La Fille de Ryan : Madame Bovary
Suite à sa diffusion par ARTE, retour sur le titre de David Lean. Cette œuvre constitue avec Lawrence d'Arabie un diptyque sur les rêves brisés d'individus égocentriques, aux prises avec un monde trop grand et trop féroce pour eux, mais dont ils ne peuvent s'empêcher de répondre à l'appel (le prêtre avertit Rosy en lui disant de ne pas alimenter ses rêves sous peine qu'ils ne se réalisent, paraphrasant Wilde sur la tentation). Comme l'Emma de Minnelli, comme le M. Butterfly de Cronenberg , l'héroïne se raconte des histoires qui se fracasseront au contact du principe de réalité (scène de tonsure qui résonne avec celle de Hiroshima mon amour et remplace le viol de Peter O'Toole, l'assaut dévastateur de « la citadelle de [s]on intégrité » transformant l'archange blond aux yeux bleus, comme ceux de Trevor Howard, en ange exterminateur). Lean livre aussi un mélodrame puisant dans l'impressionnisme – l'ouverture fait penser...