L’Écureuil rouge
Un métrage, une image : Quand passent les cigognes (1957) Sur le style si salué de ceci, je ne redirai pas ici ce que j’écrivis jadis au sujet de Soy Cuba (1964), à vous d’aller voir ou pas. Par contre, il paraît pertinent, puisque personne ne semble s’en rendre encore compte, plus de soixante ans après, de souligner que Quand passent les cigognes ne diffère pas tant du cinéma russe d’avant, qu’il déploie un « dégel » à la truelle. Via la caméra véloce et virtuose de Kalatozov, l’ opus propagandiste doit donc nous édifier d’une façon différente, fi du désormais affreux « réalisme socialiste », voici le lyrisme soviétique de festival, récompensé à Cannes, applaudi à l’international. Au bon Boris, ouvrier volontariste, soldat volontaire, s’oppose ce salaud de Mark, pseudo-compositeur planqué à proximité de profiteurs patentés. Entre les deux amoureux, l’un merveilleux, l’autre ignominieux, s’affiche puis s’affirme la même femme, héroïne du militair...