Articles

Affichage des articles associés au libellé Patty Jenkins

Robin des Mers

Image
  Exils # 159 (21/01/2026) Qui résiste à un steak cuisiné par Kevin ? Pas ceux, nombreux, qui firent, naguère, le succès en salles d’ Une bouteille à la mer (Mandoki, 1999). Éclairé par Caleb Deschanel tel un dépliant touristique, dirlo photo toutefois émérite, collaborateur de Lucas ( THX 1138 , 1971), Cassavetes ( Une femme sous influence , 1974), Gibson ( La Passion du Christ , 2004), Friedkin ( Killer Joe , 2011), Sheridan ( Dream House , 2011), McQuarrie ( Jack Reacher , 2012), par ailleurs réalisateur de trois épisodes de Twin Peaks , d’un de Bones , la série de sa fifille Emily ; musiqué de manière peu inspirée par le Gabriel Yared oscarisé du Patient anglais (Minghella, 1996) ; co-produit par la lectrice ( extra -)lucide Denise Di Novi, partenaire de Tim Burton, rempilant pour Pitof ( Catwoman , 2004), Message in a Bottle , précédent stimulant de The Police, se voit lancé la même année qu’un autre mélodrame hollywoodien, sur lequel je ne reviens, le moins ma...

Femme(s) des années quatre-vingt

Image
  Exils # 67 (07/01/2025) À sa sortie, en écho à Carrie, mais pas au « bal du diable », tout le monde se moqua sans états d’âme de la « cousine de Superman ». Il fallut donc attendre Patty Jenkins pour lui adresser un clin d’œil logique et chronologique avec Wonder Woman 1984 (2020). Une quarantaine d’années après, Supergirl (1984) ne s’avère vite ni un produit cynique, ni une déclinaison à la con. À l’instar de l’intéressant et idem mésestimé Superman 3 (Lester, 1983), où l’immaculé Clark Kent découvrait puis combattait son propre et sale Mister Hyde, au creux d’une casse auto ensuite réoccupée par Jim Muro ( Street Trash , 1987), aucun meilleur ennemi que soi-même, amen , l’analogique métrage en automatique pilotage du sieur Swarc, téléaste responsable et coupable itou des dispensables Les Dents de la mer 2 (1978) ou La Vengeance d’une blonde (1994), ne mérite l’amnésie, le mépris. Il s’agit en effet, en réalité, d’un film dont le féminisme profond et définit...

L’Énergie et le Fossile

Image
  Exils # 43 (03/07/2024) « Il faut que ça ait l’air vrai », donc Dementus dégomme des war boys , de toute façon escadron d’ expendables , kamikazes bichromes d’une Citadelle à la populace d’esclaves souterraine, comme si la secte célèbre des Assassins d’Alamut croisait les exploités de Metropolis (Lang, 1927). Rien de plus certain, en effet, que la vérité de la mort, toujours et encore, unique certitude au bout de tous nos tumultes, infantiles ou adultes, « épiques » ou prosaïques. La ruse en replay d’un sceau incontestable ainsi lestée, le bien nommé Trojan truck peut s’engouffrer au fond de la pétrolifère cité du frérot porté sur la peinture préraphaélite. « Je m’ennuie », dit-il aussi, plusieurs spectateurs pourraient opiner, durant ces deux heures trente dont dix minutes dédiées au générique, lequel remercie en catimini les indigènes Aussies . En matière de réalisme, de photoréalisme, précise l’équipe technique de La Planète des singes :...

The War Zone

Image
  Commémoration d’occasion, memento mori en série, pellicules et pays…   Si tu r’viens n’attends pas que je sois tombé pour la France Étienne Daho Ce spectacle spectaculaire, son-et-lumière mortifère, affola les futuristes, sinon les fascistes ; la Grande Guerre ne pouvait pas ne pas être illustrée au ciné, art massif, optique et mécanique, idem amateur de monuments funéraires, les films eux-mêmes, faussement immortels, dédiés à un identique et différencié conflit, celui ente la mort et la vie, pardi, aux victoires pareillement provisoires, voire illusoires. Dès 1915, donc en léger différé, Feuillade deux fois s’affaira ( L’Union sacrée , Le Noël du poilu ), suivi de DeMille ( La Petite Américaine , 1917), Chaplin ( Charlot soldat , 1918), Griffith ( Cœurs du monde , 1918). Puis le parlant passant par là s’en empara, par conséquent Pabst ( Quatre de l’infanterie , 1930), Hughes ( Les Anges de l’Enfer , 1930), Milestone ( À l’Ouest, rien de nouveau , 1930), Bern...

Giorgino

Image
  Orwell à la truelle ? La Bête et la Belle… Le machinisme et le sentimentalisme de Metropolis (Lang, 1927) se devaient de séduire Giorgio Moroder, musicien cinéphile, producteur à succès, un temps résident allemand, comme d’ailleurs Donna Summer, itou auteur d’accompagnements appréciables à destination de Midnight Express (Parker, 1978), La Féline (Schrader, 1982), Flashdance (Lyne, 1983), Scarface (De Palma, idem ), Electric Dreams (Barron, 1984), Over the Top (Golan, 1987) ou Fair Game (Orfini, 1988). Sa version pas à la con, « presented with a contemporary score, sound effects and colour », « re-construit et adapte » un métrage, ne l’endommage, lui rend hommage, rendit vénère les auto-proclamés experts et autres fiers thuriféraires. Droits acquis, surenchéris sur Bowie, tant mieux, tant pis, le natif d’Ortisei co-signe avec le parolier Pete Bellotte les intertitres et les sous-titres, accélère la cadence, donc le défilement, remercie aussi ...

