflète en effet, fi d’effets, une femme fréquentable. Certains (hommes, oui ou non aimables) offrent ou (s’)envoient des fleurs, j’écris, de manière majoritaire, afin de m...

Quand tu liras cette lettre : Se taire, se délester, s’enfuir

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Le droit baudelairien de « se contredire et s’en aller », ou celui de rester, de persister, de s(a)igner ? Longtemps je crus au cinéma. Art du siècle, art dans le siècle, art des « extases » classées X et du double désastre de la Grande Guerre, de la Shoah, je ne crains pas d’avouer que je crus en toi, crois-le bien. Je fis ta connaissance à l’orée de la crise des années 70, dans un port sudiste ouvert sur le monde, sur la mer, sur la Méditerranée aussi ancienne qu’Ulysse, ballotté/bercé dans son exil nostalgique par la lumière verticale et les ombres fraîches. Visualisez, je vous prie, une place de village provençal, une fontaine vive en son centre, sous les arbres abritant des vieillards noueux, taiseux et sans âge à leur image. Voici Manon, la sauvageonne des sources venue régler son compte à la tribu de parvenus, Jacqueline Pagnol si blonde parmi les hommes bruns, quelque part entre la sainte, la martyre, l’avatar d’Antigone et la «...

La Fille du Sud : Éclat(s) de Jacqueline Pagnol

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Actrice, épouse, égérie, mère, puis témoin d’une époque révolue et fidèle gardienne des morts : évoquons au présent une femme bel(le) et bien vivante… Jacqueline Bouvier (oui, telle la veuve joyeuse de JFK), désormais Jacqueline Pagnol pour ses admirateurs et les dictionnaires de cinéma, connut une carrière éphémère, brève et intense comme un coup de mistral , à jamais liée à celle de son célèbre mari : douze films en quatorze ans, signés pour la plupart d’ artisans oubliés, à l’exception de Pierre Prévert & Henri Verneuil. De cette « maigre » filmographie, on retient assurément sa présence dans Topaze (auto- remake en deux temps, comparable à la refonte de L’Homme qui en savait trop par Hitchcock) et surtout la seconde trilogie « apocryphe » composée par Naïs , La Belle Meunière et Manon des sources , tous trois réalisés par l’écrivain-cinéaste, contrairement à sa sœur « officielle », estampillée marseillaise , narrant les amours ...