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La mariée était en blanc

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  Exils # 93 (19/03/2025)  Mythomane à Mexico ? Bovarysme à l’El Globo ? Luisa débarque de sa campagne, d’un « village » aux « deux mille habitants », dans une « pâtisserie française » se rend, où pour une mendiante on la prend, cependant posthume recommandation de la « tante » du bon patron, veuf avec enfants, aux groom et employées plutôt bien traités. Douée, adoubée, la discrète s’adresse à des personnages en sucre, une petite pièce occupe, dont la fenêtre pauvrette permet au voisinage, trivial outrage, de la mater, de ses manières se moquer, aussi elle quitte ce quartier de concierges, au-dessus de « bureaux » et de « caves » se perche. Sur le toit-terrasse, de colère lasse, on peut apercevoir des enseignes américaines, spectacle nocturne d’un capitalisme qui l’illumine et ne l’importune. Via une variation de la célèbre pantoufle de vair de Cendrillon, elle (se) raconte à ses collègues allègres sa re...

Insiang : Moi, Tonya

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Lino Brocka. Le prologue porcin annonce le poignard assassin, le boucan de l’abattoir contraste avec le silence définitif du boucher décédé : dans Insiang (1976), l’héroïne le formule elle-même, les rôles s’inversent, nuit de souffrance, jour de vengeance. On pense, bien sûr, à Douglas Sirk & Rainer Werner Fassbinder, on se souvient aussi de Lolita (Stanley Kubrick, 1962) et de Pas de printemps pour Marnie (Alfred Hitchcock, 1964). Je disais de Manille (1975) qu’il s’agissait d’un « mélodrame sexuel davantage que [d’une] démonstration marxiste », muni d’une « mère mégère », mais dépourvu de « manichéisme », de « misérabilisme ». Je le redis au sujet de ce film majeur, d’ailleurs à l’origine destiné à la TV, plus tard adapté en pièce par le co-scénariste Mario O’Hara, d’abord sans surprise censuré, ensuite mal reçu en salles, puis consacré à Cannes ; le « ...

Manille : Adieu Philippine

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Lino Brocka. On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille On choisit pas non plus les trottoirs de Manille De Paris ou d’Alger pour apprendre à marcher Maxime Le Forestier Tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles. Pangloss Une fille, la ville, l’exil. Surtout, une rue Miséricorde, une recruteuse Madame Cruz, un ange déchu appelé Paraiso, un ami prénommé Pol, l’inscription murale JESUS IS OUR SAVIOR, des retrouvailles ecclésiastiques, une séance du King of Kings (1961) de Samuel Bronston & Nicolas Ray. Ce chemin de croix sans foi ni loi, où chaque cercle infernal, banal, trivial, oblige Julio à tomber encore plus bas, jusqu’à son possible suicide, son lynchage probable, jusqu’à un terrible arrêt sur image en regard caméra, à peine contrebalancé par le souvenir ensoleillé d’une madone étranglée, ne pouvait pas ne point parler à un certain Martin Scorsese, notoire g...