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Affichage des articles associés au libellé Mary Lambert

Les Gaspards

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  Un métrage, une image : La Créature du cimetière (1990) Il existe, on le sait, une multiplicité d’atrocités, comme au cœur de l’horreur mille couleurs. La Créature du cimetière (Singleton, 1990) carbure à l’économique, sinon à la sexuelle, because contremaître malhonnête, sinon raciste, de l’exploitation des ouvriers, de la « promotion canapé » adepte. Conte anticapitaliste doté d’un intitulé à double sens, temporel, mortel, Graveyard Shift cartographie ainsi, en douce, avec rudesse, une Amérique nordiste à contresens du reaganien triomphalisme, démontre de manière marxiste que les travailleurs, là ou ailleurs, ne comptent pour rien, pour du beurre, à peine bons pour une impossible dératisation aux allures d’extrême-onction. Comme l’Overlook de Shining , l’usine textile au bord de la ruine repose sur une nécropole, on y sue, on s’y sacrifie, on ne s’y fait des amis, on y esquisse une romance de malchance. À l’instar du solitaire de western , l’ ex -univer...

Self Control : Brannigan

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D’une Laura à l’autre, du titre précédent au suivant… 1 « Auteur », ce n’est plus valable aujourd’hui. Jean-Luc Godard Court mais caractéristique, Self Control (William Friedkin, 1984) débute une trilogie poursuivie par Nightcrawlers (1985) puis Police Fédérale Los Angeles ( idem ). Le réalisateur revient à la TV, troque Hitchcock contre Rod (Serling), le cinéaste mélomane, amateur et (futur) metteur en scène d’opéra, accompagne Laura Branigan avant de choper Wang Chung, caméo inclus. Si son Self Control adresse des clins d’œil – et des bras de paroi – à La Belle et la Bête (Jean Cocteau, 1946), à Répulsion (Roman Polanski, 1965), autres mémorables cauchemars sis sous le signe d’une féminité très tourmentée ; s’il reprend en partie l’esthétique onirique, classée X, du tandem Delia & Sayadian ( Nightdreams , 1981 + Café Flesh , 1982 et les affiches en reflet de Fog , John Carpenter, 1980, Pulsions , Brian De Palma, pareil, Massacre dans le...

The Head Hunter : Father and Daughter

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Une profession, une obsession, une résurrection, une transplantation… En vérité subjective, voici une valeureuse vendetta béhavioriste, au final ironique, sinon inique. Un chasseur royal, ermite qui décapite, devient vite un père amputé, qui attend impatiemment le retour au long cours du maudit ennemi. On le sait depuis une éternité, la vengeance s’avale froide, quitte ensuite à vous étouffer. Ici, perdre sa fille équivaudra, en définitive, à perdre la tête, de façon littérale, à siéger en silence, en absence, parmi les chefs des trucidés fichés sur les pieux du tableau de chasse établi à domicile, sourire satisfait du propriétaire funéraire à la clé. Auparavant, le petit cadavre profané de l’enfant servira de véhicule à une tête obsolète, très dentée, munie d’une queue à la Alien (Scott, 1979). The Head Hunter (Jordan Downey, 2018) se situe par conséquent au croisement de Conan le Barbare (John Milius, 1982), de The Revenant (Alejandro González Iñárritu, 2015), de Predat...

La Passagère : Douces flammes de Darlanne Fluegel

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Une blonde et un privé ? Un brun privé d’espoir, pas de mémoire. Dieu réunit ceux qui s’aiment. Édith Piaf Je me souviens, bien sûr, de Darlanne Fluegel dans Police fédérale Los Angeles ( To Live and Die in L.A. , William Friedkin, 1985) ; je la recroisai, hier soir, dans Haute sécurité ( Lock Up , John Flynn, 1989) ; je découvre, aujourd’hui, en différé, qu’elle décéda en décembre 2017, à domicile, à Orlando en Floride, des suites d’un Alzheimer, rime amère, écho d’hosto, à « notre » Annie Girardot. Soixante-quatre ans, ceci peut certes sembler un peu prématuré, pour passer de l’autre côté, néanmoins l’ancien mannequin pennsylvanien ne chôma pas, durant une vingtaine d’années apparut itou dans Les Yeux de Laura Mars ( Eyes of Laura Mars , Irvin Kershner, 1978), Il était une fois en Amérique ( Once Upon a Time in America , Sergio Leone, 1984), Deux Flics à Chicago ( Running Scared , Peter Hyams, 1986), Coup double ( Tough Guys , Jeff Kan...

