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Affichage des articles associés au libellé Jacqueline Bisset

Vers la lumière : Les Instants clairs de Jacqueline Waechter

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  Surprise du samedi, relais urbi et orbi … En os et en chair je ne connais Jacqueline Waechter, cependant ceci m’indiffère, sus aux séductions éphémères, priorité à la proximité épistolaire. Des « moments éclairants », « intelligents », l’internaute point sot ni sotte en passera, en trouvera autant qu’il conviendra, via son site intitulé joliment Bright Moments . De la lumière, de la lucidité, du désir, de la légèreté, il (nous) en faut à satiété, surtout à l’heure de stupeur du ciné masqué, du monde démoralisé, soumis à sa symbolique morbidité. Impressionnant, impressionniste, poétique, politique, le miroir tout sauf fantomatique de Jacqueline – à la Pascal parions qu’elle m’autorisera de son prénom le respectueux emploi, partagé par exemple par les dear Mesdames Audry, Bisset, Pagnol – reflète en effet, fi d’effets, une femme fréquentable. Certains (hommes, oui ou non aimables) offrent ou (s’)envoient des fleurs, j’écris, de manière majoritaire, afin de m...

La Femme du dimanche : Enquête sur la sexualité

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Un porc à balancer, sinon à occire ? Un dossier socio-sexuel, à rouvrir.   Comédie policière adaptée d’un opus à succès de Fruttero & Lucentini, sorte de tandem transalpin plus taquin que son homologue Boileau & Narcejac, La Femme du dimanche (Luigi Comencini, 1975) constitue quarante-cinq ans après l’instantané d’une époque a priori enterrée, accessoirement une visite guidée, inspirée, de la cité de Turin, où se croisent et s’entrecroisent les classes, les espaces, les gestes salaces, les valeureux visages. Jadis, y compris en Italie, territoire molto catho, mate-moi la grosse croix du commissariat, alors sous l’emprise du terrorisme, des enlèvements d’enfants, surtout friqués, ensuite en Suisse abrités, on pouvait donc fréquenter une conférence sur la « masturbation infantile » sans passer pour un pénible pédophile, polanskien ou point ; on pouvait en sus, locution de saison, se vautrer dans la « boue sexuelle » vomie par le Min...

Asher : Jackie

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  « Tueriez-vous Hitler ? » Question rhétorique, à la Johnny Smith , ma chère… On n’espérait pas grand-chose de Michael Caton-Jones, signataire impersonnel d’ opus insipides, dispensables, baptisés Scandal (1989) ou Basic Instinct 2 (2006), surtout pas un semblant de style. Ainsi son Asher (2018) ne déçoit pas, petit polar pépère de Grosse Pomme, à base de Mossad, d’Alzheimer, d’ennui joli, de rédemption d’occasion ( Hitman: Redemption , titre britannique programmatique). Mais on se laissa séduire par sa distribution pour ainsi dire en béton, surtout par la présence des très estimables Famke Janssen & Jacqueline Bisset. Je me dispense de reprendre ici tout le bien pensé à propos de l’interprète du Maître des illusions (Clive Barker, 1995), de X-Men (Bryan Singer, 2000), de La Dernière Mise (Chris Eigeman, 2007) ; je ne développerai pas davantage le portrait déjà dépeint de la dear Jackie, retournez-y. Cependant ces actrices, mère et fille d...

Satan, mon amour : Le Diable par la queue

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Satan l’habite en musique… Elle ne porte rien D’autre qu’un peu D’essence de Guerlain Dans les cheveux Serge Gainsbourg « Dieu n’est plus à la mode » explique Paula, donc Hollywood produit d’innombrables diableries, dont Rosemary’s Baby (Polanski, 1968), L’Exorciste (Friedkin, 1973), La Malédiction (Donner, 1976), sacro-sainte trinité à succès mérité, ou ce méconnu, presque confidentiel,   Satan, mon amour (Wendkos, 1971). Géniteur des Envahisseurs , Quinn Martin s’y colle, troque la possession contre une invasion. S’il conserve la gloire noire du pacte faustien signé par Cassavetes en débutant comédien, son héroïne anonyme, malmenée, lucide, prise pour une cinglée, le métrage d’un autre âge ne reprend la pédophobie en métaphore de conflit générationnel, se déleste de la dimension politique au profit du romantique. Une « histoire de fesses » à Los Angeles, comme le résume de manière pragmatique, triviale, l’amie de l’épouse trompée, ...

Cul-de-sac : Rob Roy

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Suite à son visionnage sur la chaîne   d’ARTE, retour sur le titre de Roman Polanski. Si Cul-de-sac (1966) se souvient de Psychose ( incipit , générique), des Oiseaux (volatiles à volonté, automobile immobilisée), de Mais qui a tué Harry ? (gamin armé), il anticipe aussi Les Chiens de paille de Peckinpah, nettement moins sympa, tout en reprenant le tandem SM du Gros et le Maigre (1960), où figurait déjà un certain Katelbach, tout en débutant la veine disons anglaise du réalisateur, qui comprend Le Bal des vampires (1967), Macbeth (1971), Tess (1979), Oliver Twist (2005) et The Ghost Writer (2010). Polanski l’exilé apprécie l’insularité, s’accapare le huis clos, cf. les échos claustros du Couteau dans l’eau (1962), Répulsion (1965), Rosemary’s Baby (1968), Le Locataire (1976), Lunes de fiel (1992), La Jeune Fille et la Mort (1994), Carnage (2011) ou La Vénus à la fourrure (2013). Ici, sur ce bout d’Angleterre au bord de la mer, de l’amer, se croise W...

