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Affichage des articles associés au libellé Philip Glass

Veni vidi Fidji

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  Exils # 114 (26/06/2025) Adaptation de Dick ? Mélodrame drolatique, où un « adulescent » découvre soudain que depuis sa naissance tout le monde de son petit monde lui ment. Il suffit d’une interférence à la radio d’auto, de la résurrection rapido du pseudo papounet trépassé en bateau, traumatisme et culpabilité de minot à trafiquée météo, pour que le simulacre se détraque, que la « star » décide de passer derrière le miroir (salut Alice), de monter l’escalier (type Magritte), de sortir du studio, réplique et révérence respectueusement insolentes en prime ( time ). L’agent d’assurance accomplit ainsi une seconde (re)naissance, quitte la matrice (sur)protectrice et « manipulatrice », petit paradis WASP pastel et pasteurisé, à rendre caduc celui du miston Burton ( Edward aux mains d’argent , 1990). Point de pilule, de complot, de Neo ( Matrix , les Wachowski, 1999), plutôt la révolte non violente (couteau écarté illico ) et individuelle du héros...

Un amour inhumain

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  Exils # 65 (27/12/2024) Pour Patrick De l’ouverture au finale, commencements et fins. Tous les événements qu’ils enserrent passent en un éclair. Une éternité précède l’ouverture, une autre, sinon la même, succède au finale. Tout ce qui surgit entre les deux (dont les événements narrés dans ce livre) n’en paraissent que plus vivants. Nous réalités, comme nos accomplissements seront oubliés. Philip Glass, Paroles sans musique  De l’enterrement du commencement au final en forme de firmament, La Mort n’existe pas décrit un dévoilement, plaide pour un apaisement. Le terminer le jour de Noël possède une symbolique explicite ou procède d’un hasard débarrassé de Balthazar (et Melchior & Gaspard). Le lecteur épouse le périple intellectuel et sensoriel d’un explorateur des terres intérieures, des expériences homonymes d’un Michaux soumis à la mescaline. Stéphane Allix s’adresse à sa grande fille, adulte au prénom de lune, et son odyssée au-delà du réel, documentée, sourc...

Une nuit sur le mont Chauve

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  Bush & Björk ? Les Pyrénées, l’Empyrée… Pour Patrick Cette tristesse essentielle et existentielle, la littérature, même la plus impure, ne vous en sauvera, surtout pas le cinéma, ce que l’on désigne donc ainsi aujourd’hui, par habitude, par lassitude, mais la musique, immédiate et multiple, immatérielle et pragmatique, immortelle et programmatique, permet de respirer, de se reposer, peut-être d’espérer. Celle d’ Hélène Vogelsinger sait y faire, du lest se défaire, s’adresse avec adresse au corps et au cœur, s’installe in situ ou en studio. Dissimulée derrière ou dessous de chouettes pochettes, aux monolithes à la Kubrick, dotée de titres ésotériques, exfiltrés illico d’un dico de philo, voire d’un ouvrage de nouvel âge, gorgée d’énergies, sinon d’écologie, elle procède en définitive d’une forme féminine et intime de musicothérapie, de transe sonore créatrice de ses propres décors ou en accord selon ceux du dehors. Concentrée sur ses câbles colorés, la compositrice point...

Dawn of the Dead

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  Aube des macchabées ? Jour toujours de retour… Le mélomane Pialat le premier s’en empara, premier mouvement mis sur le générique de Police (1985), puis le rapide Peter Weir ( État second , 1993), au sein du sillage d’un succès de CD, puisque la désormais fameuse symphonie de Górecki sortit chez Nonesuch un an avant. Ces « chants de chagrins », d’autres cinéastes s’en servirent, citons le tandem anecdotique de Schnabel ( Basquiat , 1996) & Malick ( The Tree of Life , 2011),   plusieurs interprètes les servirent, pour le meilleur et pour le pire : la pionnière Stefania Woytowicz pâtit d’être trop opératique ; Zofia Kilanowicz , chanteuse en chaire, en présence du compositeur impassible, sinon souffrant d’un ennui poli, les dramatise et les glamourise ; Lisa Gerrard , contralto et non soprano, point trop n’en faut, s’égare, les adeptes de Dead Can Dance ne se marrent ; Beth Gibbons , assise, exquise, émancipée de Portishead, dirigée ...

L’Amour à la plage

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  Surdité à la Beethoven ? Unité pas à la gomme…    D’une Caroline à l’autre : avant un train en train de siffler, un clébard d’aboyer, une reprise a cappella de boucle bouclée, Pet Sounds donne donc à entendre en coda dépressive un portrait chanté, enchanté, davantage désenchanté, que pourrait adouber la sentimentale déprime de Berlin . De Reed à Wilson ne change presque pas la donne, la dope persiste et signe, la douceur supposée du LSD, de la marie-jeanne, substituée à la dureté de l’héroïne en prime. L’ opus de Lou ne pouvait sans doute surgir qu’au sein malsain des révisionnistes seventies , se situer en Allemagne en effet « mère blafarde », en reflet d’une mère amère et suicidaire. Celui des plagistes à succès, ensoleillés, à demi déjà séparés, révèle l’envers et la facticité du rêve californien, la genèse du disque se verra ensuite mise en images de manière hollywoodienne,  boomerang propret de biopic pasteurisé ( Love and Merc...