Les Démons du maïs

Image
  Caries ou Carrie, porc ou port, soufflé, essoufflé… À l’association au lion On se fiche des films, le pop - corn nous importe. La malbouffe des images miroite celle des œsophages. Stupides et sages, nous savons le peu de valeur de ce que nous ingurgitons en réunion, vite avalé, vite évacué. Pour faire passer le goût relou des bouses de blockbusters , leurs budgets insensés, leur durée dilatée, leur moralisme de cynisme, de marchandise merdique, de royaume de camelote, il faut bien au fond s’empiffrer, salir le sol, tu sanglotes, tu rigoles, savourer l’insipidité, la puérilité, l’américanisation assumée, mondialisée, de ces innombrables, interminables et minables super-zéros de super-navets censés sauver le monde immonde, vive la nouvelle normalité, la statue symbolique, à sortilège ésotérique, en sus le féminisme façon Amazone ou Amazon ( Wonder Woman , Patty Jenkins, 2017). Il paraît que les plates-formes de streaming vont (devoir) verser trois cents millions d’euros à l...

At First Light : In girum imus nocte et consumimur igni

Image
Fiat lux ? Alex rules … And everything went from wrong to right And the stars came out and filled up the sky The music you were playing really blew my mind It was love at first sight Kylie Minogue Jason Stone connaît-il Guy Debord ? On l’ignore et ceci possède peu d’importance, puisqu’au sein de l’univers cinématographique, par essence quantique, tout correspond, tout se répond, à la façon du temple naturel adoubé par Baudelaire, ma chère. « Dans une ténébreuse et profonde unité/Vaste comme la nuit et comme la clarté », At First Light (2018) comporte donc un papillon pas con, qui vient (épouser) se poser sur une ampoule, ma poule. Métaphore, encore, que l’insecte coloré, reflet de l’orphelin efflanqué, électrisé puis brûlé par sa bien-aimée, elle-même envahie par une énergie étrangère, boucle bouclée avec un souvenir d’enfance obsédant, évanescent. Comme tout film contemporain en partie occupé à faire le portrait d’une féminité tourmentée, At Fir...

Star Trek : Sans limites : Le Fou de guerre

Image
Blockbuster abrutissant ? Quinquagénaire à contre-courant.   Si vis pacem para bellum Le changement, c’est maintenant. François Hollande Ma petite entreprise Connaît pas la crise Alain Bashung Dans l’espace, personne ne vous entend pleurer votre père parti, perte partagée par Kirk, Spock et Jaylah, à part le docteur McCoy, confident du capitaine et du Vulcain, à l’exception de Scotty, mécanicien à l’écoute de l’amazone albinos. Film endeuillé, dédié à Leonard Nimoy & Anton Yelchin, film énergique, réalisé par le Justin Lin de Fast and Furious , quatre titres au compteur, film mal reçu par la critique et le public, Star Trek : Sans limites (2016) mérite sa réévaluation, sa restitution au sein du contexte américain, européen. On le sait, Gene Roddenberry conçut sa progressiste série des sixties en allégorie sociale épisodique de l’Amérique, l’USS Enterprise transparente transposition altruiste de la tumultueuse entreprise USA. Le co-sc...

Justice League XXX : Purple Rain

Image
L’union fait la farce et le cinéphile fait la grimace. La pornographie apprécie la parodie, transforme fissa les comics en comix , merci aux subsides du studio Wicked Pictures. Par-delà le modèle, désormais produit d’appel, l’humour affiché, atteint ou point, une explicite logique identique caractérise les imageries jumelles, à peine conflictuelles, cf. le disclaimer liminaire, des super-héros mainstream et classés X, à savoir celle de la performance , à la sauce US, c’est-à-dire narcissique, régressive et interventionniste. On doit ce Justice League (Zack Snyder, 2017) bis au spécialiste, voire stakhanoviste, Axel Braun, fils du célèbre Lasse, remember son musical Body Love (1977) et sa muse dénommée Catherine Ringer, jadis déjà signataire du guère excitant Orgasmika (2005) ou l’apprentissage de l’échangisme, du triolisme, de la sodomie et du squirting pour couple en déroute, l’ensemble shooté dans l’obscurité désargentée, en plans-séquences de caméra portée cha...

La Petite Fille au bout du chemin : A French Letter for Jodie Foster

Image
Portrait épistolaire d’une femme fréquentable. Dear Jodie, J’ignore si vous lirez un jour cette lettre, puisque francophone de bonne école américaine, comme chacun sait. Je vous l’écris sans chichis, je ne rédige pas votre biographie. Deux feuillets devraient donc suffire à vous dire mon admiration, non ? Ne croyez pas, loin de là, que je me fiche aussi de votre filmographie, mais j’aime avant tout y retrouver votre voix, y compris en VO, votre visage, votre jeu précis, intense, sincère, peu importe votre âge, ma chère. Cette fraîcheur naturelle, pérenne, vous l’affichez depuis vos jeunes années. On vous vit ainsi grandir puis vieillir avec nous, à l’instar de notre star nationale, Sophie Marceau, point trop n’en faut, qui partage avec vous le privilège discutable d’avoir poussé la chansonnette suspecte au côté de vocalistes hexagonaux, citons Claude François & François Valéry, par ailleurs estimable compositeur pour le saphisme soporifique de Joy et Joan (Saur...