La Maison aux fenêtres qui rient
Un métrage, une image : Les Nuits de l’épouvante (1966) Beau giallo cadré au cordeau, doté d’une admirable direction de la photo, ce métrage méconnu possède aussi une direction artistique soignée, une distribution chorale impeccable et impliquée. La lama nel corpo , titre explicite, se souvient évidemment des Yeux sans visage (Georges Franju, 1960), de sa défiguration, de ses greffons, de sa culpabilité décuplée, les délocalise du côté de « Morley », au dix-neuvième siècle dernier. Au creux d’une clinique psychiatrique pas catholique, une femme en noir, munie d’un rasoir, fait taire une muette, lacère une biographie de Stuart Mary, s’en prend à une maîtresse- chanteuse française et onéreuse. Au plafond, la sœur recluse tourne en rond, bonne utilisation du son. Un chat immaculé, empaillé, un schizo au cachot, un troglodyte tombeau, un accident, pas vraiment, à la chaux, constituent les accessoires d’une histoire de jalousie, d’asphyxie, d’explication, de pardon...