Mishima : Soleil rouge

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Paul Schrader. Le biopic problématique des Schrader, Leonard & Paul les frérots, la co-scénariste + l’épouse du premier Chieko, ne devient vraiment intéressant qu’à son mitan, presque une heure après son commencement. Auparavant, il faut se farcir, avec un ennui poli, un assemblage assez stérile de reconstitution, d’évocation, d’illustration. Certes, on patiente, on ne se lamente, séduit aussitôt par le beau boulot du compositeur Philip Glass ( Koyaanisqatsi , Reggio, 1982 ou Candyman , Rose, 1992), de la monteuse Tomoyo Ōshima, a priori fifille parfois flanquée de son célèbre papa ( Furyo , 1983 ou Tabou , 1999), de la production designer Eiko Ishioka ( Dracula , Coppola, 1992 ou The Fall , Singh, 2006), toutefois cela ne fonctionne pas, demeure désincarné, très et trop appliqué, exercice de style scolaire, guère révolutionnaire, en partie aussi desservi par une sentencieuse voix off intrusive, le n...

La Chambre claire : Note sur la photographie : La Pitié dangereuse

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Barthes, Bazin, l’air de rien, l’ aura du macchabée, l’identité de l’aimé(e).   Clair et court, modeste et illustré, l’essai dématérialisé, lu en ligne, hier soir, s’avère une conversation avec soi-même, une quête à la fois subjective et objective, à l’instar de l’être photographié lui-même, conscience réifiée. Barthes cite Sartre, hommage liminaire à L’Imaginaire (1940) inclus, Baudelaire, Blanchot, Kafka ou Nietzsche. Il écrit, il décrit, il se souvient, se suppose un destin, use du subtil latin, afin de formuler sa typologie jolie, sa théorie tressée à l’intériorité. Il se moque du mode d’emploi, ça ne l’intéresse pas, il laisse la sociologie aux psys, Dieu merci, il refuse les surprises de l’artifice et il manie le mystique, cf. l’extase de coda. La présence insistante, pénétrante et rayonnante de sa mère, morte, minote, rapproche La Chambre claire (1980) du Livre de ma mère (1954) d’Albert Cohen et de Ma mère du Nord (2015) de Jean-Louis Fournier. Ainsi davantag...

Stop Making Sense : Control

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Au foot , 11 joueurs + 1 entraîneur ; au ciné mélodique, un groupe de 9 + 1 œil neuf.    Tandis que David Byrne me remémore un Ian Curtis délesté de ses tourments, que sa gestuelle substitue l’énergie à l’épilepsie, je me dis que Jonathan Demme sut en effet filmer cette (triple) prestation hollywoodienne, sise en décembre, des Talking Heads, que son documentaire mérite son excellente réputation, même si je ne raffole guère des superlatifs de saison, d’occasion, du style « le plus grand film de concert du monde », amen . Désormais en ligne et en 480 p, s’il vous plaît, Stop Making Sense débute par un générique en écho à Giacometti dû au spécialiste Pablo Ferro, qui s’auto-cite au service de Kubrick, revoyez donc celui de Docteur Folamour . Ensuite, le longiligne David entre en scène, littéralement, immaculé, en solo, accompagné d’une cassette de tempo (puis d’une console quasiment hors-champ). Un homme, une guitare, un micro , une caméra : voici D...

Laisse aller… c’est une valse : Notes sur/de Philippe Sarde

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Le hasard n’existant pas, retour sur les atours d’un auteur majeur. On ne parle pas assez, hélas, de Philippe Sarde , on écrit peu ou pas sur lui, à peine une unique biographie, on entend rarement sa musique, assourdie par le bruit dans et au-delà de l’écran. Je viens de passer disons deux heures et demie en sa compagnie et je voudrais simplement donner envie au lecteur de m’imiter. Inutile de revenir à présent sur son parcours, ses rencontres, sur l’ensemble de sa vaste discographie : il le fait lui-même, avec une franchise parfois affolante, nos amitiés aux mânes outragés d’Ingrid Bergman. Fastidieux s’avérerait également un catalogue commenté ; je préfère renvoyer l’auditeur vers une collection concoctée exprès ou mes communautés thématiques Cinéma d’ici + La Septième Note , sur lesquelles figurent plusieurs extraits. Je souhaite, aujourd’hui, annoter ses partitions, jeter une poignée de notes en ligne, bouteilles à la mer à défaut de glass harmonica en verre,...

Lisztomania : Musique(s) et Cinéma(s)

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Des mots et surtout des numéros (de pistes, d’ opus ) pour les fascinants enfants d’Erato. L’éditoriale actualité (cf. le dernier numéro d’une célèbre revue  spécialisée) nous donne l’occasion de brièvement rappeler notre amour de la musique, des musiques (générosité de l’éclectisme), de la musique au cinéma, de la musique de cinéma. On se permettra (qu’il nous le permette, en tout cas) de renvoyer le lecteur, mélomane ou non, vers notre « communauté » dédiée, thématique, dénommée La Septième Note , qui déploie de manière purement subjective et auditive (courts billets doux, cela et rien de plus, et encore) une partie des mille et une nuances de cette rencontre féconde, fertile, parfois conflictuelle, essentiellement plurielle (« une centaine de morceaux », écrivions-nous dans la notule de présentation, mais elle en comporte désormais bien davantage, laissons les comptes à vos moments perdus), ainsi que vers les rubriques spécifiques de ses « c...