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Affichage des articles associés au libellé Ron Howard

Femme(s) des années quatre-vingt

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  Exils # 67 (07/01/2025) À sa sortie, en écho à Carrie, mais pas au « bal du diable », tout le monde se moqua sans états d’âme de la « cousine de Superman ». Il fallut donc attendre Patty Jenkins pour lui adresser un clin d’œil logique et chronologique avec Wonder Woman 1984 (2020). Une quarantaine d’années après, Supergirl (1984) ne s’avère vite ni un produit cynique, ni une déclinaison à la con. À l’instar de l’intéressant et idem mésestimé Superman 3 (Lester, 1983), où l’immaculé Clark Kent découvrait puis combattait son propre et sale Mister Hyde, au creux d’une casse auto ensuite réoccupée par Jim Muro ( Street Trash , 1987), aucun meilleur ennemi que soi-même, amen , l’analogique métrage en automatique pilotage du sieur Swarc, téléaste responsable et coupable itou des dispensables Les Dents de la mer 2 (1978) ou La Vengeance d’une blonde (1994), ne mérite l’amnésie, le mépris. Il s’agit en effet, en réalité, d’un film dont le féminisme profond et définit...

La Famille Addams

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  Un métrage, une image : Maison de retraite (2022) Co-écrit, co-produit, conduit par le principal intéressé, au demeurant guère intéressant, au propre, au figuré, alors au volant d’un autocar coloré, customisé, very gay , piqué aux mecs honnêtes de Priscilla, folle du désert (Elliott, 1994), Maison de retraite semble en surface se soucier de vieillesse, d’abus de confiance, d’adulescence, mais ceci se dissout, au profit de l’utopie. Face à la France d’Éric Zemmour, ses fractures, ses frontières, sa soif d’hier, voici celle du véhicule, sens duel, de Kev, qui cède à Platon sa caverne, qui opte pour une grotte, pain béni de psy, lieu bienheureux, débarrassé de la peur, de la culpabilité, ces conneries stériles, dixit l’ ex -boxeur doté d’un cœur, il entraîne, il teste, il meurt, dont le nom du personnage, Lino Vartan, rend donc un double hommage, aux ancêtres d’antan, Sylvie & Ventura, voilà, père et mère mythiques, symboliques, d’un orphelin en quête inconsciente, ...

Dar l’Invincible : C’est donc ton frère

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  Red Sonja ? Rousse Tanya… Au croisement de Conan & Tarzan, Dar ne s’égare, protagoniste gai puis triste d’un titre qui séduit selon sa modestie, possède plusieurs qualités, dont sa simplicité, sa sincérité. Après le fantastique funéraire et funèbre de Phantasm (1979), autre histoire de frères partenaires, longtemps avant le duo rigolo de maison de repos de Bubba Ho-tep (2002), voici celui féerique de Dar l’Invincible (1982), où Lee Holdridge & John Alcott de Coscarelli constituent l’excellente escorte. Le compositeur de Splash (Howard, 1984) et le directeur de la photographie de Barry Lyndon (Kubrick, 1975), Il était une fois la Légion (Richards, 1977), Le Monstre du train + Under Fire (Spottiswoode, 1980 + 1983) ou Greystoke, la légende de Tarzan (Hudson, 1984) servent avec virtuosité un récit jamais risible, une fable guère infantile, un conte d’accomplissement d’antan, de foi et de soi. Comme dans Macbeth , des sorcières séduisantes et monstrueuses pr...

Still the Water : La Chèvre

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Naomi Kawase. La mer, la mort, l’amour : Kitano, avec le superbe Hana-bi , passa déjà par là. Still the Water entend associer Mia madre au Lagon bleu , avec un zeste du Sang des bêtes (bienveillance des abattoirs) et de Cannibal Holocaust (un salut à la tortue) en sus, « au grand dam » des membres de la SPA, assurément révulsés par la double agonie (« effet de réel » paresseux) d’une chèvre (« Ça va durer longtemps ? » se lamente l’adolescent miroitant les spectateurs les plus émotifs). Naomi Kawase, chouchoute des critiques (même divisés) et de la chaîne franco-allemande, documentariste et narratrice visiblement obsédée par la palme cannoise (ire grotesque d’un Angelopoulos naguère « reparti bredouille »), qualifiant son film, en toute modestie, de « chef-d’œuvre », déploie durant cent quatorze très longues minutes sa camelote cosmique à la Malick,...