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Affichage des articles associés au libellé Miloš Forman

Virez Willy

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  Exils # 118 (15/07/2025) Achab du Canada, Nolan, au patronyme explicite, alon ( e ) loin de Babylone, possède aussi son idée fixe, qui le possède et finit par le perdre, substitue au Queequeg d’ébène l’Indien lucide, pas du tout fou, de Vol au-dessus d’un nid de coucou (Forman, 1975). Lectrice de Melville, scientifique héroïque et enseignante « réchauffante », surtout du côté de la banquise, Charlotte Rampling formule et tamise l’anthropomorphisme, le mâtine d’une amère ironie : la mémoire sentimentale du mammifère « monogame » – dixit une bientôt unijambiste Bo Derek aux joues rondouillettes – et intelligent excède celle fameuse de l’éléphant, mais cette « quasi » humanité attribuée, remarquez les mimis mimines du fœtus foutu, participerait hélas du « réflexe le plus primitif » de l’espèce bipède, vive la vengeance et la violence, revoilà Peckinpah, éthologue du viol ( Les Chiens de paille , 1971). La femme fréquentable, deux fois rescapée, en coda...

Brazil

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  Une chanson et deux déclinaisons… Ce qui rend irrésistible Aquarela do Brasil  ? Sa « mélancolie » pas si en sourdine, peu propice à la déprime, son « exaltation » d’unisson, d’assumée transformation. En 1939, année damnée, voici du neuf, ensuite illustré/adoubé par Disney ( Saludos Amigos , 1942), disons à la moitié d’une guerre mondialisée. D’une Amérique à l’autre, latine et nordiste, la belle aquarelle, nationale et non nationaliste, connaît le succès, devient vite un classique instantané, voire controversé, sans cesse relooké, mention spéciale à la version radicale, plutôt martiale que tropicale, quoique, de l’éphémère et royale Elis Regina. Ary s’inspire de la pluie, célèbre un pays, « troubadour d’amour » en train d’immortaliser une terre religieuse, « malicieuse » et « délicieuse », de signer une samba superbe, modèle, peut-être immortelle, dont l’impressionnisme épique se métamorphose en romantisme nostalgique, mer...

Clean

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  Un métrage, une image : Born To Win (1971) Méconnue comédie dramatique et sentimentale portée par le subtil George Segal, Born To Win d’Ivan Passer constitue donc le second film. Moins fameux que son collaborateur et compatriote Miloš Forman, comme lui-même exilé en Amérique nordiste, pour cause d’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie, le cinéaste co-scénariste délivre un ouvrage de son âge, au creux duquel découvrir l’anecdotique caméo d’un jeunot Robert De Niro, policier des stups doté d’un bonnet bientôt chipé par l’Al Pacino de Serpico (Sidney Lumet, 1973). Lesté d’un titre antithétique, de tatouage à naufrage, ce portrait à la fois triste et amusé d’un « habitué », pas d’un « accro », appréciez le spécieux distinguo , d’un autrefois coiffeur, jadis déjà et désormais indicateur, vain voleur charmeur de coffre-fort, de voiture, de fille pas si facile, de « paquet » à (r)apporter, radiographie en sourdine un ...

Kanał : Underground

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Andrzej Wajda. Il y a dans l’être quelque chose de particulièrement tentant pour l’homme et ce quelque chose est justement LE CACA. Antonin Artaud, Pour en finir avec le jugement de dieu Ah but remember that the city is a funny place Something like a circus or a sewer Lou Reed, Coney Island Baby L’œuvre s’ouvre via un travelling invraisemblable et virtuose, rien du reste ne démentira cette maestria du mouvement et du maniement de la caméra, scène d’introduction et dite d’exposition qui programme et formule en voix off un déterminisme tout sauf magnanime, de « tragédie » indeed nazie. Dans un film « horrifique », surtout tendance slasher , ma sœur, ça succombe en série ; dans un film « pornographique », ça baise en sus aussi ; dans ce « film de guerre » durant la moitié de sa durée déroulé sous terre, ça s’épuise, ça agonise, au creux d’un huis clos ...

