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Affichage des articles associés au libellé Paul Morrissey

La Comtesse

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  Un métrage, une image : Les Lèvres rouges (1971) Scott connaissait Kümel ? Interrogation rhétorique. Cathy & Suzy, Tony lui fait baiser Fanny ( Les Prédateurs , 1983), avant qu’elle ne baise vraiment Fanny Ardant ( 8 femmes , Ozon, 2002). Dans le sillage des outrages de The Vampire Lovers (Baker, 1970) + Vampyros Lesbos (Franco, 1971), revoici des suceuses, certes pas celles des bandes classées X, même si la brunette suspecte, à la coupe Louise Brooks, semble presque une soubrette, issue de la pornographie française de jadis, so seventies . Au début, ça baise, bis , avec entrain, au creux du compartiment d’un train, salut à Martin (Romero, 1977). Ensuite, ça s’installe à Ostende, hôtel bunker à la Enki Bilal ( Bunker Palace Hôtel , 1989), soupçon de India Song (Duras, 1975), puisque surgit l’irrésistible Seyrig. Ce récit séduisit la féministe Delphine, qui piège le mec qui ne pense pas qu’avec sa tête, fellation d’occasion, qui avec sa ceinture, motif ...

La Femme nue et Satan : La Tête dans le carton à chapeaux

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  Seconde chance ? Secrète errance… Un an avant Les Yeux sans visage (Franju, 1960), autre histoire noire d’effroyable greffe féminine, La Femme nue et Satan (Trivas, 1959) s’apprécie pour ainsi dire en point de suture entre La Fiancée de Frankenstein (Whale, 1935) et The Brain That Wouldn’t Die (Green, tourné itou en 1959, sorti en 1962). Il s’agit aussi, à sa façon, d’une expressionniste préfiguration du plutôt pop « Krimi » teuton, pourvue d’un titre trompeur et pourtant pertinent : pas de pépée à poil, rien du Malin, mais un estimable mélodrame moral, à base d’art et de science, de corps et de décor, de construction et de destruction. Secondé par le production designer Hermann Warm, jadis au service de Wiene ( Le Cabinet du docteur Caligari , 1920), Lang ( Les Trois lumières , 1921), Murnau ( Le Fantôme , 1922) ou Dreyer ( La Passion de Jeanne d’Arc , 1928 + Vampyr , 1932), flanqué du directeur de la photographie Georg Krause ( Les SS frappent la n...

Histoire d’O + Histoire d’O, numéro 2 : La Débandade + Maîtresse

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Initiale infernale, d’orifice à offrir, de tandem cinématographique à fuir…   Comment minorer un roman majeur, l’amoindrir en modèle de cinéma bourgeois ? En pasteurisant Pauline, pardi, en modifiant le possible suicide en final féministe, fichtre. Toutefois les reflets en soft focus pouvaient presque fonctionner, car raccord avec la dimension onirique du conte initiatique, mystique, avec le parcours éprouvant, voire bouleversant. Hélas, l’érotisme inoffensif, la superficialité de publicité, le fastidieux défilé des vains mannequins, caractéristiques de pseudo-style, lassent fissa et le film ne s’en remet pas. Histoire d’O (Just Jaeckin, 1975), illustration d’une transposition de Sébastien Japrisot, dont l’Elle vengeresse et « névrosée » de L’Été meurtrier (Jean Becker, 1983) renverse et victimise la volontariste et extrémiste O, se voit donc co-éclairé par Robert Fraisse, qui dirigera dix-sept ans après la photographie du fumiste L’Amant (Jean-Jacque...

