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Affichage des articles associés au libellé Richard Attenborough

De la mort des marionnettes

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  Exils # 145 (26/11/2025) Conte d’éducation méta et mental, Stopmotion (Morgan, 2023) doit beaucoup de sa séduction à une excellente actrice nommée Aisling Franciosi, déjà au générique de la série britannique The Fall . À l’instar de Sissy Spacek chez Brian De Palma ( Carrie , 1976) et Angela Bettis chez Lucky McKee ( May , 2002), la jeune femme (em)porte le film sur ses épaules fortes et fragiles, de la stroboscopie du prologue, amitiés à Noé, où son visage en rythme se déforme, sorte de sorcière multicolore, à la malle du final, coda d’au-delà, au silence d’enfance. Sa mère moins douce qu’amère, pas trop aphone, sa mimine (ré)animée au smartphone , à l’hosto alitée l’avertissait : une fois le spectacle terminé, voici les marionnettes rangées, inanimées, abandonnées. « Emmêlée dans ses fils » de fille sans « voix » ni voie (de secours) à soi, Ella vit sa folie jusqu’à la lie, comme jadis Catherine Deneuve chez Roman Polanski ( Répulsion , 1965), elle ...

Joey : Contact

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  Histoire de désespoir ? Télémaque teuton… Avant de délivrer du spectacle à succès, par exemple Independence Day (1996) ou Le Jour d’après (2004), par mes soins esquissés, Emmerich filme en catimini et en majorité en Germanie ce mélodrame méconnu et domestique. Ouvert sur un cimetière, trépas d’un parent, achevé à la maison, décès du fiston, l’ opus pâtit certes d’un script médiocre, d’un cast ad hoc , d’effets spéciaux assez approximatifs, d’une résurrection consensuelle et concon in extremis . Néanmoins, il ne vaut pas rien, parce que d’une part sa bonne forme se tient, voire se maintient, au nez des années amoncelées, d’autre part il ne procède au hasard, s’apparente plutôt à un apologue œdipien. Emmerich rêve d’Amérique nordiste, surtout de son ciné dit de divertissement, il s’autoproduit de sa sœur Ute en compagnie, il s’acoquine aux Corman maintenant et ici, il nous narre le récit, à base d’outre-tombe téléphonie, de soudaine télékinésie, de malveillante ventr...

Magic : The Dreamers

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Jamais si bien desservi que par soi-même, dommage pour Goldman… We live, as we dream – alone. Conrad, Heart of Darkness Dans Magic (Richard Attenborough, 1978), on passe de Lenny (Bob Fosse, 1974) à La Maison du lac (Mark Rydell, 1981). Dans Magic , presque rien ne se passe, ni dépasse, on aperçoit, toutefois, le sein droit d’Ann-Margret ( Le Kid de Cincinnati , Norman Jewison, 1965 ou Tommy , Ken Russell, 1975), Burgess Meredith ( Rocky , John G. Avildsen, 1976 ou La Sentinelle des maudits , Michael Winner, 1977) se fait casser la tête par une marionnette et Ed Lauter ( King Kong , John Guillermin ou Complot de famille , Alfred Hitchcock, 1976) poignarder par un pantin, donc double assassin. Dans Magic , Anthony Hopkins pique une crise mutique, devant un pénible public, se réinvente en ventriloque à succès, ensuite exilé du côté des Catskills, monologue molto en mode schizo, une année après l’endeuillé Audrey Rose (Robert Wise, 1977), idem éclairé par Victor J...

Le Complexe du castor : Hollow Man

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Le Voyeur , pareillement orphelin traumatisé, ne se séparait pas de sa caméra, pour d’identiques raisons ; écoutons donc ce que l’étrange « main parlante » nous dit de son auteur…  Avec ses allures d’élégant téléfilm de luxe psychologique (notons la photo vert d’eau de Hagen Bogdanski, à l’ouvrage sur La Vie des autres , la dentelle de la partition « tangoesque » un peu envahissante composée par Marcelo Zarvos, le montage délicat de Lynzee Klingman, autrefois assembleuse du « fraternel » Vol au-dessus d’un nid de coucou ) ; avec sa seconde ligne (narrative) adolescente superflue, sinon pour démontrer la malédiction d’un héritage pathologique – « La dépression est une affaire de famille », nous apprend doctement le générique de fin, de même que la nature écologique du tournage, soucieux de réduire son « empreinte carbone » – et attirer les fans de la transparente et cireuse Jennifer Lawrence en pom-pom girl «...