La Nuit des fous vivants

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  Un métrage, une image : Dément (1982) Le prologue onirique et drolatique donne le ton, rappelle que le réalisateur toutefois tout sauf fan d’horreur va directo diriger La Revanche de Freddy (1982). L’épilogue avec l’imposant Jack Palance, entré sans payer, pourvu d’un pistolet, aux prises avec une groupie « rendue dingue » par la musique merdique, paraphe le message d’insanité généralisée, sinon amusée, comme si le meurtrier dessillé, par l’emprisonnement militaire traumatisé, trouvait in extremis sa moitié menacée, passage de témoin malsain entre des générations à l’unisson. Entre ces deux instants assez excellents, Sholder, bien sûr bientôt l’auteur du recommandable Hidden (1987), fait ses débuts sous l’égide de New Line et surtout de Robert Shaye, sœur de celui-ci en standardiste en dérangement incluse. Le collaborateur de Craven, Jackson ou Waters accorde donc sa confiance à l’ancien monteur tout sauf amateur. Le scénariste cinéaste signe ainsi une assoc...

Portraits : Still Life

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  Le glamour et le désamour, les repères et la misère… En découvrant aujourd’hui le travail de Mary Ellen Mark, on repense bien sûr à celui de Dorothea Lange & Diane Arbus, d’ailleurs ici aussi de la partie, puisque prise en 1969 à New York comme consœur pâlotte. Dans sa préface, la photographe parle de « documentation sociale », de « travail commercial pour les magazines, le cinéma et la publicité », des « profondeurs de la personnalité », du « fond de l’âme », de « vérité du caractère du personnage », du « sens caché » des existences esquissées ; elle affirme fissa sa profession de foi : « Le portrait d’un homme ou d’une femme (célèbre ou non) fonctionne s’il communique quelque chose de très personnel ou de très intime. Le tout, naturellement, joint à une belle lumière et à une composition parfaite. Un portrait vraiment réussi peut révéler beaucoup de secrets. » D’abord publié en Italie, pourvu...

Hair + Pink Floyd The Wall : Expendables

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  L’unique et l’inique, le numéro et le morceau… Sur le fond en reflet de chansons à succès, écrites pour contester, les séquences font s’affronter l’individu et la collectivité, les solitaires et la masse. Dans les deux cas, complémentaires, contradictoires, il convient de donner à voir un double processus d’impuissance et de dépossession, l’affreuse façon dont l’armée américaine puis l’éducation anglaise transforment fissa les soldats et les élèves en « chair à canon », en « chair à pâté », au sens cette fois littéral, le figuré congédié. Si Forman filme une arrivée en retard, un sauvetage survenu trop tard, une coupure temporelle, de croix et de chevelures une ribambelle, Parker plonge parmi l’esprit point serein ni malsain d’un petit poète humilié en public, à proximité de ses condisciples antihéroïques. Chez le premier, l’aboiement des supérieurs prépare le terrain psychotique de Full Metal Jacket (Kubrick, 1987), la soute de déroute d’un avion vert, ou...

Les Dents de la mer : Le Fils du requin

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  La baleine divine de Moby Dick  ? Un gros ogre de blockbuster horrifique… Avant le gosse à vélo ( E.T., l’extra-terrestre , 1982), les gosses et les dingos ( Indiana Jones   et le Temple maudit , 1984), le gosse et les fachos ( Empire du Soleil , 1987), les gosses et les dinos ( Jurassic Park , 1993), la gosse du ghetto ( La Liste de Schindler , idem ), le gosse et le robot ( A.I. intelligence artificielle , 2001), les gosses d’apocalypto ( La Guerre des mondes , 2005), le gosse de Morpurgo ( Cheval de guerre , 2011), voici le gosse à l’eau ( Les Dents de la mer , 1975). En moins de cinq minutes, le spécialiste à succès de la souffrance de l’enfance, de sa résistante résilience, réussit une remarquable et remarquée d’infanticide séquence. Pour la première fois, l’enfant ne survit pas, présage du Petit Chaperon rouge vite évanoui(e) de Varsovie. Bien servi par le savoir-faire du directeur de la photographie Bill Butler, sorti de Conversation secrète (Coppola, 1974) ...

