L’Africain
Un métrage, une image : Condemned to Live (1935) Derrière le titre un brin sartrien, comme en écho aux travaux de Cyril Collard ( Condamné Amour ) ou Emil Cioran ( De l’inconvénient d’être né ), réside une relecture du L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson. La scénariste Karen De Wolf revisite le vampirisme de Tod Browning ( Dracula , 1931) et le délocalise au cours du prologue exotique, au creux et au cœur de ténèbres à la Joseph Conrad et au son de tams-tams à rendre l’âme. Racisme de contexte colonialiste, après la xénophobie jolie du père Bram Stoker ? Disons davantage la géographie fantasmatique d’une intérieure Afrique, en effet. Sa mère jadis mordue par une maousse chauve-souris, eh voui, le bon professeur Kristan, sans doute en sus un bon chrétien, en tout cas une type impeccable, un modèle indispensable, un (futur) mari admirable, se révèle vite et en série un meurtrier maladif et amnésique. S’il n’investigue sur lui-même,...