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Affichage des articles associés au libellé Sergio Martino

La Maison aux fenêtres qui rient

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  Un métrage, une image : Les Nuits de l’épouvante (1966) Beau giallo cadré au cordeau, doté d’une admirable direction de la photo, ce métrage méconnu possède aussi une direction artistique soignée, une distribution chorale impeccable et impliquée. La lama nel corpo , titre explicite, se souvient évidemment des Yeux sans visage (Georges Franju, 1960), de sa défiguration, de ses greffons, de sa culpabilité décuplée, les délocalise du côté de « Morley », au dix-neuvième siècle dernier. Au creux d’une clinique psychiatrique pas catholique, une femme en noir, munie d’un rasoir, fait taire une muette, lacère une biographie de Stuart Mary, s’en prend à une maîtresse- chanteuse française et onéreuse. Au plafond, la sœur recluse tourne en rond, bonne utilisation du son. Un chat immaculé, empaillé, un schizo au cachot, un troglodyte tombeau, un accident, pas vraiment, à la chaux, constituent les accessoires d’une histoire de jalousie, d’asphyxie, d’explication, de pardon...

She : The Queen

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Robe en soie d’oiseau de proie pour Afrique archéologique… Après (ou avant) le matriarcat de Rebecca (Romijn) dans Satanic Panic (Chelsea Stardust, 2019), voilà celui d’Ursula (Andress, who else ?) dans She (Robert Day, 1965). Co-produite par la Hammer, la MGM + Seven Arts, cette moralité d’immortalité résiste assez à l’usure des années, du ciné. Certes, réalisé par un type polyvalent, prolifique, ensuite passé à la TV,   l’ item manque de style, de personnalité, mais son classicisme ne donne pas dans l’académisme, mais sa dimension méta (vous) séduira, mais il comporte deux séquences (exécution, confrontation) de violence inassouvie à faire envie. Ni le premier ni le dernier (précédé par Méliès, Porter, Curtiz, Cooper & Pichel, Ursula suivie par Sandahl Bergman & Ophélie Winter), Day (ré)adapte l’increvable succès de Rider Haggard. Fidèlement infidèle (voire l’inverse), La Déesse de feu (intitulé français explicite, un peu hyperbolique) se situe au croisement...

Chiens enragés : La Course à la mort de l’an 2000

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Bava vous convie à une virée virale, assis(e) à la « place du mort », bien sûr… À côté de Chiens enragés (1974), La Baie sanglante (1971) ressemble presque à un divertissement statique. Leçon de tension, de réalisation, de direction, d’acteurs et de spectateurs, Cani arrabbiati relie Guet-apens (Sam Peckinpah, 1972) et La Proie de l’autostop (Pasquale Festa Campanile, 1977), autant qu’il relit Le Fanfaron (1962) de Dino Risi. Cette fois-ci, la course folle et funeste ne se situe plus dans l’Italie économique « miraculée » des années 60, mais dans celle « à main armée » de la décennie suivante. Comme les voleurs en viennent à croiser la route de leur conducteur, au sens littéral de l’expression, la misanthropie sous-jacente du cinéaste rencontre le terrorisme politique de l’époque, s’y déploie en huis clos d’habitacle auto. Tout se termine par un massacre guère magnanime, par un renversement de (situation) survivant, dévoilé dérobeur d’enfant...

The Unseen : Junior

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Séjour de désamour, invitation d’élimination… 1980 again , cette fois-ci à l’occasion d’un film bien nommé, car méconnu, non vu, désormais visible, disponible en ligne, en VO point sous-titrée, en appréciable 480p. S’il se souvient de Psychose (Alfred Hitchcock, 1960), de Massacre à la tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974) et, davantage étonnant, de Duel au soleil (King Vidor, 1946), The Unseen (Peter Foleg, 1980) possède son propre style, sa propre personnalité, prend congé du spectateur séduit, surpris, amusé, ému, par une pietà poignante, presque apaisée, qui n’appartient qu’à lui, qui paraphe l’argument de maternité tourmentée, à base d’inceste et d’avortement, rien d’hilarant. Je le dis, je le redis, l’imagerie horrifique (s’)autorise la tonalité drolatique, procède du discours mélodramatique, se place parmi une perspective d’épouvantes et de pleurs, de violence et de clémence, de détresse et de tendresse, double origine de son unique noblesse, mélange étrange de sa supér...

