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Affichage des articles associés au libellé Gabriel Le Bomin

Les Apparences : Le Rôle de sa vie

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    « Wunderbar » ? Dur d’y croire… Je suis le restaurant déserté Bertrand Burgalat, L’Enfant sur la banquette arrière Les « professionnels de la profession » appellent cela un « film véhicule » et sa star , Karin Viard, s’y fait en effet véhiculer, en calèche de boucle bouclée, d’abord souvenirs d’hier, d’une mère estimée trop populaire, vade retro , Rondò Veneziano, ensuite présent immanent, en regard caméra souriant. Entre-temps, la directrice de la médiathèque ne sait plus où donner de la tête, prise (culbutée sur le canapé, sombre escarpin dressé) entre une institutrice adultère et un harceleur en colère. La première, son courriel piraté, sa liaison dévoilée, son « sordide » passé déterré, sa proximité répudiée, finira par une fenêtre bruxelloise encadrée, après un épilogue de non-lieu ( because légitime défense), dénouement pas si bienheureux, diffusé en direct au JT, ah ouais. Le second, romantique germanique, molto p...

La Mort aux trousses : Mourir peut attendre

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Sept spectateurs, une seule splendeur… La Mort aux trousses (Alfred Hitchcock, 1959) maousse, un grand divertissement brillant, semant insolemment ses poursuivants, réduisant à néant ses descendants, bondesques ou non ? Certainement, mais pas seulement. En revisitant, en salle provinciale hélas dépeuplée, en version originale sous-titrée, en résurrection cyclique, en projection numérique, le périple du publicitaire tout sauf austère, on se surprit à savourer aussi, en sus de l’ensemble du reste déjà célèbre, célébré, un opus politique, où, pardon pour la formulation explicite, les raisons du cœur baisent in extremis la raison d’État quand même complice, pensez au plan de pénétration par procuration placée après l’arrivée-sauvetage de la police. Muni d’une dream team – le créateur de générique Saul Bass, le directeur artistique Robert F. Boyle, le directeur de la photographie Robert Burks, le compositeur Bernard Herrmann , le scénariste Ernest Lehman, le monteur Geor...

De Gaulle : L’Opération Corned-Beef

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Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien mourir ?... Faisons fissa : voici un biopic chronologique, très appliqué, un peu surdécoupé, un peu en caméra portée, qui alterne palabres politiques et mélodrame maternel. Formaté par/pour la TV, sa principale productrice, De Gaulle (Gabriel Le Bomin, 2020) assemble durant une heure cinquante, diantre, ses saynètes suspectes, ses séquences insipides. On y apprend, notamment, que le bœuf en boîte britannique servit de carburant d’insomnie à l’inspiration mal rasée d’un célèbre et célébré appel radiophonique, tant pis pour sa prose prosaïque, stratégique, plutôt que lyrique et pathétique. Loin des échos et des trémolos d’un André Malraux, ce Charles-là, « mon grand amour » de sa chère-épistolaire Yvonne vouvoyée par ses proches, fichtre, incarnée par une Isabelle Carré encore dotée de sa voix d’adolescente, ne choquera aucun, ne passionnera personne, ne surprendra que les amnésiques, sinon les fadas. Sorti dans le sillag...