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Affichage des articles associés au libellé Ed Wood

The Ward

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  Un métrage, une image : Behind Locked Doors (1948) La matrice apocryphe de Shock Corridor (Fuller, 1963) ? Pas d’accord, car le cinéaste et les scénaristes, dont le Martin Wald de La Cité sans voiles (Dassin, 1948) et Outrage (Lupino, 1950), ne se soucient de sociologie, d’insanité généralisée. Les cinéphiles gay  friendly souligneront, nous nous en doutons, la dimension homoérotique de la masculine clinique, possible présage des célèbres westerns portés par Scott & consorts. Nonobstant, Boetticher aborde ce script symbolique, à base d’apparences trompeuses et judicieuses, avec style, le transcende ainsi. Le couple d’occasion s’épousera pour de bon, le juge injuste, faux malade, vrai coupable, passera du cabanon à la prison, la célébrité, la récompense, se verront vite supplantées par la sincérité de la romance, le renversement du motif poussif de la « demoiselle en détresse » : le privé paupérisé, assommé, devra sa (sur)vie, son sauve...

Ginger Snaps

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  Un métrage, une image : A Shriek in the Night (1933) Ginger (Rogers, who else ?) dans un incinérateur, il fallait y penser, Fred (cher Astaire) s’en effraie. Rassurons-le, idem les admirateurs de la danseuse : tout finit comme il convient, au terme de ce métrage d’un autre âge, pré-Code (Hays, yes ), avec Talbot ( Plan 9 from Outer Space , Wood, 1959). Il s’agit, en résumé, d’une histoire de couple au carré, car celui de Ginger & Lyle reflète celui la scénariste Frances Hyland et du cinéaste Albert Ray, eux-mêmes mariés. La pionnière presque inconnue, salariée par Universal en tant que gag ( wo ) man , signe ainsi une petite comédie policière et sentimentale, assez sympathique, hélas très statique, à base d’apparences (de bêtise) trompeuses, de suspects fissa occis, sauf le mafioso Martini, à ta santé, pouvait lui susurrer le suave poulet, avant de doucement le gifler, de vengeance de concierge. Alors que l’affiche candide révèle vite l’identité du coupable, qu...

The Master

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  Un métrage, une image : Manos: The Hands of Fate (1966) Item méconnu et néanmoins documenté, dont la « culte » notoriété repose sur une reconnaissance amusée, Manos et ses mains du destin méritent mieux que des ricanements mesquins. Comme avec les ouvrages d’Ed Wood idem désargentés, par mes soins célébrés, il convient d’y croire, de savoir voir. Infusé d’un sens du funeste inaccessible à une pelletée d’ opus plus friqués, étoffés, il s’agit d’un voyage vers le vide, de vacances définitives, de la faillite d’une famille qui, à sa façon, par sa production, sa déréliction, retravaille 2000 Maniaques (Lewis, 1964) et annonce La Nuits des morts-vivants (Romero, 1968). Il s’agit, aussi, d’une fable affable, à base de féminisme opposé au paganisme, de discrète pédophilie, d’infanticide en suspens, en dispute, en catfight , fichtre. Le Maître manuel, immortel, accessoirement moustachu, malvenu, doit donc mater la mutinerie de son guère amène harem. Il sacrifiera...

La Fiancée du monstre, Plan 9 from Outer Space, Night of the Ghouls : Revoir Ed Wood

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Suite à leur visionnage sur le site d'ARTE, retour sur les titres d’Ed Wood. Il suffit d’un avis – comme les trous du cul, chacun possède le sien, Harry Callahan ne nous contredira pas – pour vous pourrir la postérité, mais en 2018, qui se soucie du palmarès ironique des frères Harry & Michael Medved, à l’intitulé animalier ( The Golden Turkey Awards , 1980) ? Que le tandem critique vomisse Raquel Welch & Richard Burton, libre à lui ; qu’il élise le sympathique Robot Monster (Phil Tucker, 1953) en sommet de ridicule et Ed Wood + Plan 9 from Outer Space en parangons du pire, cinéaste/film, pourquoi pas ? Laissons ces classements à la con, pléonasme, et apprécions dépourvu d’ a priori , merci. Cette trilogie apocryphe, personnage du cop Kelton en point commun, séduit constamment, amuse à bon escient, se caractérise par son intégrité, son unité, sa diversité. Il ne s’agit pas ici de « réhabiliter » le réalisateur, de le canoniser à contre-courant, de le plac...