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Affichage des articles associés au libellé Nancy Allen

Que c’est triste Venise

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  Aznavour, mon amour ? Donaggio, en morceaux… Caro Pino, d’aucuns diraient que tu reviens de loin, mais tes crooneries pas si conneries, de « dernier romantique » assumé, revendiqué, surent séduire Mina, Dusty (Springfield), Elvis, jadis. Balavoine invitait les « chanteurs de charme » à « nous rendre nos femmes » ; quand le succès décrut, tu ne rendis les armes, tu composas au pied levé, producteur paraît-il croisé, anecdote de bord de flotte, pour un remarquable et remarqué mélodrame dû à Roeg, qui attira l’oreille d’un cinéaste mélomane nommé De Palma, oui-da. Que deviendraient ses films sans tes musiques ? Question rhétorique, sinon stupide. Ni ersatz de Herrmann, ni émule de Morricone, plutôt couple privé d’entourloupe, à la Montaigne & La Boétie, des différences d’idiomes, faisons fi, tes contributions beaucoup (de toi) leur accordent, précises, précieuses, logiques, lyriques. Sissy & Angie sous la douche, au lycée, au mu...

Jennifer 8

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  Un métrage, une image : Hors d’atteinte (1998) L’éclectique et anecdotique Steven Soderbergh se refit ainsi une santé critique, grâce à ce sentimental polar transposé d’Elmore Leonard. Disons-le d’emblée : son Miami entre amis à lui lasse assez vite, ne possède pas une seule seconde la maestria d’opéra d’un De Palma ( Scarface , 1983). Quant à l’étreinte enneigée, alternée, amusée, à Detroit délocalisée, de Sisco & Foley, singeant une scène célèbre du Ne vous retournez pas (1973) de Nic Roeg, autre monteur promu réalisateur, elle montre idem ses limites, a fortiori fantasmatiques. Comme le ridicule ne tue pas, pas même au cinéma, notre palmé cannois ne renoncera à remaker de manière médiocre un certain Tarkovski ( Solaris , 2002), à commettre l’interminable et pseudo-didactique Traffic (2000), à côtoyer, via un risible Équilibre , l’envoûtement manuel de Wong Kar-wai et l’ennui poli selon Antonioni ( Eros , 2004). Si l’on risque, qui sait, de visionner un jo...

L’Homme qui aimait les femmes : Le Sérail érotique et tragique de Brian De Palma

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Sept femmes pour un très grand cinéaste (« féminin ») – et non plus six pour l’assassin, comme chez Mario Bava ! – injustement taxé de misogynie… ·          Margot Kidder dans Sœurs de sang (1973) Le parcours de Margot Kidder pourrait servir d’illustration au précepte de Wilde : « La vie imite l’art ». Celle qui interpréta si brillamment la schizophrénie dans Sisters devait en effet connaître bien plus tard des « troubles bipolaires ». Compagne éphémère du réalisateur et d’un certain Philippe de Broca, la belle et talentueuse actrice canadienne connut aussi quelques tracas pour son opposition à la guerre du Golfe et à l'intervention américaine en Irak (« raccord » avec Redacted , donc). Pour les cinéphiles, elle demeure bien sûr la fiancée mutine et midinette, sous ses allures de garçonne à la mode des années 80, de Superman, nouvel Orphée inversant la rotation terrestre pour ressusc...