Moi, Daniel Blake : Un monde sans pitié
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Ken Loach. Dès le début, un modèle de dialogue dérisoire et drolatique, la voix du survivant s’élève d’entre les ténèbres et donc d’outre-tombe : Moi, Daniel Blake (2016) ou la « chronique d’une mort annoncée », durant un instant de ciné, de solidarité(s) dissipée, in extremis , sur le seuil de la justice, vite définitive, au miroir mouroir, aux toilettes suspectes. Blake ne se prénomme William et ne cède au Ciel, se fiche de l’Enfer, de leur mariage, le sien, tout sauf parfait, fi d’enfant, démoli par la cyclothymie, la maladie, puis par un deuil le laissant « perdu », démuni. Ce charpentier ne s’appelle pas non plus Joseph et sa Marie Madeleine à lui répond au nom de Katie, elle fera in fine la putain afin d’alimenter, de réchauffer ses attachants gamins. Tandis que le pharisaïsme du capitalisme étudie son dossier, que Cameron mime Caïphe, Daniel, peste d’ancêtre prophète, ne fuit des fauves, Suza...