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Affichage des articles associés au libellé John Cassavetes

Robin des Mers

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  Exils # 159 (21/01/2026) Qui résiste à un steak cuisiné par Kevin ? Pas ceux, nombreux, qui firent, naguère, le succès en salles d’ Une bouteille à la mer (Mandoki, 1999). Éclairé par Caleb Deschanel tel un dépliant touristique, dirlo photo toutefois émérite, collaborateur de Lucas ( THX 1138 , 1971), Cassavetes ( Une femme sous influence , 1974), Gibson ( La Passion du Christ , 2004), Friedkin ( Killer Joe , 2011), Sheridan ( Dream House , 2011), McQuarrie ( Jack Reacher , 2012), par ailleurs réalisateur de trois épisodes de Twin Peaks , d’un de Bones , la série de sa fifille Emily ; musiqué de manière peu inspirée par le Gabriel Yared oscarisé du Patient anglais (Minghella, 1996) ; co-produit par la lectrice ( extra -)lucide Denise Di Novi, partenaire de Tim Burton, rempilant pour Pitof ( Catwoman , 2004), Message in a Bottle , précédent stimulant de The Police, se voit lancé la même année qu’un autre mélodrame hollywoodien, sur lequel je ne reviens, le moins ma...

Dix ans d’une nuit blanche

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Exils # 153 (06/01/2026) Construit en boucle bouclée, tour Eiffel surcadrée au carré, La Minute de vérité (Delannoy, 1952) documente le conservatisme de la France des années cinquante, dit adieu à l’idéal, pas seulement pictural et sentimental, remarquez la composition explicite de l’ incipit , perspective de ville depuis une fenêtre ouverte, en somme à la Caillebotte. On (re)pense à Montparnasse 19 (Becker, 1957), co-écrit par un non crédité Henri, on songe surtout de La Fête à Henriette (Duvivier, 1952), making-of méta de scénaristes en goguette et tragi-comiques marionnettes, idem dialogué par Jeanson en situation, car le couple en déroute commente en voix off et piste de disque son parcours d’amour. Ses répliques sarcastiques font sourire, la « comédie légère » et douce-amère de décisif anniversaire évite en définitive le « vaudeville », résume à bon escient Madeleine Vincent, comédienne sur scène et actrice à domicile, femme in fine aussi (in)fidèle ...

Drôle de Tram

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  Exils # 76 (28/01/2025) Défense d’Enfers, embarcation à la Charon : chez Hadès on ne baise, si tu forniques tu te fais fissa refroidir, cf. la justice expéditive réservée au toubib abuseur, à ses « salope » de cloporte. De la petite mort à la grande, il suffit dans le métro de descendre, de monter dans une tour, de troquer le béton qui trop « rend marteau » contre une campagne sépulcrale. Se mettre au vert sent le sapin, personne n’échappe au Destin, y compris un pékin kafkaïen, doté d’un cran d’arrêt à donner de « drôles d’idées », alourdi d’une hitchcockienne culpabilité d’altérité. Le chômeur en quête de contact patraque se demande s’il planta le comptable, un suicidaire l’en assure, l’héritière altière au cabriolet corbillard venge en définitive son père. Avant de se retrouver à faire du tir au pigeon sur le pont de Brion, de naviguer sur les gorges de l’Ébron, Alphonse croise un flic en train d’emménager, porté sur la conserve de cassoulet, la vio...

Amérique authentique

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  Exils # 22 (19/02/2024) Au cinéphile Franck Près de vingt ans avant le travail remarquable d’Evans & Lange, où puiseront Steinbeck & Ford ( Les Raisins de la colère , 1940), voici cinquante-cinq photographies en noir et blanc, sans colorisation à la con (honte à Time ), documentant un temps d’avant des États-Unis désunis. Il ne convient pas encore de parcourir une grande nation en proie à la Grande Dépression, il s’agit déjà d’en donner à voir, comme en un miroir, une dimension dissimulée, non assumée. Le CV en accéléré de leur auteur, ensuite éclipsé à cause de successeurs majeurs, ne se départit d’une cruelle ironie : Lewis Hine, orphelin de père, empila les emplois classés non qualifiés, étudia la sociologie (et la philosophie), l’enseigna aussi, bossa pour des organismes d’ É tat ou pas, souvent se déguisa, un peu sa vie risqua, dans la presse estampillée populaire ou à l’opposé dans l’explicite et friquée Fortune publia, selon la publicité (pas seulement la...

