La Stratégie de l’araignée
Un métrage, une image : Le Salon de musique (1958) À l’instar du Guépard (Visconti, 1963), encore un conte crépusculaire et solaire d’aristocratie supplantée par la bourgeoisie, de société du spectacle et des spectacles mis(e) en scène par elle-même, Le Salon de musique sa renommée mondiale mérite. Dès le générique explicite, le premier plan de mort-vivant, ce mélodrame – au sens étymologique du terme, donc drame musical – drolatique s’affirme un film fantomatique, sinon orphique. Roi déchu, roi nu, Roy se faisait figurer autrefois, tel le quatorzième Louis d’ici, son soleil à lui un lustre auguste. Parmi un palais hanté à la Poe, viré le ver conquérant, voici le triste Tufan, le vieil éléphant, un manoir à miroir, à désespoir, une araignée noire arpente le tableau trop beau, de l’ancêtre immaculé, présenté en anglais, langue de colon, langue d’éducation. Des chauves-souris à la Béla Lugosi occupent le couloir, des toiles arachnéennes recouvrent le cristal, le maît...