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Affichage des articles associés au libellé John Flynn

Fachos falots

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  Exils # 96 (24/03/2025) Parmi ses « mémoires » au titre auto-réflexif ( Tambour battant ), Schlöndorff revient vite sur La Servante écarlate (1990), en résumé sur un roman « très souvent naïf », son adaptation par le lapidaire Pinter, cf. sa synthèse impressionniste de la Recherche proustienne, autre marotte de l’ancien assistant de Malle & Melville, lire à ce sujet les pages dédiées au dispensable Un amour de Swann (1984) et au hold-up de Delon, sa validation par une distante Atwood, un casting discutable, déboires avec Duvall & Dunaway, seule la discrète McGovern, déjà violée par De Niro chez Leone ( Il était une fois en Amérique , 1984), mérite une épithète amène, auquel il fallait préférer Madonna & Sting, Scacchi aussi. Ceci ne suffit, l’échec économique de l’entreprise indépendante, plus méconnue que l’homonyme série à succès, que devait produire en sourdine une certaine Sigourney Weaver, démissionnaire puisqu’occupée par le rôle tant...

L’Eau et l’Électricité

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  Exils # 78 (30/01/2025) La prison suprême ? L’esprit, surtout surnaturel. Telle pourrait être en résumé la morale de ce métrage que Monsieur Darmanin devrait visionner. En attendant le huis clos de narcos, voici le Wyoming State Penitentiary, bâtiment abandonné, nouvel avatar de la bonne vieille maison hantée. Après un prologue en POV, en vérité souvenir cauchemardé, exécution d’électrocution, suivi d’une conversation de commission sous tension, ériger un établissement vraiment pertinent prendrait trop de temps et d’argent, les prisonniers rappliquent en autocars et un tandem de rebelles termine à l’humide mitard. Au cœur des écroués, le jeunot et déjà beau Viggo (Mortensen, who else? ), que tout le monde remarque, que « tous les mecs matent », a fortiori le directeur directif, voire expéditif, au sommeil solitaire très tourmenté. Quitte à occuper une épave, illico retapée par les principaux intéressés, autant la confier à un professionnel (r)éprouvé, sen...

Femmes en prison : Les Invisibles

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Portée d’infâmes ? Portraits de femmes… En plus de procurer le plaisir un peu pervers d’apprécier la dear Ida Lupino en salope pénitentiaire, pur rôle de composition, sinon de dénonciation, à nouveau accompagnée de son Howard Duff adoré, couple au carré, cf. Jennifer (Newton, 1953), Women’s Prison (1955) permet de découvrir un vrai réalisateur, en l’occurrence le sieur Lewis Seiler, prolifique pour amnésique. Co-écrit par Crane Wilbur & Jack DeWitt ( Un homme nommé cheval , Silverstein, 1970), monté par Henry Batista ( Ouragan sur le Caine , Dmytryk, 1954), produit par le spécialiste de la série classée B Bryan Foy, alors embauché à la Columbia, ce métrage méconnu s’avère une réelle réussite, qui anticipe, certes en moins politique, le sarcastique Shock Corridor (1963) de Samuel Fuller, autre sommet désargenté, d’insanité institutionnalisée. Exit le journaliste au jeu dangereux, bienvenue à la conductrice infanticide ; comme le futur conte de la folie sans B...

