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Affichage des articles associés au libellé Mikhaïl Kalatozov

L’Écureuil rouge

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  Un métrage, une image : Quand passent les cigognes (1957) Sur le style si salué de ceci, je ne redirai pas ici ce que j’écrivis jadis au sujet de Soy Cuba (1964), à vous d’aller voir ou pas. Par contre, il paraît pertinent, puisque personne ne semble s’en rendre encore compte, plus de soixante ans après, de souligner que Quand passent les cigognes ne diffère pas tant du cinéma russe d’avant, qu’il déploie un « dégel » à la truelle. Via la caméra véloce et virtuose de Kalatozov, l’ opus propagandiste doit donc nous édifier d’une façon différente, fi du désormais affreux « réalisme socialiste », voici le lyrisme soviétique de festival, récompensé à Cannes, applaudi à l’international. Au bon Boris, ouvrier volontariste, soldat volontaire, s’oppose ce salaud de Mark, pseudo-compositeur planqué à proximité de profiteurs patentés. Entre les deux amoureux, l’un merveilleux, l’autre ignominieux, s’affiche puis s’affirme la même femme, héroïne du militair...

Breaking News : Heroic Trio

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Flash spécial : le fin mot reviendrait in fine au ciné…   En 2004, le cinéma de HK s’invita à Cannes, bien qu’en dehors de la compétition à la con. Sans doute le plan-séquence virtuose d’une fusillade over the top – on peut se souvenir de l’ autocar criblé de balles dans L’Épreuve de force – expliqua-t-il en partie cette présence, alors que Johnnie To s’en étonna lui-même, son métrage s’avérant a priori moins personnel que d’autres titres. En redécouvrant hier en double DVD – seul un module sur Milkyway Image mérite l’attention, et encore –, je pensais à l’immeuble pris d’assaut de Time and Tide , au huis clos d’hosto de Three , aux cellulaires de Connected , à la cuisine du Festin Chinois et, dans une moindre mesure, au romantisme de The Killer . Moins lyrique que John Woo, même si ses braqueurs savent similairement se servir de leurs deux mains armées, moins hyperactif que Tsui Hark, en tout cas à l’écran, moins mélodramatique (un compliment) que Benny ...

Melaza : Havana

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Carlos Lechuga. Impitoyable portrait de la pauvreté du côté de Cuba, Melaza , titre de toponyme fictif, qui évoque, hasard orienté des langues, une mélasse existentielle de saison, s’avère de surcroît un grand et court film d’amour, dans lequel deux scènes silencieuses, splendides et terribles, en disent long sur les relations humaines, sur ce qu’il faut faire, hélas, face à la misère, sur la force nécessaire pour rester ensemble, afin d’affronter des lendemains guère sereins. Dans la première, le couple danse, enlacé, au bord d’une buvette et du cadre, au son d’une chanson de séparation ; dans la seconde, l’homme lave la femme qui vient de se prostituer, qu’il sait s’être prostituée, en écho accidentel à Love de Noé, en travelling arrière millimétré. Film d’amour ouvert en travelling latéral sur le couple en train de faire l’amour au milieu d’une usine vide, sur un matelas trimbalé, car ils vivent à qua...

Soy Cuba : Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Mikhaïl Kalatozov.   Cet effréné déferlement de formalisme fastidieux nous fit souvent sourire, nous ennuya un peu, nous intrigua suffisamment pour rédiger ce texte. Conçue comme une brochure touristique (soleil sensuel, ouverture désertique et en hélico, en écho à L’Île nue ) couplée à un tract  incitatif (ils volettent au ralenti au-dessus d’un cadavre vu d’en haut), la prosopopée (« Je suis… Cuba » psalmodie la voix off féminine) collaborative (La Havane & Moscou se font les yeux doux) entendait vanter la camelote castriste au lendemain de la crise dite des missiles (en matière de « cochons », le spectateur désignera les queutards US aux allures d’Aryen ou de docteur Folamour). Nul cinéphile n’ignore que Mikhaïl Kalatozov signa Quand passent les cigognes , amourette martiale et lyrique primée à Cannes ; peu savent en revanche qu’il s’agit de l’un des films préférés d’un...