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Affichage des articles associés au libellé Jean Rollin

Les Fantômes du miroir

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  Exils # 13 (22/12/2023) J’écrivis, on le vit, sur Vecchiali, désormais (tré)passé de l’autre côté du miroir mouroir, du regard et des égards, comme quelques autres réalisateurs plus ou moins de mon cœur : Deville, Friedkin, Lado, Saura, cohorte pas en toc, à retrouver itou sur ce blog . Idem décédées cette année de ciné, déjà par moi miroitées, Mesdames Laurie, Lollobrigida, Stevens, Welch. Ainsi va la (sur)vie, de la nécrophile, dénommée cinéphilie aussi, vers la nécrologie, arts funéraires en reflet, sis sous le signe de l’éphémère, du lapidaire. Si les salles, croyait Artaud, pas trop marteau, ressemblent illico à des caveaux, certes confortables et climatisés, hédonisme et hygiénisme de la modernité, empreinte de pseudo-pandémie, les soi-disant vivants, souvent à demi mourants, zombies du mercredi, station d’évasion placée entre la famille, le domicile, le métier, le supermarché, emploi du temps occupant, préoccupant, mascarade macabre à la Romand, menteur errant rac...

La Double Vie de Véronique

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  Un métrage, une image : Il était une fois le Diable.. (sic) Devil Story (1985) Puisqu’il existe un digest de sa genèse, un résumé de sa postérité, le voici , s’il vous dit, on se focalise sur le film, sur l’effet spécial, en effet, produit, plutôt qu’à produire, n’en déplaise au spécialiste Poe, autre amateur notoire de chat/cheval noir, de morte ressuscitée, et plus si affinités enturbannées, non sur les intentions, la réception, à quoi bon, une œuvre, surtout de ciné, ne (re/sur)vit qu’à travers le regard qui l’étudie, individuel, pluriel, tel un mécanisme/organisme structurel, plus que structuraliste, elle excède ses concepteurs, ses créateurs, elle respire à chaque (re)prise, elle conspire à être conquise, davantage que (mé)comprise, créature impure, de posture, d’imposture. Dans Devil Story , sous-titre archaïque, à prétentions d’Amérique, précédé d’un intitulé en français, comme un conte de fées défait, tu suis, assez sidéré, souvent amusé, jamais moqueur, avec to...

Retour de flamme

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  Un métrage, une image : Zone rouge (1986) On pouvait espérer un soupçon de suspense , toutefois ce téléfilm régional, jamais original, constitue, dès le début, un sommet de médiocrité, dont le sérieux assez anxieux, cf. le carton final, fluvial, provoque en vérité une hyperbolique hilarité. Face à pareil ratage, Les Raisins de la mort (Rollin, 1978), déjà, encore, molto écolo, paraît mériter tous les hommages. Enrico illico se comporte comme Hitchcock, tendance La Mort aux trousses (1959), se déguise en disciple de Boisset, ciné pseudo-engagé, à dégager, commis en compagnie du co-scénariste Alain Scoff, partenaire régulier du réalisateur précité, collaborateur de l’inénarrable Collaro Stéphane. Si le village vide s’orne en sourdine d’une aura fantastique ; si la scène d’incendie possède un poids de réel inaccessible aux images numériques risibles ; si la coda, en position de pietà, termine le métrage d’un autre âge, guère vénère, sur une note douce-amèr...

Les Raisins de la mort

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  Un métrage, une image : La Confrérie des larmes (2013) Conte de capitalisme vinicole ignoble, La Confrérie des larmes (Jean-Baptiste Andrea) ressemble hélas davantage à un téléfilm cacochyme, adapté du graphomane Jean-Christophe Grangé ( Les Rivières pourpres ), qu’à une transposition pirate du grand œuvre de Theodore Roszak ( La Conspiration des ténèbres ). Gabriel Chevalier, remarquez le nom et le prénom très connotés, camé aux cartes, ex -flic et à présent père pathétique, accepte fissa une offre à ne refuser, afin de ses finances renflouer, de troquer les « raviolis en boîte » contre une bonne grosse bagnole. Endetté rencardé par un ancien indic censé crever vite, le voici désormais rasé, cheveux coupés, panoplie endeuillée, à parcourir la Terre d’ express manière, en jet privé, en parfait petit VRP, muni de mallettes suspectes. « Rien d’illégal », affirme le commanditaire invisible, au bout du fil, toutefois de quoi occire un mec, couper une mai...