À nous les lycéennes + Les lycéennes redoublent : Gloria

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Mauvaises notes de films médiocres ? Appréciations de saison(s)…    Et tu recherches dans le vague Une ombre un sourire qui soulage Une voix sans image Un refrain qui voudrait crier Toute première fois Jeanne Mas Incontournable « comédie érotique à l’italienne », À nous les lycéennes (Michele Massimo Tarantini, 1975) conserve sa mélancolie, car irréductible à une collection de culottes scolaires, portées-ôtées par des élèves d’ailleurs largement majeures, rassurons les censeurs de l’éducation, nationale ou non. Désormais prohibée pour des raisons de victimisation, mesurez le chemin moralisateur des mœurs, l’imagerie fait joujou avec la lingerie et mumuse avec le voyeurisme du spectateur, mise en abyme magnanime, via des professeurs fissa suffoqués par une paire de jambes écartées. Au siècle dernier, des adolescents désœuvrés, délestés de perversité, durent sans doute s’astiquer en solitaire, en salles, à domicile, fesse VHS, devant le dive...

Panic Beats : Les Nouveaux Monstres

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Héritage d’outrages, modernité des antiquités… Ouverture valeureuse : guère servant, un chevalier à cheval châtie son épouse à poil, femme infidèle, suppliante, chassée puis massacrée en forêt, à la nuit tombée, en travellings latéraux et POV casqué, au sein du bleu presque Klein typique de l’imagerie horrifique des années 80 – disons donc que Horror Rises from the Tomb (1973), premier volet des mésaventures d’Alaric de Marnac, rencontre En quatrième vitesse (Robert Aldrich, 1955), idem débuté par la course nocturne d’une traquée peu couverte. Ensuite, Paul Naschy, redevenu Jacinto Molina, adresse un clin d’œil de question à Rebecca (Alfred Hitchcock, 1940), à sa gardienne de maison à frissons, tandis que la mariée alitée, bientôt macchabée, lit le bouquin d’un certain Fischer, tel Terence. Enfin, Panic Beats (1983), titre explicite, retravaille l’intrigue cardiaque et méta des Diaboliques (Henri-Georges Clouzot, 1955), double baignoire tombale et lentilles oculair...

La Belle des belles : Super Mario Bros.

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Robert Z. Leonard. Dio mio, dire qu’ils se mirent, sans rire, à neuf afin d’écrire cette vaine vieillerie, cette pâtisserie rassie, cette frangipane figée, à succès, ce vrai-faux Senso (Luchino Visconti, 1954) en écho assourdi au simultané Sissi (Ernst Marischka, 1955). En 1962, Franco Solinas signera le Salvatore Giuliano de Francesco Rosi, avant le Monsieur Klein (1976) de Joseph Losey ; en 1963, Luciano Martino, frérot de Sergio, producteur estimable, scénarisera Le Corps et le Fouet de Mario Bava ; en 1958 sortira Le Pigeon de Mario Monicelli. On peut par conséquent pardonner à ces trois-là leur ersatz de Max Ophuls, débuté en mélodrame, terminé en psychodrame, poursuivi en comédie sentimentale pseudo-musicale, Renzo Rossellini, lui-même frangin de Roberto, assorti de Giacomo Puccini, voire l’inverse, + point commun du monteur Eraldo Da Roma, à l'ouvrage sur Rome, ville ouverte (1945) puis Allemag...