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Affichage des articles associés au libellé Philip Kaufman

Venise en Italie

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  Exils # 98 (26/03/2025) Moins émouvant que L’Anti-gang (Reynolds, 1981), moins réussi aussi, Banco (Richards, 1986) possède cependant quelques éléments intéressants. L’ouverture divisée, en montage alterné, affiche deux motifs et deux formes de violence : celle « faite aux femmes », dénomination de discrimination et de victimisation désormais à la mode, celle entre hommes, emmerdeur de dame costaud – et joueur de billard, la queue, les boules, Freud roucoule – contre « crevette » dégarnie [1] le mettant au tapis. Si la première impressionne, rappelle illico les marches au tombeau de Blue Velvet (Lynch, 1986) et Twin Peaks: Fire Walk with Me (Lynch, 1992), la seconde s’avère vite autant truquée qu’un match de catch. Les situations en opposition carburent donc à la lutte de pouvoir, voire de territoire, matérialisent une masculinité enténébrée au carré – tout se situe de nuit – à vomir ou à sourire. Tandis que la craintive puis conquise compagne du...

Marche ou crève

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  Un métrage, une image : Randonnée pour un tueur (1988) En 1958, la question (inter)raciale (re)liait, au propre et au figuré, Curtis & Poitier ( La Chaîne , Kramer). Trente ans après, elle ne se pose presque plus, à peine aperçue au cours d’une réplique – le flic du FBI affirme avoir combattu les cagoulés du KKK, les cocos du KGB – ou d’une scène drolatique, démonstration d’intimidation entre espèces à mettre en parallèle avec le contemporain L’Ours (Annaud, 1988). À la fin des années 80, un homme dit de couleur pouvait donc occuper un poste important parmi la police de Hoover, n’en déplaise à un incrédule pêcheur, ensuite son torse nu être frotté par un homme blanc puisque idem en quête de chaleur, autres temps, autres mœurs. Co-écrit par Petrie Jr. ( Le Flic de Beverly Hills , Brest, 1984, Big Easy : Le Flic de mon cœur , McBride, 1987), fiché en forêt, fini sur un ferry , le récit de Randonnée pour un tueur , aka l’explicite Deadly Pursuit , l’impérat...

L’Invasion des profanateurs : Arnaques, crimes et botanique

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  De la déprime et du speed , de la graine et plus de haine… Car Je est un autre. Rimbaud L’Invasion des profanateurs  (1978) possède déjà les défauts de L’Étoffe des héros (1983), il manque de rythme, de style, il dure deux heures, Seigneur. Viré par Eastwood du plateau de Josey Wales hors-la-loi (1976), qu’il co-écrivit, Kaufman en dépossédé paraissait toutefois la personne idoine pour à nouveau adapter la moralité d’altérité de Jack Finney. Ensuite auteur d’un diptyque pseudo-littéraire de peu de valeur, le décoratif et dispensable L’Insoutenable Légèreté de l’être (1988)/ Henry et June (1990), le Phil cinéphile s’acoquine au sieur Richter ( Dracula , Badham, 1979, Brubaker , Rosenberg, 1980, Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin , Carpenter, 1986), afin d’édifier les foules au sujet de leur déshumanisation supposée, de leur aliénation, étrangeté au propre, au figuré, de saison, allons bon. En vérité, sa sienne invasion synthétise et spatialise...