Tendre Dracula : Le ciel est à nous

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La fatigue et la fuite, le commerce et les promesses… Pierre Grunstein produisit plusieurs films, surtout ceux de Claude Berri, ici retrouvé via Renn Productions, et de Claude Zidi, par exemple L’Aile ou la Cuisse (1976), financé par le fidèle Christian Fechner ; on lui doit idem des items de Bertrand Blier ( La Femme de mon pote , 1983), Jean-Jacques Annaud ( L’Ours , 1988), Oliver Stone ( Alexandre , 2004), Julian Schnabel ( Le Scaphandre et le Papillon , 2007) ou Abdellatif Kechiche ( La Graine et le Mulet , 2007). Il assista en sus Pierre Lhomme & Chris Marker sur Le Joli Mai (1963), Alain Resnais sur Muriel ou le Temps d’un retour (1963) ou Berri, bis , sur Le Vieil Homme et l’Enfant (1967). Pourtant Pierre Grunstein ne réalisa qu’un seul film, un film unique, en effet, intitulé Tendre Dracula (1974) et La Grande Trouille , clin d’œil de distributeur intéressé adressé à La Grande Bouffe (Marco Ferreri, 1973). Adaptateur avec Harold Brav d’un scénario si...

Lady Frankenstein : Les Orgueilleux

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La satanée Tania fera de toi un pantin spolié de son corps, némésis d’amour à mort. « Death is my life » : seul Joseph Cotten pouvait proférer cette réplique over the top sans sombrer aussitôt dans le risible et Lady Frankenstein enregistre sa fatigue, sa vieillesse, sa Fin de partie à la Samuel Beckett, avec moins de générosité, d’humour, de flamboyance qu’un Mario Bava presque au même endroit. Le voici dirigé en 1971 par un émule anonyme de Roger Corman, qui d’ailleurs co-produit via New World Pictures. D’un Welles à l’autre, Jo troque Orson contre Mel et rencontre en Italie l’incendiaire trentenaire Rosalba Neri, consœur et concurrente d’Edwige Fenech. Le baron nécrophile possédait donc une fille, cf. l’explicite titre transalpin, on l’ignorait, on peut trouver ceci très logique, surtout connaissant le féminisme de Mary Shelley. Chirurgienne diplômée, la figlia orpheline veut illico reprendre les travaux impies de son paternel trépassé en pietà . Avec l’...

The Green Inferno : La Forêt d’émeraude

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La faim justifie les moyens, a fortiori dans la zolie Amazonie. « Per Ruggero » : le générique de fin s’achève par une grosse dédicace loquace et paraphe The Green Inferno en film d’amour adressé au caro Deodato, à un sous-genre cinématographique, horrifique, celui de l’anthropophagie, filmographie sélective offerte in extremis , un salut singulier à Ursula Andress topless dans La Montagne du dieu cannibale , émoustillement d’adolescence maté en VHS, à Lorenza Izzo, aussi, actrice radieuse aux grands yeux expressifs, jeune femme dynamique et sympathique, accessoirement compagne du réalisateur et sa partenaire de jeu sur le peu mémorable Aftershock . Film de femmes, film de cannibales, film choral, cet enfer vert qui ne connut les honneurs d’une sortie en salles hexagonales, alors que tant d’excréments s’y bousculent chaque mercredi après-midi, merci, s’apparente à un conte défait pour adultes, où l’ingénue manque de se faire manger non plus par l’ogre du Petit Pou...

Baron vampire : Propriété interdite

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Mario Bava. Cela commence comme une estivale escapade touristique en Autriche, le pays d’Adolf Hitler, Michael Haneke et Ulrich Seidl (le toponyme de l’intitulé italien situe à tort le récit en Bavière, la patrie du roi fada et de sa Sissi/Romy), sur de l’ easy listening sympathique (soupçon de bossa) composé par Stelvio Cipriani (remplacé par Les Baxter dans la version remontée distribuée aux USA par AIP ; notons itou un pastiche de Bach sur un plan d’orgue, une pincée de rock estampillé progressif). Un type aux pattes et brushing très seventies (Antonio Cantafora, pas encore chez Fellini ni Skolimowski) prend l’avion, comme les passagers putréfiés de l’ultime vol dans la coda de Lisa et le Diable , par ailleurs préfiguration de Destination finale . Il rentre au pays après ses (brillantes) études universitaires, il veut enquêter sur ses ancêtres, notamment le fameux « baron sanguinaire » haï ...