Jean-Pierre, Claude, Maurice... et les autres
Dans son dernier livre, Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive , Christophe Donner revient sur le « trio infernal » du cinéma français des années 70 – voici quelques (bonnes) raisons de l’accompagner dans son retour vers le futur. L’auteur, dans ses remerciements, se garde bien de rivaliser avec les biographies en bonne et due forme de ses sujets , réaffirmant à sa façon les droits imprescriptibles de l’imagination et de la fiction, chers à Aragon et tant d’autres. En pleine vague du biopic , son opus se lit avant tout comme un roman, de surcroît mené à cent à l’heure, à tombeau ouvert , vraiment, à l’image de la vie de son protagoniste central, axe des rencontres, des rancœurs et des regards : Jean-Pierre Rassam, producteur éphémère mais capital de ce temps. Contrairement à Jean-Jacques Schuhl, qui pratiquait volontiers l’introspection littéraire dans Ingrid Caven , Donner recourt ainsi souvent aux dialogu...