The Midnight Meat Train : Léon

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Costards noirs contre gilets jaunes… Il faut que je prenne ma place dans le trafic Francis Cabrel Avant de singer les American Sniper (2014) pour Clint Eastwood ou de faire chanter puis pleurer Lady Gaga selon A Star Is Born (2018), Bradley Cooper croisait donc Clive Barker, prenait son Dernier Métro (1980), guère celui de François Truffaut, sa rame en rime à celle du Métro de la mort (1972) de Gary Sherman, cannibalisme souterrain compris. Plus réussi que Downrange (2017), survival du cinéaste concerné à la fois similaire et différencié, situé en plein air, non plus sous terre, The Midnight Meat Train (2008) rappelle le David Fincher de Panic Room (2002), autre huis clos acrobatique de résistance, autre guerre de territoire urbaine, et la caméra prima donna d’un certain Brian De Palma, amateur notoire de compartiments chthoniens, renvoyons vers Pulsions (1980) ou L’Impasse (1993). Dans la scène hitchcockienne de l’hôtel, elle glisse au-dessus des pièces, se...

Stereo : Amnesia

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Maximilian Erlenwein. Récit cerveau, dès l’intro, à moto, en techno, Stereo (2014) rappelle David Cronenberg, pas celui du film homonyme (1969), plutôt celui de A History of Violence (2005). Toujours trompeuses, les apparences rurales, idéales, dissimulent à peine un passé dont la griffe ne cesse de se planter en plein cœur des protagonistes, le Jacques Tourneur de Out of the Past (1947) ne nous contredira pas. Stereo se souvient aussi du Memento (2007) de Christopher Nolan, histoire sans cesse inversée, en différé, d’un enquêteur se découvrant in fine meurtrier, en rime à un certain Œdipe. Moins parricide et incestueux, davantage violent et misogyne, Erik, pas vraiment viking, père par procuration, mécanicien à l’excitante odeur de cambouis, accessoirement motard accumulant les amendes, se divise assez vite, aperçoit, court après puis discute avec le cynique Henry, prénom probablement emprunté au bon tou...

Pumpkinhead : A History of Violence

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Tête de citrouille-potiron pour trouille de saison. Imaginez Simetierre (Mary Lambert, 1989) avec du moto-cross , Les Raisins de la colère (John Ford, 1940) avec une vieille sorcière, Planète interdite (Fred M. Wilcox, 1956) avec des légumes, voire des légendes, d’automne et vous pourrez vous faire une idée assez claire de ce « film culte » méconnu, dû au maquilleur renommé Stan Winston, alors à ses débuts de réalisateur. Pumpkinhead (1988) possède au moins trois éléments majeurs : l’interprétation intense de Lance Henriksen ; la direction de la photographie remarquable de Bojan Bazelli, collaborateur d’Abel Ferrara sur China Girl (1987), The King of New York (1990), Body Snatchers (1993) et de Jennifer Lynch sur Boxing Helena ( idem ) ; sa nature de conte moral à contre-courant. Il commence comme Le train sifflera trois fois (Fred Zinnemann, 1952), par un portrait au passé, sis en 1957, de la lâcheté ordinaire, en nocturne Americana . On refu...

La Petite Fille au bout du chemin : A French Letter for Jodie Foster

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Portrait épistolaire d’une femme fréquentable. Dear Jodie, J’ignore si vous lirez un jour cette lettre, puisque francophone de bonne école américaine, comme chacun sait. Je vous l’écris sans chichis, je ne rédige pas votre biographie. Deux feuillets devraient donc suffire à vous dire mon admiration, non ? Ne croyez pas, loin de là, que je me fiche aussi de votre filmographie, mais j’aime avant tout y retrouver votre voix, y compris en VO, votre visage, votre jeu précis, intense, sincère, peu importe votre âge, ma chère. Cette fraîcheur naturelle, pérenne, vous l’affichez depuis vos jeunes années. On vous vit ainsi grandir puis vieillir avec nous, à l’instar de notre star nationale, Sophie Marceau, point trop n’en faut, qui partage avec vous le privilège discutable d’avoir poussé la chansonnette suspecte au côté de vocalistes hexagonaux, citons Claude François & François Valéry, par ailleurs estimable compositeur pour le saphisme soporifique de Joy et Joan (Saur...