La Nuit des grands chiens malades

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    « Roman noir » à « lac Noir » ? Romance de seconde chance… Écrivain stakhanoviste, Dominique Arly alimenta donc deux collections du Fleuve noir, Angoisse + Spécial Police à savoir, aussi se divertit via plusieurs polissonneries aux titres explicites, Elles disent toutes oui , L’Auberge rose , Bonne à tout faire je cite, itou sévit, instituteur un jour, instit pour la vie, dans un domaine désormais dénommé « littérature jeunesse », peste. Conseillé par un certain Frédéric Dard, le voilà dare-dare à rédiger de multiples polars, dont encore Les Raisins de la mort , whodunit viticole carrément contemporain du film homonyme de Jean Rollin, sorti en 1978, avec lequel il n’entretient néanmoins aucun lien, sinon celui d’une œnologie de terroir propice « à vous dégoûter du pinard », en effet, comme le résume un docte gendarme descendu de sa chouette « Estafette ». Si la première partie du bref bouquin presque malin, jam...

Dracula père et fils

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  Un métrage, une image : Dents rouges (Jean-Louis van Belle, 1971) Contemporain du climatique et plus chic Les Lèvres rouges (Kümel, 1971), Dents rouges , aka Le Sadique aux dents rouges , ne lui répond disons, davantage dialogue à distance avec Martin (Romero, 1977), (re)lisez-moi ou pas. Quant à sa coda aussi sur les toits, elle comporte une mascarade en clin d’œil au Bal des vampires (Polanski, 1967). En ceci découvrant, on sourit souvent, car ce métrage méconnu, qui manie la mise en abyme d’étranglement malséant et les images d’archives de destruction à répétition, ne manque d’humour ni d’amour. Il commence selon une chanson de désunion, un générique en négatif, sorte de bande-annonce ésotérique, érotique, au saphisme soft . Il se poursuit par un complot de toubibs en stéréo, tandem de médecins malsains, de tics atteints, à téléphone « portatif », fichtre. Traumatisé à cause d’un accident routier, où l’ami périt, donc du conducteur culpabilité, un pub...

Le Royaume des fées

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  Un métrage, une image : Morgane et ses nymphes (1971) « L’amitié ne se vit pas à moitié », en effet, mais la beauté, la juvénilité, l’immortalité se paient de la liberté, allez. Françoise philosophe, Anna dessine, les deux étudiantes se perdent, passent de la route à la déroute. Juste avant, une curieuse excommunication donnait le ton. Comme dans Dracula , l’aubergiste leur conseille de s’agiter, de s’éloigner ; elles n’iront loin, ne savent s’écarter en nuitée du rural et circulaire chemin. Après des baisers lesbiens parmi la paille, vient le matin et la réalité déraille. Un nain malsain, ensuite amoureux, malheureux, amène Françoise auprès de Morgane, de son matriarcat : à la suite de Cassandra (Peterson), « d’un château l’autre », opine Céline. Le Diable, dit une dame, se limite à « un conte inventé par l’Homme pour lui faire peur. » Ici, entre amies, plus de « mal », plus de mâle, et la vieillesse vite esquivée, à...

