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Affichage des articles associés au libellé Volker Schlöndorff

Fachos falots

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  Exils # 96 (24/03/2025) Parmi ses « mémoires » au titre auto-réflexif ( Tambour battant ), Schlöndorff revient vite sur La Servante écarlate (1990), en résumé sur un roman « très souvent naïf », son adaptation par le lapidaire Pinter, cf. sa synthèse impressionniste de la Recherche proustienne, autre marotte de l’ancien assistant de Malle & Melville, lire à ce sujet les pages dédiées au dispensable Un amour de Swann (1984) et au hold-up de Delon, sa validation par une distante Atwood, un casting discutable, déboires avec Duvall & Dunaway, seule la discrète McGovern, déjà violée par De Niro chez Leone ( Il était une fois en Amérique , 1984), mérite une épithète amène, auquel il fallait préférer Madonna & Sting, Scacchi aussi. Ceci ne suffit, l’échec économique de l’entreprise indépendante, plus méconnue que l’homonyme série à succès, que devait produire en sourdine une certaine Sigourney Weaver, démissionnaire puisqu’occupée par le rôle tant...

Le Festin nu

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  Un métrage, une image : Le Souper (1992) En apparence, ce repas concerne l’État ; en réalité, il se soucie surtout de ciné. Plus de vingt ans avant Diplomatie (Schlöndorff, 2014), reconstitution aussi dispensable de décisif duel idem , voici le spectateur prié d’assister à une leçon de cynisme, assortie de gastronomie. Les tandems drolatiques, Molinaro les manie, les maîtrise, remember L’Emmerdeur (1973) ou La Cage aux folles (1978), d’ailleurs deux autres transpositions théâtrales. Point de Poiret, arrière, Veber : Brisville rempile, la TV, publique et privée, co-produit, l’ambassade de Pologne prête sa piaule à Paris, au générique on remercie le sieur Łukaszewski. Précisons que ce souper soigné, très réchauffé, assez insipide, appartient autant à Yves Rousset-Rouard, ici co-scénariste et producteur, de la franchise Emmanuelle en partie possesseur, du diptyque des Bronzés (Leconte, 1978 + 1979) de fait financier, à Michael Epp, cadreur et directeur pho...

La Proie pour l’ombre : Les Amants

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  Féminisme sauce Sagan ? Girardot sans Rocco… Trois ans avant de transposer Poe de manière exemplaire, je pense au Puits et le Pendule (1964) diffusé par la TV, Astruc avance avec Antonioni, voici son Avventura (1960) à lui. Film méconnu, pourtant jusqu’à moi parvenu, vive la cinéphilie en ligne, à domicile, La Proie pour l’ombre (1961) se caractérise en effet par la maîtrise de son widescreen , par ses travellings habiles, par sa constante composition de plans, presque -séquences, stimulants. Par conséquent, vous visionnerez un ouvrage élégant, dont le vaudeville saisi avec style évoque bien sûr celui à venir de La Chamade (1965), autre portrait de femme co-signé par la romancière et Cavalier. Galeriste esseulée, à succès, épouse d’entrepreneur à présenter, à représenter, Anna ne va pas, elle veut son indépendance, elle ne veut plus de sa souffrance. Dans la France du début des années 60, « l’autorisation maritale » ressemble à une loi martiale et notre hér...

Francofonia : Alexandre le bienheureux

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Alexandre Sokourov. Codicille inutile à L’Arche russe (2002), Francofonia (2015) retravaille le motif principal du patrimoine pictural, enjeu esthétique et historique, ludique et mélancolique. Si le précédent ouvrage se terminait sur une mer menaçante, celui-ci commence, à distance, par sa sœur tempétueuse, risquant de couler le cargo chargé de tableaux, rime interne, histoire qui se répète, à l’instar de l’Histoire toujours suspecte, dotée de sa grande hache à la Perec. On retrouve itou les marins eisensteiniens, les cercueils de Leningrad assiégée, ici évoquée via des images d’actualité assez saisissantes, je pense en particulier à ce plan d’un enfant décédé sur des marches d’escalier, presque une œuvre en soi, loin d’Odessa, située au bord de l’obscénité, en écho à une fameuse photo de « migrant » minot, échoué sur une plage turque, aux p(l)eureuses portes de l’Europe. « Que serions-nous san...

Retour à Montauk : Ghost

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Volker Schlöndorff. Si ce téléfilm minable, interminable, croit représenter la « culture européenne », Bruxelles peut se faire du souci et la cinéphilie aussi. Démonstration assez sidérante de cinéma petit-bourgeois, censé s’intéresser au triste sort des esseulés, des paupérisés, par exemple attachée de presse dépanneuse-menteuse + partenaire-publicitaire solitaire, Retour à Montauk (2017) repose sur un argument affligeant, constitue un sommet de ciné inanimé. Les plus épris de parallélisme pourront rapprocher Schlöndorff de Wenders, se préoccuper d’analyser comment un réalisateur allemand perçoit une partie des États-Unis, métropolitaine, maritime, apprécier peut-être la petite pique envers l’irréalisme sucré des métrages du joli-poli Woody. Les plus sentimentaux s’émouvront du triangle à la con, de sa nostalgie rassie, surtout après Tarkovski, des bonheurs/malheurs de leurs confortables cœurs. Les p...