La Passagère : Douces flammes de Darlanne Fluegel

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Une blonde et un privé ? Un brun privé d’espoir, pas de mémoire. Dieu réunit ceux qui s’aiment. Édith Piaf Je me souviens, bien sûr, de Darlanne Fluegel dans Police fédérale Los Angeles ( To Live and Die in L.A. , William Friedkin, 1985) ; je la recroisai, hier soir, dans Haute sécurité ( Lock Up , John Flynn, 1989) ; je découvre, aujourd’hui, en différé, qu’elle décéda en décembre 2017, à domicile, à Orlando en Floride, des suites d’un Alzheimer, rime amère, écho d’hosto, à « notre » Annie Girardot. Soixante-quatre ans, ceci peut certes sembler un peu prématuré, pour passer de l’autre côté, néanmoins l’ancien mannequin pennsylvanien ne chôma pas, durant une vingtaine d’années apparut itou dans Les Yeux de Laura Mars ( Eyes of Laura Mars , Irvin Kershner, 1978), Il était une fois en Amérique ( Once Upon a Time in America , Sergio Leone, 1984), Deux Flics à Chicago ( Running Scared , Peter Hyams, 1986), Coup double ( Tough Guys , Jeff Kan...

Épouvante sur New York : Manhattan Baby

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Longue-vue de mateur amateur et cinéaste dissident plaisamment professionnel. Comme si Le monstre est vivant rencontrait Meurtres sous contrôle  : l’aimable Larry Cohen entrecroise la préhistoire et les sacrifices mayas, voilà. Il rend hommage à Willis O’Brien & Ray Harryhausen. Il troque l’Empire State de King Kong contre l’immeuble Chrysler de sa créature dans les airs. Il filme New York aussi bien que Ferrara & Scorsese. Il survole la « ville qui ne dort jamais » et semble passer ses journées sur des toits, à bronzer, à bâtir. Voici une Amérique sympathique de laveur de carreaux et d’employée de bureau, d’oisive lascive et d’ouvriers affamés, de serveuse amoureuse et de clodo endormi, de flic documenté et de prof d’université, Columbia, bien sûr. Un piètre pianiste braque une bijouterie en compagnie, égare le magot, devient le témoin des festins nus de la monstruosité ailée. Un œuf tu trouveras, un autre se fendra en coda. Cohen convainc, Cohen surp...

Brainscan : Les Deux Papas et la Maman

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Game over  ? Plutôt la partie d’une vie… Il existe des films de scénariste. Diplôme universitaire en poche, Andrew Kevin Walker signe son tout premier scénario (de long métrage), dans lequel, de manière rétrospective, il semble aujourd’hui facile de lire les Seven , The Game , 8 millimètres , Sleepy Hollow  et Wolfman à venir (sans omettre ses participations officieuses à Fight Club  ou  Hypnose ). Bien sûr, on peut aussi penser aux Griffes de la nuit (croque-mitaine de cauchemar), à Dreamscape (exploration onirique), à Vidéodrome (CD-ROM versus VHS), à Scream (dimension méta) et à Ring (transmission de malédiction). Brainscan (sorti en 1994) porte bien son nom : il s’agit à la fois d’une radiographie cérébrale, donc d’un « film-cerveau », de façon littérale, et d’un duplicata virtuel de « genres ». Faux film fantastique, faux film d’horreur, faux film policier, voici en réalité (virtuelle, augmentée) un vrai drame psychologi...

Pacte avec un tueur : The Ghost Writer

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 « Les deux faces d’une même pièce », affirme le tueur à gages à l’inspecteur de police : sur les terres du billet vert, les valeurs (éthiques, financières) fluctuent, et le meurtre se réduit à une monnaie d’échange… Best Seller se tient tout entier dans ses premiers plans, suite de fondus enchaînés dans l’axe qui dédouble le trajet d’un van ébène roulant pour Nixon, littéralement, surgi des sombres Enfers d’un parking souterrain, en direction du jour aveugle de la sortie : à la fois résurrection urbaine, montée documentaire vers la lumière et fuite en avant, irrésistible et métaphorique, vers un trépas virginal, ce grand blanc entrevu dans les « expériences de mort imminente ». Pacte avec un tueur , sa dimension faustienne soulignée par le titre français, constituera donc la chronique d’une mort annoncée, d’une humanité regagnée, d’une brève rencontre entre deux hommes que leurs métiers, leurs morales, leur vies opposent de façon radical...