Ne vous retournez pas (3) : Un mois de cinéma

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  Des films, des films, des films … Fuite futile ? Exil utile ! 4 Könige (Theresa von Eltz, 2015) Vol au-dessus d’un nid de coucou rencontre Breakfast Club  : premier film d’une femme passée par l’oxfordienne université, par Frears & Loach (dé)formée, experte en publicités, ce psychodrame au carré, très téléfilmé, accuse l’incompétence des adultes, adoucit des ados le tumulte. Débuté en POV, en caméra portée, le conte teuton de Noël, un brin à la truelle, vaut avant tout pour son casting en quatuor , presque en or, échauffant la fable réchauffée.   L’Apprenti salaud (Michel Deville, 1977) Comédie insipide commise par un cinéaste estimable ; un petit employé de quincaillerie pseudo-quadragénaire, endeuillé de sa grand-mère, se réinvente en gros escroc de province, à base d’héritage, au sein d’un alpage. Lamoureux joue le jeu, Christine Dejoux avec lui et nous fait joujou, quatre ans avant La Soupe aux choux , mais cette moralité sur la célébri...

Remember Me : Dementia 13

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  Elle ne chouine, elle écoute Gershwin et lui ne déprime, la rédime… Pour Jean-Michel, projectionniste analogique puis numérique Il s’agit bien sûr d’un téléfilm, comme disons la désolante majorité des produits du mercredi, affaiblissement-affadissement des formes à l’infini. Et le sujet se caractérise par une sorte d’égoïsme masculin assumé : un « théâtreux » malheureux, désormais démodé, essaie in situ de ranimer la mémoire d’une ancienne comédienne, dorénavant du monde déconnectée, son premier amour pour toujours. Le critique doté de fric ne feint plus la folie tel Hamlet ou Jack Nicholson chez Miloš Forman ( Vol au-dessus d’un nid de coucou , 1975), il simule aussitôt la maladie d’Alzheimer, il espère l’ultime remember du Conte d’hiver , pas celui d’Éric Rohmer (1992), certes. Pour Lily Blanche, tous les jours ressemblent à présent à dimanche, vide intime, à tricoter, à rester muette, hébétée. Autrefois, elle immortalisa Médée, Blanche DuBois, elle se casa, ...

Blue Steel : Magnum Force

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Kathryn Bigelow. Cinéaste inégale – l’estimable Démineurs (2009), le dispensable Zero Dark Thirty (2012), le sympathique Point Break (1991), l’anecdotique Le Poids de l’eau (2000) et pas si marginale – des femmes derrière la caméra, on en dénombre même aux USA –, Kathryn Bigelow signe ici un troisième film intéressant, à défaut de passionnant. Co-écrit par Eric Red, le scénariste de Hitcher (Robert Harmon, 1986) et du sien Aux frontières de l’aube (1987), Blue Steel (1990) ferait se croiser La Femme flic (Yves Boisset, 1980) et American Psycho , le roman moqueur, sinon majeur, de Bret Easton Ellis, paru en 1991, pas son adaptation à la con selon Mary Harron (2000). Prise en sandwich , presque au sens propre, sale, salé, de l’expression, puisque ses deux scènes sexuelles, duo de différents amants, l’un réchauffant, l’autre refroidissant, à l’opposé s’enchaînent, l’impeccable Jamie Lee Curtis compose une p...