Balades à Biarritz
Exils # 1 (10/02/2023) Dans Le Voyage à Biarritz (Grangier, 1963), titre programmatique, le spot impérial apparaît presque un paradis d’utopie, une forme de graal familial. Idem père amer, Fernandel doit déjà se déplacer, même seulement en pensée : il ne s’agit pas encore de retrouver une fille prostituée ( Le Voyage du père , Denys de La Patellière, 1966), mais cette fois un fils ingrat. Escorté d’une Arletty délocalisée, le Provençal rêvasse donc à cette destination, à cette réunion. La brume d’écume, ou du plâtre des façades, car Biarritz semble souvent en travaux, sans cesse rénovée, partie perdu d’avance contre l’érosion, l’abandon, la morte-saison ; le soleil aussi blanc que le crémeux ou mousseux océan en mouvement ; la pénurie de passants, en dépit d’un hiver quasi caniculaire – tout ceci confère en effet à la petite ville maritime un aspect fantastique, une aura onirique, une saveur sucrée salée de songe instantané. Ainsi, aujourd’hui, à demi endormie, Biar...