L’Île du docteur Moreau

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  Un métrage, une image : Ravage (2020) Merci à Billy (la Dorade) L’art forcément et parfois férocement funéraire du film raffole de femmes défuntes, d’un même élan à meurtrir et immortaliser, à démolir et magnifier. Les féministes fustigent une dichotomie masculine, mais la dialectique fatidique et filmique d’idéalisation, de destruction, au-delà de son romantisme désenchanté, de sa manipulatrice lucidité, on renvoie à nouveau vers Vertigo (Hitchcock, 1958), donne à voir, à s’émouvoir, via une présence-absence, une manifestation à la fois physique et fantomatique. Sur le miroir des images, des mirages, surgit ainsi le souvenir de nos mères, de nos chimères, de nos aimées, de nos admirées, de nos décédées. Ce filigrane familier, ce drame intime, revient dans Ravage (Buso & Lannelongue), troisième ouvrage d’un collectif incisif, après François et le Gilet (2019) suivi de Zombiphosate ( idem ), (re)lisez-moi ou pas. Au cœur du vrai-faux slasher à contexte écologiste rés...

Vampyr : Ils attrapèrent le bac

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    (S’)enfariner, à la farine ou au blé, de force ou de gré, Sharif ou Gray, allez… Commençons donc par un trio d’échos. Le Casse (Verneuil, 1971), À quoi je sers… (Boutonnat, 1989) et Twin Peaks: Fire Walk with Me (Lynch, 1992) se souviennent tous de Vampyr (Dreyer, 1932), puisque in extremis ensevelissement, barque embrumée de néant, visage féminin dément, accessit bien sûr à Buried (Cortés, 2010), récemment miroité, olé. Voilà son aura , sa progéniture supposée impure, de ciné classé populaire, de clip climatique, réflexif, funéraire, d’incestueux insuccès dissocié, dommage, des vivats de TV. Qu’on se le (re)dise : les films, en définitive, se fichent des frontières mortifères, de la réception (révision) des critiques et du public, de la conservation des cinémathèques suspectes, obsolètes, de la suspension des projections décrétée par l’imbuvable gouvernement de Monsieur Macron. Ils vont plus vite que les virus , ils contaminent idem , une mémoire commune ils...

Zombiphosate : La Belle Équipe

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Une réponse à une proposition, dédiée à un opus paradoxal… Ce qui rend un orchestre émouvant ? Son harmonie, pardi, ensemble de singularités à l’unisson, marche commune et non « marché commun ». Alors que la solitude caractérise l’écriture, le cinéma relève de la multitude, dommage pour les amateurs d’auteurisme. Tout ceci contredit le récit et en constitue quand même le cœur. Dans Zombiphosate (Joe Buso & Paul Lannelongue, 2019), quatre amis à demi décident de s’aérer en forêt, au creux du calme et de la tranquillité, croient-ils. « Ça me dévore, l’hôpital » avoue la conductrice complice, a priori entichée de son passager, réplique ironique, qui parlera, n’en doutons pas, au personnel soignant, notamment de notre temps, avant, pendant et après le fameux « confinement ». Si Monsieur Macron découvrit à cette occasion leurs anciennes réclamations, fit leur éloge morose, petit exercice médiatique de démagogie pas jolie, les aventuriers pr...

Tendre Dracula : Le ciel est à nous

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La fatigue et la fuite, le commerce et les promesses… Pierre Grunstein produisit plusieurs films, surtout ceux de Claude Berri, ici retrouvé via Renn Productions, et de Claude Zidi, par exemple L’Aile ou la Cuisse (1976), financé par le fidèle Christian Fechner ; on lui doit idem des items de Bertrand Blier ( La Femme de mon pote , 1983), Jean-Jacques Annaud ( L’Ours , 1988), Oliver Stone ( Alexandre , 2004), Julian Schnabel ( Le Scaphandre et le Papillon , 2007) ou Abdellatif Kechiche ( La Graine et le Mulet , 2007). Il assista en sus Pierre Lhomme & Chris Marker sur Le Joli Mai (1963), Alain Resnais sur Muriel ou le Temps d’un retour (1963) ou Berri, bis , sur Le Vieil Homme et l’Enfant (1967). Pourtant Pierre Grunstein ne réalisa qu’un seul film, un film unique, en effet, intitulé Tendre Dracula (1974) et La Grande Trouille , clin d’œil de distributeur intéressé adressé à La Grande Bouffe (Marco Ferreri, 1973). Adaptateur avec Harold Brav d’un scénario si...