Les Feux de la Chandeleur : L’Amour fou

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  Alliance à médisance, couscous à la rescousse… À ma mère Si les femmes mettent les hommes au monde, donc les condamnent à mourir, sinon se reproduire, les fils déjà pères, meurtriers involontaires, enterrent leurs mères au soleil d’hiver. Voici en définitive la morale lucide et dépressive d’un opus parfois poignant, clairement à contre-courant, muni d’un conservatisme social et sexué à démanger quelques sensibilités, gauchiste ou féministe en particulier. Le hasard ne saurait exister au ciné, alors en écho aux Neiges du Kilimandjaro (Guédiguian, 2011), encore un conte de couple en déroute, politisé, où l’on parle de la Pavane de Ravel, à défaut cette fois de la faire écouter. Ça commence fort, le remarquable Rochefort se fait foutre dehors, scène de ménage matinale, douce-amère, devant les enfants, le garçon comprend, la fille s’empiffre. Débuté en février 1962, terminé dix ans après, l’ item intime, quasi en autarcie, semble se soucier d’usine, de grévistes, d’avortemen...

Husbands + Stand by Me

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  Deux métrages, deux images : Le Plein de super (1976) + Un étrange voyage (1981) Cavalier au carré, un cadavre au départ, un autre à l’arrivée. Huit années après le dispensable La Chamade (1968), repêché par Deneuve & Piccoli, le revoici, sur la route et surtout la déroute. Item d’autoroute et film de voie ferrée, leur générique remercie les sociétés concernées, bien sûr la SNCF, Le Plein de super + Un étrange voyage bénéficient de financiers célèbres et désargentés, à savoir Danièle Delorme & Yves Robert, d’un dirlo photo de valeur et parfois acteur, cf. son commissaire, Jean-François Robin ( Les Bronzés , Leconte, 1978 ou L’Amour braque , Żuławski, 1985) le valait bien, de scénarios signés à huit ou quatre mains, la création donc à l’unisson de la fiction. S’ils frisent l’autobiographie, le vécu revisité, voire fantasmé, les métrages d’un autre âge, moitié d’une décennie censée être libérée, en réalité déjà libéralisée, pas seulement en matière de sexualit...

La Famille Addams

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  Un métrage, une image : Maison de retraite (2022) Co-écrit, co-produit, conduit par le principal intéressé, au demeurant guère intéressant, au propre, au figuré, alors au volant d’un autocar coloré, customisé, very gay , piqué aux mecs honnêtes de Priscilla, folle du désert (Elliott, 1994), Maison de retraite semble en surface se soucier de vieillesse, d’abus de confiance, d’adulescence, mais ceci se dissout, au profit de l’utopie. Face à la France d’Éric Zemmour, ses fractures, ses frontières, sa soif d’hier, voici celle du véhicule, sens duel, de Kev, qui cède à Platon sa caverne, qui opte pour une grotte, pain béni de psy, lieu bienheureux, débarrassé de la peur, de la culpabilité, ces conneries stériles, dixit l’ ex -boxeur doté d’un cœur, il entraîne, il teste, il meurt, dont le nom du personnage, Lino Vartan, rend donc un double hommage, aux ancêtres d’antan, Sylvie & Ventura, voilà, père et mère mythiques, symboliques, d’un orphelin en quête inconsciente, ...

La Défense Lincoln

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  Humanité de l’automate, prophylaxie du patraque, solitude de la traque… Grand petit roman précis, à base de simulacres, schizophrénie, écrit à la suite de l’historique, uchronique, Le Maître du Haut Château , We Can Build You dut attendre dix ans, avant d’être en volume publié, après passage tripatouillé, parmi Amazing Stories , fameux magazine classé spécialisé. À l’instar de Pris, instable star , étoile aussi noire que ses cheveux, son regard, le texte multiplie les titres, le fondateur The First in Our Family transformé en A. Lincoln, Simulacrum , le définitif doté de l’intitulé français Le Bal des schizos , salut à celui des maudits (Dmytryk, 1958), dont la traduction revient donc à un tandem amène, cinéphilique, Anne & Georges Dutter itou auteurs de moult sous-titres, par exemple pour les opus de Fassbinder & Ferreri, Pollack & Polanski. Si bien sûr il anticipe Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? , dans une moindre mesure Ubik , on songe dav...