Laisse aller… c’est une valse : Notes sur/de Philippe Sarde

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Le hasard n’existant pas, retour sur les atours d’un auteur majeur. On ne parle pas assez, hélas, de Philippe Sarde , on écrit peu ou pas sur lui, à peine une unique biographie, on entend rarement sa musique, assourdie par le bruit dans et au-delà de l’écran. Je viens de passer disons deux heures et demie en sa compagnie et je voudrais simplement donner envie au lecteur de m’imiter. Inutile de revenir à présent sur son parcours, ses rencontres, sur l’ensemble de sa vaste discographie : il le fait lui-même, avec une franchise parfois affolante, nos amitiés aux mânes outragés d’Ingrid Bergman. Fastidieux s’avérerait également un catalogue commenté ; je préfère renvoyer l’auditeur vers une collection concoctée exprès ou mes communautés thématiques Cinéma d’ici + La Septième Note , sur lesquelles figurent plusieurs extraits. Je souhaite, aujourd’hui, annoter ses partitions, jeter une poignée de notes en ligne, bouteilles à la mer à défaut de glass harmonica en verre,...

Extension du domaine de la lutte

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Comptabilité spectrale, anniversaire de circonstance, projection(s) de saison. Le Miroir des fantômes existe depuis maintenant quatre ans, puisqu’un texte consacré à A Touch of Sin (Jia Zhangke, 2013) en constitue la toute première publication, datée du 6 juillet 2014. Neuf cents successeurs ensuite, il semble d’actualité, sinon judicieux, de rappeler que les services, voire sévices, de votre serviteur sudiste, au pedigree portuaire, ne se résument pas à ce navire amiral, que de multiples bâtiments, certes moins imposants, ornent la flotte en ligne, pêche à la ligne tout sauf industrielle, professionnelle, dirigée par le plein plaisir d’écrire, de célébrer, de partager, parfois, rarement, peu de goût ni de temps, de démolir les médiocres idoles de la modernité ou du passé. Sur mon miroir fantomatique et anatomique, vous trouvez des albums, de l’art graphique et numérique, des « bandes originales », des billets, des chroniques, des occurrences du cinéma français, c...

Les Deux Anglaises et le Continent : Polaroïd de Charlotte Rampling

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Charlotte for ever , of course . Talentueuse, audacieuse, chaleureuse : trois épithètes parmi d’autres pour définir une actrice, une persona une femme. Charlotte Rampling vécut plusieurs vies, sur et au-delà de l’écran. Mannequin pour Helmut Newton, épouse de Jean-Michel Jarre, soutien de Nicolas Sarkozy (cherchez l’erreur) et, surtout, avant tout, collaboratrice de Visconti, Boorman, Liliana Cavani, Chéreau, Dick Richards, Boisset, Michael Anderson, Deray, Joy Fleury (ménage à trois entre Myriem Roussel & Andrzej Żuławski, oui, oui), Ōshima, Parker, Ozon, Cantet, Michael Caton-Jones, von Trier ou Maddin – liste chronologique et subjective, sa filmographie compte aussi des rencontres avec Lester, Annakin, Corman, Richard C. Sarafian, Adriano Celentano (Dio mio !), Ripstein, Allen, Lumet, Lelouch, Cacoyannis, Irvin, Tony Scott, Marion Hänsel, Michel Blanc, Mike Hodges, Jewison, Enki Bilal, Gianni Amelio, Dominik Moll, Julio Medem, Kassovitz fils, Maïwenn, Todd So...

La Guerre de Murphy : V pour Vendetta

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 « Pas de prisonniers ! » hurlait le cheik blanc, pas celui de Fellini ; Murphy, moins narcissique, lui répond, à fond.   Drôle de type, ce Peter Yates. Après le bondissant Bullitt (1968) et avant le peu profond Les Grands Fonds , 1977 (Jackie Bisset bis en brune décorative, éventuellement humide), le voilà parti au Venezuela, du côté du delta de l’Orénoque (à vos atlas , cancres géographiques), dans ses bagages un scénario mal aimé par la Paramount, pour un tournage de trois mois, fatiguant, dangereux, spectaculaire (et littéraire, Sian Phillips, pour l’heure encore Madame O’Toole & Philippe Noiret alors lecteurs de Proust perdu en VA ou VO !). Le pitch , comme disent les gens pressés ? Un cuistot de cargo goûte aux délices de la vengeance, plat froid, réchauffé, à déguster glacé, excité, de préférence armé d’un coucou bleu ou d’une barge grise, les deux véhicules lancés, croyez-le ou non, contre un teuton sous-marin taquin....